Se préoccuper de la vue et de l’audition de l’enfant

Se préoccuper de la vue et de l’audition de l’enfant

Les troubles de la vue et de l’audition sont fréquents chez les enfants et peuvent constituer un handicap sérieux. Consultez rapidement si vous êtes inquiet.

Plus d’un enfant sur six souffre de problèmes de vision entre 0 et 5 ans. Les troubles les plus fréquents sont les anomalies de la réfraction : hypermétropie, myopie et astigmatisme.

Cinq troubles de la vision

  • L’hypermétropie chez le petit enfant peut s’atténuer spontanément. Mais il doit porter des verres correcteurs, faute de quoi son trouble peut entraîner l’apparition d’un strabisme.
  • La myopie, rare à la naissance, peut se développer à tout âge. Le port de verres correcteurs est nécessaire, car ce défaut de vision s’accentue s’il n’est pas corrigé.
  • L’enfant astigmate souffre d’une vision déformée qui doit être corrigée.
  • Le strabisme est un défaut de parallélisme des yeux. Jusqu’à 3 mois, cette anomalie n’est pas préoccupante si elle est intermittente. Au-delà, l’enfant doit être examiné par un spécialiste.
  • Amblyopie. Un strabisme non corrigé peut entraîner une perte d’acuité sur un des yeux (amblyopie). Des exercices de rééducation visuelle (orthoptie). seront prescrits, et en cas d’échec, on recourra à la chirurgie. Si l’enfant est amblyope, on stimulera son œil "paresseux" en plaçant un cache sur l’autre œil et/ou on prescrira une correction optique.

Dépister au plus tôt

Les troubles de la vue sont gênants notamment pour l’apprentissage de la lecture et tout au long de la scolarité. Il est essentiel de les dépister au plus tôt. Les chances de correction d’un strabisme ou d’une amblyopie sont plus élevées avant 3 ans.

"Il est souhaitable d’emmener un enfant chez l’ophtalmologiste une première fois vers 2 ou 3 ans, puis chaque année pour une visite de contrôle, conseille Dominique Brémond-Gignac, chef du service d’ophtalmologie au CHU Robert-Debré, à Paris. La date de la première consultation doit être avancée si l’enfant présente des facteurs de risque comme la prématurité ou des antécédents familiaux de myopie, de strabisme ou d’amblyopie."

Enfin, certains symptômes doivent vous alerter. Si votre enfant louche, si une tache blanche se forme dans sa pupille, s’il tombe ou se cogne fréquemment, s’il a souvent les yeux rouges, s’il plisse les yeux, larmoie, si la lumière l’éblouit, s’il se plaint de maux de tête, s’il rencontre des difficultés pour apprendre à lire, consultez sans tarder.

Deux grandes pathologies de l’audition

Chez l’enfant, les troubles de l’audition relèvent de deux grands types de pathologies.

  • La surdité de transmission. Elle résulte d’une affection de l’oreille moyenne. Sa cause principale est l’otite séreuse chronique, qui affecte en priorité les enfants souffrant d’infections ORL à répétition et peut entraîner une perte d’audition de 20 à 60 dBA. Un traitement médicamenteux, suivi éventuellement d’une intervention chirurgicale légère (pose d’aérateurs de tympans et/ou ablation des végétations), permet une récupération rapide. Cette surdité peut aussi résulter d’une lésion de l’oreille moyenne consécutive à une chute ou un choc. Une chirurgie légère permettra d’y remédier.
  • La surdité de perception. Liée à un dysfonctionnement de l’oreille interne, elle est le plus souvent congénitale (environ un enfant sur 1 000 à la naissance). Son origine est génétique dans 80 % des cas. Elle est irréversible et implique le port d’une prothèse auditive.

Les degrés de surdité

Le niveau de surdité se mesure en décibels. On définit le déficit auditif par rapport à un niveau d’audition "normal".

  • De – 20 à – 40 dBA : surdité légère.
  • De – 40 à – 60 dBA : surdité moyenne.
  • De – 60 à – 80 dBA : surdité sévère.
  • De – 80 à – 100 dBA : surdité profonde.
  • Au-delà de – 100 dBA : surdité totale.

Le verdict de l’audiomètre

Les troubles de l’audition sont un handicap qu’il faut pallier au plus tôt, car la surdité profonde exclut le nourrisson des sollicitations auditives qui participent à son développement psychique.

Chez le tout-petit, trois symptômes sont à surveiller :

  • il dort très profondément ;
  • il cesse de vocaliser vers 6 mois, ne prononce pas de syllabes ;
  • il ne répond pas à son nom ou à un appel simple à 1 an.

Plus tard, un enfant atteint de surdité, même légère, passe à côté d’une partie des informations délivrées en classe. "Les troubles de l’audition ne sont pas toujours diagnostiqués assez rapidement, car l’enfant ne se plaint pas et compense souvent par un plus grand sens de l’observation", relève le Dr Nathalie Loundon, attachée au service ORL pédiatrique de l’hôpital Trousseau, à Paris.

Il faut donc alerter le médecin qui suit l’enfant sur les facteurs de risque éventuels (antécédents génétiques, prématurité, affections néonatales, infections ORL chroniques) et savoir repérer les signes d’une éventuelle défaillance (retard dans l’acquisition du langage, prononciation incorrecte, enfant "dans la lune"). Dans tous ces cas, consultez rapidement un spécialiste.