Tabac et ados, réagissez !

Tabac et ados, réagissez !

C’est par défi, dans un moment de mal-être, pour faire comme les autres que l’adolescent est souvent tenté de goûter au tabac. En parler avec lui l’aidera à déjouer le piège de la première cigarette.

Les chiffres sont là pour rappeler que l’attirance des ados pour la cigarette est toujours aussi forte et précoce. Ainsi, en 2010, un tiers des collégiens avait déjà expérimenté la cigarette, avec une forte augmentation de la 6e à la 3e : 12,7 % en classe de 6e et 51,8 % en classe de 3e (chiffres de l'Observatoire français des drogues et des toxicomanies).

Les enquêtes conduites auprès des jeunes montrent qu’ils commencent souvent à fumer dans un moment difficile de tristesse, d’angoisse ou de stress, et non plus tellement à l’occasion d’un moment festif.

Ne pas sous-estimer le problème du tabagisme

Plus les enfants fument tôt, plus la dépendance s’installe de façon rapide et forte. Et plus il est difficile de les sevrer par la suite.

Il vaut mieux être réaliste et ne pas sous-estimer le problème. Les parents pensent encore trop souvent à tort que leur enfant ne va pas fumer. Et certainement pas si jeune. Or la majorité des enfants qui fument le font en cachette et ne vont pas spontanément en parler à leurs parents.

C’est donc aux adultes d’engager la discussion, de façon ouverte, sans vouloir d’emblée sanctionner ou culpabiliser. Quand le dialogue existe, la plupart des jeunes se sentent soulagés.

Ceux qui ne fument pas y trouvent des arguments pour renforcer leur motivation, et ceux qui fument, une écoute et une aide pour arrêter.

Créer des zones 100 % sans tabac

Rendre l’accès au tabac le plus difficile possible est encore ce qui protège le mieux le jeune. Cigarettes chères et interdiction de fumer dans les lieux publics sont d’excellentes mesures.

À la maison, faites de même : transformer son domicile et sa voiture en une zone 100 % sans tabac, c’est créer une bulle protectrice autour de l’enfant. C’est envisageable, même quand on est soi-même fumeur. Et si votre ado est tenté par le tabac, c’est le moment ou jamais de montrer l’exemple en arrêtant de fumer. S’il fume déjà, proposez-lui d’arrêter ensemble.

Le dialogue négatif autour du tabac semble faire son chemin puisque deux tiers des jeunes fumeurs ont essayé d’arrêter. Mais dans la plupart des cas ils le font seuls, et seulement 5 à 8 % d’entre eux y sont arrivés.

Les jeunes pensent souvent qu’arrêter est une question de volonté et ils sont encore réticents à se faire aider. En réalité, ils ont besoin d’aide pour mieux comprendre la place qu’occupe le tabac dans leur vie. Ils ont aussi besoin d’outils pour apprendre à se positionner en tant que non-fumeurs. C’est rarement seuls mais plutôt grâce au soutien de l’entourage, du médecin traitant ou de programmes spécifiques de sevrage qu’ils y arrivent.

Des arguments qui font mouche

La peur du cancer n’affole pas vraiment les ados. Voici d’autres nuisances qui les affectent plus.

  • Le tabac, ça sent mauvais, ça charge l’haleine, ça ternit la peau et ça jaunit les dents ! Pas vraiment sexy, en somme !
  • Le tabac, c’est sale et ça pollue. L’air qu’on exhale est gorgé de CO2 et de métaux lourds, comme le pot d’échappement d’une voiture !
  • Le tabac, ça isole : on est obligé de fumer devant la porte du café.
  • C’est un fil à la patte, une dépendance, une manipulation. Pas trop cool, à un âge où l’on revendique sa liberté et son autonomie !
  • Tout l’argent de poche y passe. Dommage !

Pour l’aider à arrêter

Tabac Info Service : 39 89

Fil Santé Jeunes : 0800 235 236