Réussir sans le bac

Réussir sans le bac

Le bac n’est pas le seul sésame pour entrer dans la vie active  ! Même sans ce diplôme, qui échappe à un lycéen sur cinq, on trouve de nombreuses formations qui permettent d’arriver au métier de son choix.

"Avec le bac, tu n’as rien, mais sans le bac, tu n’es rien." Ce slogan lapidaire résume ce que ressentent les jeunes qui échouent à cet examen. Pourtant, tout n’est pas joué pour les recalés. Outre le redoublement de la classe de terminale, des solutions s’offrent à eux, soit pour rejoindre les bancs de l’université, soit pour acquérir une formation qui les mènera au métier qu’ils souhaitent exercer.

Baccalauréat : repasser l’examen, tout simplement

Refaire une année de terminale pour décrocher son bac constitue la solution la plus simple et la plus évidente. Les chiffres parlent d’eux-mêmes : les trois quarts des élèves qui redoublent réussissent à l’obtenir l’année suivante. Le lycée du jeune est tenu de l’accepter, sauf s’il n’a pu obtenir la mention « admis à redoubler » sur son dossier scolaire, pour cause d’absentéisme excessif. Toutefois, l’inscription n’étant pas automatique, il est nécessaire de s’adresser au ­secrétariat du lycée dès la publication des résultats.

Le jeune peut également changer de filière et passer, par exemple, d’un bac S profil maths, à un bac S physique-chimie, ou du bac STG comptabilité au STG mercatique. Mais passer de S à L est plus difficile. De même, un bac pro, raté en mode classique, peut se retenter en alternance. Dans la filière des bacs technologiques en revanche, il existe peu de formules en alternance. Il faut donc se renseigner auprès du chef d’établissement.

Pour éviter le découragement, un redoublement dans un autre établissement peut s’avérer salutaire. Il faut alors s’inscrire directement auprès du lycée choisi et fournir ses bulletins de terminale, son livret scolaire et parfois une lettre de motivation. En cas de refus, le rectorat trouvera une place… là où il en reste.

Avec un taux de réussite dépassant à peine les 40 %, passer son bac en candidat libre n’est pas une sinécure. Parce qu’il est difficile de préparer l’examen seul, les rectorats ­proposent, à travers le « module de re-préparation à l’examen par alternance » (Morea), d’accompagner les jeunes qui ont essuyé deux échecs au bac. Pour s’inscrire, il faut reprendre contact avec son établissement scolaire ou auprès de l’Inspection académique dont on dépend (service « Mission générale d’insertion »).

Accéder à l’université sans le bac

Poursuivre ses études à l’université sans le bac est possible, à condition d’emprunter des chemins de traverse. Il en existe plusieurs.

Le Diplôme d’accès aux études universitaires (DAEU) est la voie choisie par Marjorie, 29 ans, qui s’est inscrite au Centre national d’enseignement à distance (Cned) pour préparer cet examen. Elle avait arrêté ses études au niveau du BEP secrétariat pour travailler mais sans le bac, elle gagnait très mal sa vie. Après le DAEU, elle a l'équivalent du bac et peut préparer les concours de la fonction publique. 

Pour passer le DAEU, il faut soit être âgé de 20 ans et justifier de deux années d’activité professionnelle, soit être âgé de 24 ans et avoir interrompu ses études depuis deux ans. Le diplôme existe en deux options : littéraire ou scientifique.

Le Certificat de capacité en droit (Capa) permet pour sa part de poursuivre des études juridiques. C’est la voie poursuivie en leur temps par Gilles de Robien, l’ancien ministre de l’Éducation nationale, et Jean-Louis Debré, l’actuel président du Conseil constitutionnel.

L’examen se prépare en deux ans, en cours du soir et par correspondance. Il existe autant de programmes que d’universités qui dispensent la formation (liste des universités ici).

Les enseignements s’articulent autour de dix ou quinze matières juridiques, avec un peu d’économie et d’anglais. Mais moins d’un inscrit sur cinq franchit le cap de la première année. Les capacitaires peuvent poursuivre leur cursus en droit ou accéder aux formations délivrées par les Instituts universitaires de technologie (IUT).

