Soutien scolaire gratuit à tous les âges

Soutien scolaire gratuit à tous les âges

Du primaire au bac, à tous les moments cruciaux de sa scolarité, l’enfant peut bénéficier d’un soutien gratuit. Être appuyé par un enseignant en petit comité permet le plus souvent de remettre le pied à l’étrier.

Au préalable, un constat : méconnus ou boudés, les "accompagnements éducatifs ", soutiens mis en place par les municipalités, les départements ou le ministère s’avèrent aussi efficaces que les cours privés.

Depuis 2008, le ministre de l’Éducation nationale a étendu les mesures d’accompagnement des enfants en difficulté du primaire jusqu’au bac, afin que même les familles les plus démunies disposent de l’aide d’enseignants compétents.

Accompagnement pour les élèves du primaire au lycée

Aujourd’hui, c’est dans le primaire que sont concentrées la plupart des interventions. Elles permettent de prévenir des dysfonctionnements (dyslexie, problèmes psychologiques ou psychomoteurs, par exemple), d’asseoir les bases des connaissances et d’éviter l’accumulation des lacunes.

Au collège, l’aide a été étendue à l’ensemble des établissements publics et privés. Depuis la rentrée 2011-2012, l'accompagnement est même personnalisé pour les élèves de sixième et dure deux heures par semaine pour les aider à se mettre à niveau, s'organiser et puis progresser.

Au lycée, l’effort est concentré sur les établissements accueillant les élèves faisant face à des difficultés scolaires particulières. Pour être efficace, ce dispositif éducatif est basé sur le volontariat des élèves et donc leur motivation.

Dès l’école primaire, l’étude

Faute de pouvoir lui payer une nounou qui surveillerait ses devoirs à la maison, la maman de Léonie l’avait inscrite à l’étude. Elle ne l'a jamais regretté, c’est son maître qui surveillait les enfants. Avec lui, sa fille a appris à travailler toute seule et la mère n'a plus jamais eu besoin d’être derrière son dos pour qu’elle fasse ses devoirs.

À l’école élémentaire, du CP au CM2, les élèves ont peu de devoirs écrits. Le temps d’étude est consacré au travail oral et aux leçons à apprendre pour le lendemain. Ce sont les mairies qui organisent l’étude. Elle se déroule après le goûter, de 16 h 30 à 18 heures.

D’un coût modique (autour de 2 € par jour), elle est parfois conseillée par l’enseignant lorsqu’il remarque que l’enfant se décourage à travailler tout seul. Ce service est assuré par les professeurs ou du personnel municipal.

Parallèlement, les élèves du primaire n’ayant plus cours le samedi, les heures globalement dégagées permettent d’organiser un accompagnement éducatif pour les élèves en difficulté.

Pour l’instant, seules les classes situées en zone d’éducation prioritaire (ZEP) bénéficient de ce dispositif, qui concerne près de 3 730 écoles, soit un peu plus de 10 % des effectifs. Ainsi, chaque semaine, pendant deux heures prises sur l’heure du déjeuner, le mercredi matin, ou après la classe de 16h30 à 18h30, par petits groupes de cinq enfants maximum, les enfants approfondissent le travail fait en classe avec leur enseignant.

Le réseau d’aides spécialisées aux élèves en difficulté

Une baisse brutale de la moyenne et un manque d’intérêt pour le travail en classe ne reflètent pas toujours une mauvaise assimilation des connaissances. Ils sont parfois des signaux révélateurs du mal-être de l’enfant. Dans ce cas, il est important de contacter le réseau d’aides spécialisées aux élèves en difficulté (Rased).

Chaque école est reliée à un Rased, composé de spécialistes (un psychomotricien, un maître d’adaptation, un psychologue et un réadaptateur) formés pour déceler une dyslexie ou un trouble d’apprentissage, un problème de comportement ou une difficulté psychologique.

Pour suivre une scolarité normale, les enfants ne se contentent pas d’apprendre leurs leçons, ils doivent également être capables de ne pas confondre les formes des lettres, d’accepter les règles de l’école et de se libérer des contraintes familiales.

C’est en jouant au Uno que Quentin, un petit garçon agité et agressif, a révélé qu’il avait un grand frère handicapé mental qui concentrait toute l’attention de ses parents. À travers les règles du jeu, en racontant ses soucis, l’enfant a peu à peu retrouvé la concentration qui lui faisait défaut.

Le coup de pouce des associations

Le CP est l’une des classes les plus importantes dans l’édifice scolaire de l’enfant. C’est pourquoi l’Association pour favoriser une école efficace (APFEE) a concentré son énergie sur les petits lecteurs. Ses clubs Coup de pouce accueillent tous les soirs, de 16 h 30 à 18 heures, cinq enfants d’une même classe choisis par l’enseignant pour leur fragilité en lecture.

La séance se déroule toujours sur le même schéma : l’enfant effectue 15 minutes de lecture à voix haute et s’il bute sur un mot, on lui souffle. Puis l’animateur lit une belle histoire. Autour de jeux et de discussions, le jeune élève retrouve le plaisir de lire.

Grâce à ces clubs, présents dans 200 villes, huit enfants sur dix échappent à l’échec précoce. D’autres soutiens proposés prennent, le plus souvent, la forme d’un accompagnement gratuit aux devoirs, financé par les pouvoirs publics, les mairies, les caisses d’allocations familiales, le Fonds d’action et de soutien pour l’intégration et la lutte contre les discriminations, ou les associations d’éducation populaire.

Plus de 3 000 associations accueillent ainsi les élèves hors temps scolaire, dans un local associatif, à la bibliothèque ou au centre communal.

