Université : ce qui va changer dès cette année et à partir de 2018

Université : ce qui va changer dès cette année et à partir de 2018
Les futurs bacheliers formuleront jusqu'à dix voeux d'orientation. - © simonkr

Le gouvernement a dévoilé sa réforme de l’entrée à l’université. Aide à l’orientation renforcée en terminale, suppression d’APB et du tirage au sort, fin de la sécurité sociale étudiante… Tour d’horizon des principales mesures.

Le Premier ministre, Edouard Philippe, et la ministre de l’Enseignement supérieur, Frédérique Vidal, ont présenté ce lundi 30 octobre leur plan pour réformer l’entrée à l’université. Objectif : améliorer l’accompagnement des étudiants de la terminale à la fin du premier cycle universitaire. Près d’un milliard d’euros seront investis sur le quinquennat.

Mieux accompagner l’orientation au lycée

Dès cette année, deux semaines sont consacrées à l’orientation des élèves de terminale, l’une en décembre coïncidant avec la période des journées « Portes ouvertes », et l’autre en février. Chaque classe de terminale aura désormais deux professeurs principaux afin de mieux accompagner les élèves dans leurs choix.

Autre nouveauté : le renforcement du rôle de conseil de classe. Lors du conseil de classe du premier trimestre, l’équipe enseignante prend connaissance des intentions des lycéens et formule des conseils et recommandations. Puis à celui du deuxième trimestre, elle donne un avis sur les vœux d’orientation du lycéen qui est transmis aux établissements d’enseignement supérieur.

Pendant cette période, les CIO et les psychologues de l’éducation nationale accompagnent les lycéens. Et des étudiants « ambassadeurs », en service civique, pourront intervenir dans les lycées pour expliquer les formations et le fonctionnement de l’université.

Une nouvelle plateforme d’inscription

Le 15 janvier 2018, le site Admission Post-Bac (APB) sera remplacé par une nouvelle plateforme d’orientation plus simple et plus transparente. En novembre, le ministère de l’Enseignement supérieur lancera une consultation en ligne pour choisir son nom. Pour aider les lycéens à faire leurs choix, la plateforme précisera pour chaque formation le nombre de places disponibles et le nombre de candidatures reçues l’année précédente.

Désormais, les futurs bacheliers formuleront jusqu’à 10 vœux, et non plus 24, pour éviter les choix par défaut et ils ne seront plus classés. Dans la mesure du possible, les formations seront regroupées. Le dossier de presse explique ainsi qu’« il sera possible de postuler à "une PACES en Ile-de-France", ou à une "formation en informatique à Bordeaux" » sans préciser laquelle.

Comment ça va marcher ?

Les formations sélectives (prépas, BTS, IUT…) conserveront leur capacité à refuser un candidat. Les candidats sélectionnés se verront proposer une place (qu’ils devront confirmer) ou seront placés en attente d’un désistement.

Les formations non-sélectives (licences universitaires) ne pourront pas refuser de lycéens si des places restent vacantes. Les universités adresseront ainsi trois types de réponses aux candidats : « oui », « oui si » ou « en attente ». La réponse « oui si » signifie que l’université considère que le bachelier n’a pas le niveau requis mais accepte son inscription à condition qu’il suive un parcours pédagogique personnalisé pour être remis à niveau comme une année préparatoire intégrée dans la filière.

La fin des tirages au sort

Le Premier ministre a confirmé la suppression du tirage au sort pratiqué à l’entrée des filières dites « en tension » comme les STAPS (Sciences et techniques des activités physiques et sportives), la psychologie ou le droit. « Si pour des raisons de capacités d’accueil, l’université ne peut admettre tous les candidats, la priorité sera donnée à ceux dont le parcours, la motivation et le projet sont les plus cohérents avec la formation choisie », précise le dossier de presse. Au moins 32 000 nouvelles places seront ouvertes à l’horizon 2022 dans les filières très demandées dont 7 000 en STS (Sections techniques spécialisées).

Par ailleurs, si un bachelier n’a pas reçu de proposition satisfaisante sur aucun de ses vœux, une commission d’accès au supérieur présidée par le recteur sera chargée de lui proposer une formation proche de ses vœux initiaux.

Une licence sur mesure

A compter de la rentrée 2018, les nouveaux étudiants accèderont à « une licence transformée, personnalisée et modulable ». Par exemple, ceux qui le souhaitent pourront suivre un cursus accéléré en 2 ans ou faire une année de césure pendant la licence ou entre la terminale et la première année d’enseignement supérieur. Les étudiants de premier cycle pourront recevoir les conseils d’un tuteur (étudiant de master ou de doctorat).

La fin de la sécurité sociale étudiante

« Dès la rentrée 2018, les étudiants seront inscrits au régime général de la sécurité sociale », a déclaré Frédérique Vidal. La cotisation aux régimes de sécurité sociale des étudiants de 217 euros pour l’année 2017-2018 sera supprimée. Elle sera remplacée par une contribution unique « vie étudiante » qui se substituera au droit de médecine préventive et aux cotisations pour les activités sportives et culturelles. Elle sera acquittée auprès du Crous et les étudiants boursiers en seront exonérés. Ils bénéficieront ainsi d’un accès gratuit au sport et aux activités culturelles.

Dès octobre 2018, les bourses seront payées à date fixe, le 5 de chaque mois. Et afin d’aider les étudiants à faire face aux dépenses de rentrée, un versement anticipé interviendra le 30 août pour les dossiers complets. Les bourses seront toujours versées sur dix mois.