Séjour linguistique : trouver la bonne formule

Séjour linguistique : trouver la bonne formule
Rien de plus efficace qu’un séjour linguistique pour faciliter l’apprentissage de votre enfant dans la langue de Shakespeare. - © romrodinka

L’anglais est incontournable. Et si vous profitiez des vacances pour envoyer votre enfant outre-Manche ? Résultats garantis si vous optez pour la formule adaptée à sa personnalité.

Rien de plus efficace qu’un séjour linguistique pour faciliter l’apprentissage – surtout l’expression orale – de votre enfant dans la langue de Shakespeare.

D’après les derniers chiffres de l’Union nationale des organisations de séjours éducatifs linguistiques et de formation en langue (Unosel), l’un des deux organismes représentatifs de la profession en France, environ 90 % des séjours pour mineurs concernent l’anglais, la langue internationale par excellence. Et la destination phare reste de loin la Grande-Bretagne, surtout pour les séjours courts d’une semaine. Les formules en langue allemande ne pesant guère plus de 8 % du total des demandes et pas plus de 3 % pour l’espagnol !

Problème : l’offre de ces séjours, proposés par environ 300 organismes en France, foisonne au point qu’il n’est pas simple de s’y retrouver.

Différents types de séjour

Sous diverses appellations marketing se distinguent quelques grands types de séjour. Le premier regroupe les formules se déroulant entièrement en groupe, sur un campus scolaire ou un centre de vacances.

Deuxième option : l’élève est en groupe pour les cours d’anglais et certaines activités, mais rejoint sa famille d’accueil britannique pour le gîte et le couvert. Pour ces deux types de séjour, les activités en dehors des cours sont plus ou moins thématisées. Il peut s’agir d’un sport ou d’une activité culturelle (tennis, équitation, ateliers de musique, photojournalisme, etc.). La qualité des activités et des sorties impactent sensiblement le prix.

Troisième grande catégorie de séjour, le
« one-to-one » : le jeune est hébergé en pension complète chez une famille avec laquelle il passe le plus clair de son temps. Les cours d’anglais sont individuels, dispensés par un professeur membre de la famille d’accueil.

Autre voie possible : le séjour individuel sans transport ni hébergement inclus. Le jeune fait seul les trajets pour rejoindre l’école dans laquelle il suit des cours. Il peut parfois y dormir ou être hébergé dans une famille, voire dans une résidence hôtel. Dans les deux cas, l’avantage réside dans l’absence de groupe francophone. Le jeune a davantage de chances de se retrouver dans un environnement britannique ou international !

Enfin, les séjours familiaux – avec ses parents ou grands-parents – sont à la mode. Les adultes peuvent ou non suivre les cours du matin avec leur enfant. Puis toute la famille est réunie les après-midi pour le côté touristique du séjour !

Avec le Brexit, et la chute du cours de la livre sterling, acheter soi-même en direct le transport et l’hébergement auprès d’interlocuteurs britanniques peut être intéressant.

Préparer le projet avec l’enfant

« Il est important de bien préparer le projet avec l’enfant, d’en discuter beaucoup avec lui et de ne rien imposer, prévient Gérard Deshayes, président de l’Office national de garantie des séjours et stages linguistiques (L’Office). Car le bénéfice linguistique sera meilleur si le jeune vit bien son séjour. »

C’est, en effet, la psychologie de votre enfant et notamment son degré d’indépendance et de maturité qui fera la différence. Est-il d’une nature anxieuse ? Est-il peu habitué à passer des vacances loin de sa famille ? La formule collective est alors préférable. Partir avec un groupe de jeunes, au sein duquel il se fera des copains, le rassurera. A contrario, il pourrait se sentir isolé et « perdu » dans une famille sans interlocuteur francophone.

Un juste milieu peut consister à prévoir une formule collective pour les cours et les activités, et un logement dans une famille britannique. Enfin, l’immersion totale en famille avec cours individuels est la formule intensive par excellence, à condition que le jeune soit relativement autonome, ouvert au dialogue et capable d’initiatives personnelles pour s’intégrer à la vie familiale quotidienne.

« Ce n’est pas tant une question d’âge, mais bien davantage de personnalité de l’élève, confirme Kseniya Yasinska, déléguée générale de l’Unosel. De très jeunes enfants, y compris en primaire, ayant l’habitude de voyager à l’étranger, peuvent parfaitement se sentir à l’aise dans ce type de séjour dès lors qu’ils savent échanger un minimum en anglais pour se faire comprendre. »

Sélectionner le bon organisme

Passer par un organisme adhérent à L’Office ou à l’Unosel apporte des garanties de sérieux. Ces organismes ont établi un cahier des charges auquel doivent se conformer leurs adhérents, quant à la qualité des prestations comme de
la transparence de l’information délivrée aux clients. Les exigences concernent la qualification des professeurs, des autres intervenants, du transport, des familles d’accueil... Le respect de ces référentiels de qualité par les organismes affiliés est contrôlé de façon aléatoire. L’Unosel réalise un audit de chaque séjour tous les trois ans. Par ailleurs, ces deux organismes peuvent intervenir en tant que médiateur en cas de litige non résolu avec l’un de leurs adhérents.

Tout vérifier avant de réserver

Prenez soin de bien noter le nombre d’heures de cours et d’élèves par cours, le nombre de personnes encadrant le groupe. Le groupe est-il francophone ou international ? L’hébergement se fait-il en chambre individuelle ou à combien ? Mieux vaut prendre le temps d’appeler le ou les organismes présélectionnés pour lever toute ambiguïté. Côté prix, assurez-vous que les frais de dossier sont inclus dans le prix affiché, ainsi que les excursions et les activités prévues. Pour un séjour en famille d’accueil, faites préciser si celle-ci héberge un ou plusieurs enfants. Dans ce dernier cas, mieux vaut avoir la possibilité de choisir qu’il soit le seul francophone ou, au contraire, qu’il puisse bénéficier de la présence d’un autre élève français. Et rassurez-vous, même si les familles sont rémunérées, celles qui ne réservent pas un accueil correct aux enfants sont écartées... À condition que l’enfant ou ses parents s’en soient plaints !