Cinq choses à savoir sur le Brexit

Cinq choses à savoir sur le Brexit
Theresa May pendant son discours à Lancaster House, à Londres, mardi 17 janvier. - © Facuno Arrizabalaga – Pool New – Reuters

La Première ministre britannique, Theresa May, a précisé comment elle envisage les conditions du divorce entre l’UE et le Royaume-Uni.

Les contours du Brexit se précisent. La Première ministre britannique, Theresa May, a confirmé que le Royaume-Uni allait quitter le marché unique européen, dans un discours historique prononcé jeudi 17 janvier, près de sept mois après le référendum favorable au Brexit. « Ce que je propose ne peut signifier une appartenance au marché unique », a déclaré Theresa May, citée par le quotidien Le Monde, appelant toutefois de ses vœux « l’accès le plus large possible au marché unique sur une base de réciprocité ».

Le Royaume-Uni a-t-il déjà quitté l’UE ?

Non. Malgré ses propos offensifs, « Theresa May n’a pas encore appuyé sur le bouton de divorce », comme nous le rappelle Pascale Joannin, directrice générale de la Fondation Robert Schuman, un centre de recherche sur les questions européennes.

Le discours de la Première ministre permet seulement déterminer dans quel sens elle négociera l’accord de rupture entre le Royaume-Uni et l’Union européenne (UE). Pour provoquer son départ, le gouvernement britannique doit notifier officiellement son intention de partir au Conseil de l’UE. Les deux parties doivent ensuite négocier et signer un accord fixant les conditions de ce retrait. C’est ce que prévoit l’article 50 du traité sur l’Union européenne. Michel Barnier, chargé de négocier le Brexit pour l’UE, l’a écrit sur son compte Twitter : « Nous serons prêts dès que le Royaume-Uni le sera : seule la notification peut déclencher les négociations. » Theresa May souhaite une notification avant la fin du mois de mars.

Qu’est-ce que le marché unique ?

« Il s’agit d’un ensemble de règles destinées à uniformiser le marché européen et permettre la fluidité des échanges », explique Pascale Joannin. Le principe du marché unique (ou intérieur), c’est que les personnes, les biens, les services et les capitaux peuvent circuler librement au sein des 28 pays de l’UE (Royaume-Uni inclus). Ces quatre libertés constituent les piliers de l’Union.

Elles s’appliquent aux Etats membres de l’organisation « ainsi qu’à l’Islande, la Norvège et le Liechtenstein en tant que signataires d’un accord d’association avec l’UE, l’accord sur l’Espace économique européen (EEE) de 1992 », indique dans une étude l’Institut Jacques Delors, un cercle de réflexion sur l’UE. « Ces trois pays, ainsi que la Suisse, peuvent accéder au marché intérieur moyennant finances », précise Pascale Joannin.

Le Royaume-Uni peut-il rester au sein du marché unique ?

Oui, car il a la faculté d’intégrer l’EEE. Mais selon la directrice générale de la Fondation Robert Schuman, si « rien n’est encore acquis », le discours de la Première ministre donne un indice de sa volonté de ne pas rejoindre l’Espace économique européen.

Theresa May a dit envisager « un nouveau partenariat équitable […], pas un statut de membre partiel ou associé de l’UE, qui nous laisserait à moitié dedans ou à moitié dehors. Nous ne cherchons pas à adopter un modèle dont bénéficient déjà d’autres pays ».

Ces nouvelles relations passent notamment par la conclusion d’« un accord douanier » avec l’Union.

Quelles conséquences le Brexit peut-il avoir sur le prix des produits britanniques importés en France ?

La mise en place de droits de douane sur certains produits britanniques importés au sein de l’UE, comme sur certains produits de l’UE exportés au Royaume-Uni, est probable. Tout dépendra du contenu de l’accord douanier. 

En principe, les accords douaniers sont fondés sur la réciprocité : les parties taxent dans les mêmes conditions les produits importés des deux côtés.

Et quid des Français travaillant outre-Manche ?

Londres n’a pas défini sa politique d’immigration à l’égard des ressortissants des pays de l’UE en activité outre-Manche ou projetant de travailler au Royaume-Uni. « Theresa May n’est pas encore claire sur ce sujet », remarque Pascale Joannin.

D’après le quotidien Financial Times cité par Les Echos, le gouvernement britannique étudie deux solutions dans le cas où un dispositif de visas de travail est créé :

  • soit l’Etat fixe des quotas d’immigrés européens pour répondre à la demande des entreprises ;
  • soit tous les ressortissants des pays de l’Union sont autorisés à travailler outre-Manche, à condition de justifier d’une offre d’emploi.

Actuellement, quel que soit le motif de votre séjour, la présentation d’une carte nationale d’identité ou d’un passeport suffit pour entrer au Royaume-Uni.