La Capacité en gestion des entreprises (CGE) permet, sur le modèle de la capacité en droit, de poursuivre une formation en économie et gestion et d’obtenir un diplôme universitaire d’assistant de direction PME-PMI, d’entrer en 3e année de licence d’économie et de gestion puis de continuer en master professionnel (ex-DESS).

Cette formation, d’une durée de deux ans, est dispensée par l’Institut d’administration des entreprises (IAE) de Caen. Les cours peuvent se dérouler partiellement sur place ou totalement par e-learning en partenariat avec le Cned. Environ 500 personnes sont formées chaque année, et 80 % obtiennent leur diplôme.

Renseignements : www.iae.unicaen.fr

Préparer un métier en alternance

Si le jeune n’est pas attiré par un enseignement classique, il peut préparer un diplôme professionnel dans le cadre de la formation en alternance au sein des entreprises.

Les grandes entreprises forment des jeunes dans le cadre de contrats d’apprentissage ou de professionnalisation. EDF accueille 4500 stagiaires, soit 4,5 % de leur effectif. Deux types de formations sont accessibles sans le bac : le bac pro “accueil et relation aux clients et usagers” (Arcu), en deux ans, et la préparation au titre IV du répertoire des métiers pour devenir cadre commercial en un an.

Glogalement, la sélection ne s’effectue pas sur les notes, mais sur la motivation des postulants.

Comme EDF, Areva, Veolia, Renault, la SNCF, La Poste ou l’UCPA s’impliquent dans des formations adaptées aux métiers d’aujourd’hui. Leurs offres sont proposées directement sur leurs sites (rubrique « Recrutement » ou « Emploi »), ou par le biais des centres de formation comme l’Afpa (Association nationale pour la formation des adultes), les Greta (groupement d’établissements publics de formation continue pour adultes), ou les chambres syndicales professionnelles.

À noter : pour avoir droit aux stages de formation qualifiants, il faut le plus souvent être inscrit à Pôle emploi.

 L’industrie agroalimentaire, autre gros pourvoyeur d’emplois, dispose de son propre réseau de formation. Les Instituts de formation régionale des industries agroalimentaires (Ifria) comptent 1 200 apprentis en cours de formation. On y prépare un bac pro en alternance en deux ans (trois sans le niveau bac) pour apprendre les métiers de la production ou de la maintenance, où les débouchés sont nombreux.

Les jeunes sont accompagnés dans leur projet professionnel et dans la découverte de la filière. Les stages sont trouvés grâce au réseau d’entreprises qui entoure ces sociétés. Cela permet à ces dernières d’avoir un taux de réussite aux examens de 83 % et un taux d’insertion à six mois de 85 %.

Renseignements : www.ifria-­apprentissage.fr

Le Conservatoire national des arts et des métiers (Cnam) cible lui aussi les besoins des entreprises, à travers ses formations compatibles avec une activité professionnelle. L’établissement public, sous tutelle du ministère de l’Éducation nationale, accueille 80 000 élèves dans ses 150 centres d’enseignement.

Sur son site Internet, on retrouve l’ensemble des formations répertoriées par métiers, thèmes, modalités ou régions. De nombreux certificats professionnels sont accessibles avec le niveau bac, d’une durée plus ou moins longue selon l’activité ou le métier : agent de développement en environnement, assistant de clientèle, responsable d’unité de transport fluvial ou attaché commercial.

Renseignements : www.cnam.fr

Compagnons du devoir et du tour de France

Un jeune qui aime la vie en communauté et rêve d’une expérience riche peut se rapprocher des Compagnons du devoir et du tour de France. Ces derniers proposent d’apprendre 25 métiers (carrossier, ébéniste, maçon, électricien, peintre, jardinier-paysagiste…) dans le cadre d’une alternance longue.

Les apprentis passent six semaines en entreprise et deux semaines en formation.

Avec un niveau bac, ces jeunes effectuent un bac pro en deux ans au lieu de trois, et entreprennent leur tour de France pour approfondir leurs connaissances. Ils sont accueillis dans les Maisons des compagnons et salariés à plein‑temps.

Pas moins de 6 000 apprentis sont ainsi formés chaque année à travers la France, et 94 % trouvent un emploi à l’issue de leur formation.

Renseignements : www.compagnons-du-devoir.com