Soigner les dents de lait accidentées

Soigner les dents de lait accidentées

Une dent de lait tombée ou partiellement cassée lors d'un choc, c'est ennuyeux, même si elle sera, à terme, remplacée. Lui apporter des soins permet de préserver la croissance de la dent définitive.

La moitié des enfants de moins de 6 ans ont subi une chute ou un choc qui a fragilisé au moins une de leurs dents. Les pics de fréquence se situent à la fin de la première année et pendant toute la période d'apprentissage de la marche.

Attention aux accidents domestiques

À la maison, les chutes sont courantes. Quelques précautions permettent de réduire les risques d'accidents. La table basse du salon est l'obstacle le plus souvent cité par les parents. Ils seraient moins exposés si elle était adossée au mur et non placée sur leur chemin au centre de la pièce. Lors d'une chute, les petits ne mettent pas les mains en avant pour se protéger, d'où la fréquence des chocs.

De nombreux accidents ont lieu dans la cuisine et la salle de bains, sur le carrelage, contre la baignoire ou le lavabo.

Surveiller le brossage des dents

Chez les moins de 2 ans, un enfant sur deux suce encore son pouce ou une tétine. Un quart continue à le faire jusqu'à 4-5 ans. Conséquence : mal positionnées, les incisives sont très exposées lors des chocs.

Les parents doivent prendre des précautions lors du brossage des dents. Ils faut éloigner l'enfant du lavabo pour éviter qu'il en vienne à se cogner à hauteur de dents, à la suite d'un mouvement désordonné.

Entre 3 et 4 ans, l'enfant prend de l'assurance. Au cours d'une bagarre, d'un accident de trottinette ou de vélo, il peut tomber sur le sol de la cour de récréation, sur le trottoir ou sur la route. Résultat : la dent se casse, à moins qu'elle bouge, ou pire, qu'elle tombe.

Consulter après un choc

Les parents peuvent minimiser l'accident puisqu'il s'agit d'une dent de lait. Mais ce point de vue n'est pas partagé par les chirurgiens-dentistes, qui conseillent d'effectuer un examen. Après avoir été consolé et calmé, l'enfant doit être conduit en consultation.

Comme le choc entraîne le plus souvent des saignements abondants, ce n'est qu'après avoir aidé leur enfant à se rincer la bouche que les parents pourront décider de l'urgence d'une prise de rendez-vous.

Où consulter ?

Même si tous les chirurgiens-dentistes sont qualifiés pour prendre en charge la petite enfance, certains sont spécialisés dans ce type de soins.

Le conseil de l'ordre des chirurgiens-dentistes de votre région peut vous orienter. Il existe aussi des services d'urgence en soins dentaires dans les hôpitaux.

Les tarifs des soins, de l'anesthésie locale et des radiographies sont les mêmes que pour les adultes. Les remboursements de la Sécurité sociale s'appliquent à hauteur de 70 % sur les tarifs conventionnés.

Gagner la confiance de l'enfant

Il s'agit d'aider l'enfant à nouer une bonne relation avec le dentiste. La mise en confiance du jeune patient commence donc dès l'instant où il franchit la porte du cabinet. L'attente ne doit pas être trop longue, afin d'éviter une montée d'angoisse inutile.

L'accueil doit être adapté à l'âge. Le praticien doit expliquer et rassurer. En présence d'un enfant très émotif ou peu coopératif, il peut administrer un sédatif, qui réduit rapidement son irritabilité, son stress ou son anxiété. Ensuite, tout dépend du traumatisme subi.

Bris d'une incisive de la mâchoire supérieure

Il en manque le plus souvent un angle. Cet accident est fréquent chez les plus petits. Lors de la consultation, le dentiste vérifie l'état du nerf par un examen et une radiographie. S'il est touché, la dent va changer de couleur et mourir.

Le praticien effectue alors des soins afin d'éviter tout abcès qui serait nocif pour le germe de la dent situé en dessous. Il propose des visites de contrôle jusqu'à ce que celle-ci perce la gencive.

Dent déplacée

Chez les 4-6 ans, c'est le cas le plus fréquent. Lors d'une chute de trottinette ou de vélo, l'enfant tombe sur le guidon. La dent rentre dans la gencive, elle est dite 'intrusée.

Avant tous soins, une radiographie est effectuée afin de vérifier s'il y a un risque pour le germe de la future dent. Si c'est le cas, une extraction de la dent accidentée est nécessaire. Sinon, un repositionnement naturel est préférable.

La dent va alors peu à peu revenir à sa position initiale. À terme, elle tombera et laissera normalement la place à la dent définitive.

Perte d'une ou de plusieurs dents en cas de choc violent

On ne réimplante pas une dent de lait. Mais, à partir de 3 ans et demi, afin de conserver sa place à la dent future, on peut proposer la pose d'une prothèse pédiatrique en appui sur les dents saines avoisinantes.

La dent définitive se plaçant vers 6 ans, l'enfant doit accepter ce dispositif pendant deux ans et demi environ.

L‘objectif est double : esthétique, surtout si l'enfant a perdu plusieurs dent, et fonctionnel, car la prothèse facilite la mastication et procure une meilleure phonétique à un âge où l'on acquiert la maîtrise du langage.