Quelles sont les responsabilités d’un maire ?

Quelles sont les responsabilités d’un maire ?

En mars prochain, plus de 36 700 maires, en grande majorité ruraux, vont renouveler ou entamer leur mandat électoral. Mais les petites communes peinent à trouver de nouveaux candidats, car la fonction de maire est en pleine mutation.

Tous les sondages l’attestent. Parmi les fonctions électives, les Français considèrent celle de maire comme la plus crédible et la plus éminente. Pourtant, d’après une enquête réalisée pour le compte de l’Association des maires de France en octobre 2007, près d’un maire sur trois ne désirait pas présenter sa candidature pour un nouveau mandat.

Paradoxalement, ce n’est pas tant l’ancienneté dans la fonction qui justifie une telle désaffection que la taille de la commune. Alors que plus de 80 % des maires des villes de plus de 10 000 habitants annonçaient leur intention de revenir devant les électeurs, ce pourcentage tombait à 68 % pour les communes de 2 000 à 10 000 habitants et à 54 % pour les villages de moins de 2 000 âmes.

Un rôle en pleine évolution

Certes, le rôle du maire a beaucoup évolué ces dernières décennies : il est devenu plus difficile, pour ne pas dire ingrat. S’engager dans la vie municipale reste un choix personnel, mais réclame une motivation plus grande, car la charge de travail s’alourdit.

Elle est accentuée dans les communes rurales, d’une part parce que les élus ajoutent le temps consacré à l’exercice de leur mandat à leur activité professionnelle, et d’autre part parce que la proximité avec leurs administrés les conduit à être plus fréquemment sollicités.

"Être maire au quotidien demande une très grande disponibilité, en semaine comme le week-end, le jour et même parfois la nuit", souligne Alain Risson, maire de Gluiras (Ardèche).

Un emploi du temps chargé

Les tâches administratives absorbent l’essentiel de l’activité du maire. En tant que représentant de l’État, il veille à la publication et à l’application des textes réglementaires (les arrêtés municipaux notamment) et paraphe bon nombre de formulaires et d’actes administratifs. Une signature qu’il n’appose pas sans vérifier à quoi elle l’engage.

Officier d’état civil, il célèbre les mariages et établit les certificats de décès, etc. Sans oublier qu’il doit répondre à un abondant courrier portant sur des thèmes variés : habitants sollicitant une faveur ou se plaignant d’une nuisance, sociétés qui répondent à un appel d’offres lancé par la mairie pour un projet…

Enfin, comme représentant de la commune, sa présence est requise à de nombreuses manifestations : inaugurations, vins d’honneur, visites de quartier… Autant d’occasions de rencontrer ses administrés et de s’enquérir de leurs problèmes.

Pas de droit à l’erreur

Conséquence de réglementations toujours plus nombreuses et contraignantes, le travail des élus locaux devient particulièrement complexe. Ce sont plus de 5 000 textes issus de 18 codes différents qu’ils doivent appliquer. Pas facile de s’y retrouver dans un enchevêtrement de textes législatifs et réglementaires parfois difficilement compatibles.

Dans les communes rurales, la difficulté se trouve souvent amplifiée par le décalage entre les situations envisagées par les textes - "généralement conçus à partir de problématiques urbaines", soupire un élu - et les conditions concrètes de leur application.

"La plupart des maires ne sont ni des techniciens ni des juristes de formation et il leur faudrait, du jour au lendemain, connaître tous les rouages et les subtilités de l’administration et du droit public", souligne Gérard Cariou, maire de Combrit (Finistère).

La "judiciarisation" de l’action locale

Pire ! Ces normes changent en permanence. Ainsi, en matière d’urbanisme, depuis 2000, on ne compte pas moins de dix lois (dont quatre pour la seule année 2006) qui ont profondément réformé la matière. La prise en compte de ces textes est d’autant plus impérieuse que se manifeste en parallèle une "judiciarisation" progressive de l’action locale.

Des personnes victimes d’accidents ou de nuisances engagent de plus en plus facilement la responsabilité des maires : qu’un panneau de basket s’effondre au cours d’un match, qu’un jeu défectueux dans un jardin public occasionne la chute d’un enfant, et le maire risque de devoir s’expliquer devant la justice.

L’élu est poursuivi non pas parce qu’il aurait commis une faute directe, mais parce qu’il a fait preuve d’imprudence, voire de négligence. Un enchaînement qui finit par freiner l’action municipale. De peur de mal faire, nombre de maires jettent l’éponge et préfèrent abandonner certains projets.

Construire l’avenir

La fonction de premier magistrat de la commune n’en reste pas moins une mission noble, collective, passionnante. Le maire n’est pas seul concerné par l’évolution de son territoire : les élus municipaux jouent un rôle essentiel à ses côtés.

C’est au conseil municipal que revient la tâche délicate de déterminer l’extension de l’urbanisation et les caractéristiques des nouvelles constructions. Ses décisions se traduiront par la délivrance des documents d’urbanisme aux personnes qui souhaitent construire ou améliorer leur logement. L’élu municipal est un bâtisseur qui définit ses "grands chantiers" : équipements sportifs ou culturels, salles polyvalentes, nouveau lotissement, classes supplémentaires, musée… Bien sûr, son ambition se mesure à la taille de sa commune.

La réfection de la place du village ou de la rue principale est aussi essentielle pour une petite commune qu’une opération d’urbanisme de grande envergure dans une métropole régionale !