Des stages de soutien scolaire pendant les vacances

Par ailleurs, pendant les vacances scolaires, un stage dit "de remédiation" peut être proposé aux élèves de CM1/CM2. Il permet de bien préparer leur rentrée en 6e et d’éviter le redoublement. Toujours en petits groupes de cinq maximum, comme lors de l’accompagnement éducatif, les enfants viennent combler leurs lacunes. Ils fournissent un effort plus soutenu : quinze heures de cours dans la semaine. Ils permettent une remise à niveau en maths et en français.

Trois sessions sont organisées pendant les vacances scolaires : au printemps, en juillet et la dernière semaine d'août.

Les parents sont demandeurs de ces cours qui donnent à leurs enfants l’occasion d’avoir une autre relation avec le maître. En petit comité, l’échange est plus positif. Une maman se félicite des progrès de sa fille, passée de 10 à 18 sur 20 en compréhension de texte. Sa fille, Naila, se lève en effet sans rechigner, contente d'aller en stage. En classe, elle a peur, alors qu’en stage elle ose lever la main et demander des explications dès qu’elle ne comprend pas, sans crainte que le maître la punisse.

Au collège, le soutien scolaire se généralise

Après le primaire, l’aide scolaire s'est mise progressivement en place, par petites touches. Ainsi, l’accompagnement éducatif qui avait été expérimenté dans les collèges publics et privés de l’éducation prioritaire, a été étendu à l’ensemble des collèges.

De la 6e à la 3e, après la classe, les enfants qui le désirent se retrouvent en petits groupes de six à dix-sept maximum pour une aide aux devoirs, une pratique artistique ou sportive, ou pour renforcer la pratique orale des langues vivantes (en particulier l'anglais au collège).

Ils ont ainsi l’occasion, pendant deux heures, quatre fois par semaine, d’approfondir le travail fait en classe, de réaliser les devoirs demandés par les enseignants, d’effectuer des recherches documentaires ou d’apprendre à travailler avec méthode. Et s'ils n'ont pas besoin d'aide particulière, ils peuvent tout simplement bénéficier de moments d'apprentissage différents.

Qui assure le soutien scolaire ?

Tout le secret réside dans l'équipe pédagogique : ce sont des enseignants volontaires qui assurent le soutien scolaire en majorité. Ils représentent 71 % des intervenants en école primaire et 61 % au collège.

Des assistants d'éducation, pédagogiques, de langue, des intervenants d'associations agréées, des artistes et des étudiants complètent l'équipe pédagogique. En 2009-2010, on comptait 21 407 intervenants au sein des écoles élémentaires et 98 000 au collège.

Un suivi thérapeutique

Il arrive que, malgré sa bonne volonté et son travail, l’enfant ne parvienne pas à obtenir de bons résultats. Interrogé, il est tellement paniqué qu’il ne se souvient même plus que 2 plus 2 font 4. Cette angoisse peut s’atténuer grâce à l’aide thérapeutique apportée par un centre médico-psycho-pédagogique (CMPP), qui reçoit les enfants et les adolescents de 2 à 18 ans. Dans ce lieu de diagnostic dirigé par un médecin, enfants et parents abordent toutes les questions qui concernent leurs relations familiales, sociales et scolaires.

Huit demandes sur dix proviennent des écoles. Il est très rare que les parents consultent spontanément. Pourtant, ils le peuvent, car le lieu est ouvert à tous sans restriction. Selon le type de trouble dont il souffre, l’enfant se verra proposer une aide en orthophonie, en psychomotricité, une thérapie familiale ou un suivi psychologique.

L'accompagnement personnalisé

Au lycée, il existe également un accompagnement personnalisé et intégré dans l'emploi du temps pour les élèves de seconde et de première. Les élèves de terminale en bénéficient depuis la rentrée 2012.

Dans les lycées d'enseignement général et technologique, l'accompagnement représente 72 heures annuelles et 210 heures réparties sur les trois années pour les bacs pro des lycées professionnels.

Le dispositif de réussite scolaire au lycée

Afin d’éviter que les lycéens, une fois sur les bancs de leur première année de fac, décrochent comme c’est le cas de plus de la moitié d’entre eux, des stages sont désormais proposés - sur la base du volontariat - pendant toute l'année ou par stages d'une semaine durant les congés scolaires (Toussaint, vacances d’hiver, de printemps et d’été) aux lycéens de terminale et aux jeunes bacheliers de 200 établissements d’enseignement général, technologique et professionnel faisant partie du dispositif de réussite scolaire au lycée mis en place par le gouvernement.

Son but : aider les adolescents en terminale à bien préparer leur année ou l’année suivante. En français, maths et langues, des révisions seront proposées avec exercices écrits, aide méthodologique (prise de notes, lecture d’énoncés, élaboration de plans) et prise de parole.

Les élèves ont également la possibilité d'élaborer un projet professionnel afin de choisir une orientation ou la poursuite d'études supérieures et de se préparer aux examens en question. Pour les aider, un tuteur (enseignant, documentaliste ou conseiller principal d'éducation) est à leur écoute pour bâtir ensemble leur projet.

Pour les bacheliers, il s’agira de consolider certains acquis et de maîtriser les bases méthodologiques indispensables à un bon travail en fac, où il faut savoir étudier seul et sans contrainte.

Pour en savoir plus

Les Bulletins officiels de l’Éducation nationale (BOEN) sont disponibles sur le site www.education.gouv.fr

Chaque école est reliée à un Rased dont les coordonnées sont fournies au secrétariat de l’établissement.

APFEE (Coup de pouce) : www.apfee.asso.fr