Sensibiliser ses enfants aux dangers de la circulation

Sensibiliser ses enfants aux dangers de la circulation

Les accidents de la circulation impliquant des jeunes de moins de 15 ans ont augmenté de 25 % en 2007. Une situation alarmante qui impose prudence et prévention.

"Effectuer le même trajet tous les jours devient routinier, y compris pour un adulte. Cela peut entraîner une baisse de la vigilance", remarque à juste titre Caroline, qui hésite à laisser Louis, 8 ans, partir seul à l’école. "Tous mes copains font le chemin sans les parents !" implore-t-il, en vain. "Oui, mais il y a deux grandes rues à traverser dont l’une n’a ni feu ni agent de la circulation", objecte sa mère.

De plus en plus d’accidents

Ces précautions ne sont pas inutiles. En effet, une étude réalisée en 2007 par l’institut CSA pour l’Association des parents d’élèves de l’école libre (Apel) enquête révèle que cette année-là 844 enfants piétons âgés de 6 à 9 ans ont été blessés alors qu’ils marchaient entre la maison et l’école, et dix ont été tués. Ainsi, quelques précautions s’imposent avant de laisser vos enfants emprunter seuls le chemin de l’école.

Comprendre ce qu’il voit

Un test simple, recommandé par l’association Prévention routière, permet de comprendre que la vision des enfants ne correspond pas à celle d’un adulte. Dalila en a fait l’expérience à Marseille : elle s’est accroupie dans la rue à la même hauteur que sa fille de 7 ans. Commentaire de l’enfant : "La honte !" Constat de Dalila : "Des signalisations placées trop haut, hors de portée du regard des enfants."

Vous pouvez également consulter une vidéo qui compare les deux visions sur www.priorite-vos-enfants.fr. "Un bon moyen de réaliser qu’il ne suffit pas de dire 'fais attention' à un enfant de moins de 8 ans qui voit seulement ce qui se trouve en face de lui", commente Paul Barré, responsable pédagogique à la Prévention routière (www.

preventionroutiere.asso.fr).

Anticiper ses réactions

Un enfant dispose d’un champ visuel réduit, mais aussi d’une concentration limitée à un seul objet à la fois, qui le pousse parfois à traverser brusquement la chaussée à la poursuite d’un ballon. "C’est de cette façon que mon fils a failli se faire renverser sous mes yeux", témoigne Juliette.

Par ailleurs, les moins de 8 ans ne perçoivent pas le danger comme un adulte : 40 % se trompent quand il s’agit de décider si un bruit vient de devant ou de derrière, et 80 % ne parviennent pas à déterminer si un son provient de la droite ou de la gauche. Les adolescents ne sont pas non plus à l’abri d’une imprudence. "Le danger augmente à cet âge où les jeunes acceptent moins bien les règles", confirme Béatrice Barraud, présidente de l’appel (www.apel.asso.fr).

Lui expliquer la rue

De plus, le danger persiste même sous la surveillance d’un adulte (un accident sur quatre) : il est donc indispensable de lui "donner la main" et de l’éduquer dès la maternelle. Les parents doivent montrer à leur enfant que le trottoir comporte des périls (sorties de garage, travaux, livraisons, voitures mal garées, intempéries), lui signaler les bruits, les signaux lumineux, les marquages au sol et le comportement des autres (voitures, cyclistes).

Avant de traverser, apprenez-lui à regarder à gauche, à droite, puis encore à gauche, avant de s’engager sur la chaussée, uniquement quand tous les véhicules sont à l’arrêt. Enfin, transmettez-lui ce message capital de la Prévention routière : "Le trottoir n’est pas un terrain de jeux !"

Le laisser aller seul

"Vers 8-9 ans, après quelques années de répétitions, l’écolier peut commencer à se lancer sur des trajets simples et courts", estime Paul Barré. Vérifiez alors l’acquisition des apprentissages en vous laissant guider par votre enfant. Quant à Louis, il insiste : "Je sais le faire ! Et puis j’irai à l’école avec un copain."

Un argument encore non recevable pour sa mère, qui craint une baisse de concentration. "Caroline n’a pas tort, analyse la psychologue Dominique Fournier. Mieux vaut se méfier des distractions et des enfants demandeurs qui se lancent trop tôt sur un trajet trop complexe. Dans ce cas, attendez 9 ou 10 ans." Sachez aussi qu’un enfant en difficulté personnelle ou scolaire est toujours moins attentif à l’environnement.

Quatre pièges à éviter pour les moins de 8 ans

  • Attention aux obstacles ! Des voitures en stationnement, des piétons, des poubelles ou tout autre mobilier urbain empêchent l’enfant de voir la rue. En raison de sa petite taille, il est dissimulé à la vue des conducteurs.
  • Défaut de concentration. Il ne maîtrise pas ses émotions (sa joie ou son inquiétude) et traversera brusquement la rue pour retrouver son meilleur ami ou récupérer un ballon, sans prendre en compte la voiture qu’il voit pourtant arriver.
  • Distances mal évaluées et bruits trompeurs. L’enfant identifie difficilement la provenance des bruits et se trompe huit fois sur dix quand il s’agit de déterminer si un son vient de droite ou de gauche. Il éprouve des difficultés à faire la différence entre une voiture à l’arrêt et un véhicule roulant vers lui à faible vitesse.
  • Voir, ce n’est pas être vu. Un enfant ne fait pas la différence entre voir et être vu. S’il voit une voiture qui arrive, il est persuadé que son conducteur le voit aussi et il pense ne courir aucun danger. Il ne prend en compte que ce qui se trouve en face de lui, sans s’occuper de ce qui se passe sur les côtés.