Rentrée étudiante : bien gérer les frais de la vie courante

Rentrée étudiante : bien gérer les frais de la vie courante
Vous pouvez profiter de bons plans tout en étant économe. - © Damir

Les idées pour limiter les dépenses de logement et de nourriture fourmillent. Se cultiver, faire du sport et communiquer à moindres frais, profiter de bons plans tout en étant économe, c’est aussi possible.

SE LOGER

Le logement représente 53 % du budget étudiant, selon le syndicat étudiant UNEF (Enquête Coût de la vie étudiante, 2017). La chambre en résidence universitaire reste la formule la plus économique (150 à 400 euros par mois), mais moins d’un étudiant sur dix a la chance d’en bénéficier, car l’offre se révèle bien inférieure à la demande.

À défaut, la colocation permet de partager loyer et charges : comptez en moyenne 496 euros par mois, selon le site Appartager.com. Pensez aussi à la formule
 « logement contre service ». Des plateformes de mise en relation comme Toitchezmoi.com ou Colocation-adulte.fr affichent des annonces de particuliers prêts à accueillir un jeune en échange d’un coup de main : garde d’enfants, jardinage...

Deuxième piste : la cohabitation intergénérationnelle. Un senior disposant d’une chambre libre la met à la disposition d’un étudiant.

« Environ 600 étudiants signent chaque année une convention de colocation via notre réseau, explique Joachim Pasquet, directeur du réseau CoSI, association de mise en relation intergénérationnelle. Deux formules sont proposées : l’hébergement gratuit contre un engagement de présence (trois soirs par semaine + un week-end sur deux), ou la sous-location classique sans engagement (214 euros par mois en moyenne). Attention : engagement de présence signifie présence bienveillante. Le jeune n’a pas vocation à jouer les gardes-malades ».

Dans les deux cas, il faut régler 250 euros de frais d’adhésion.

Une autre solution ? Troctachambre.com, une plateforme collaborative dédiée à 100 % aux étudiants leur permet soit l’échange de chambre contre chambre, soit l’échange d’une chambre contre service – courses, baby-sitting, aide aux devoirs, etc. –, dans une famille ou chez une personne âgée. L’inscription est gratuite.

SE NOURRIR

Les frais de nourriture s’élèvent de 250 à 
400 euros par mois selon le lieu d’habitation. Premier réflexe pour les diminuer : cuisiner soi-même des produits de saison. En manque d’inspiration ? Cuisine-étudiant.fr, Marmiton.org et sa sélection de recettes « étudiant fauché » ou encore Regal.fr, le site « foody » qui regorge d’idées simples, fraîches et gourmandes (pour cuisiner mieux que maman !), vous donneront des idées bon marché.


Certaines applications permettent à des commerçants de proposer leurs invendus encore propres à la consommation – souvent des fruits et légumes bien mûrs ou ayant un petit défaut, « moches, mais encore bons » – entre -50 et -80 % du prix initial. C’est le cas de Graapz.com, qui vend un panier de trois kilos pour 6 euros (ou 20 euros par mois pour un panier par semaine), Optimiam.com, Zero-gachis.com... L’application TooGoodToGo.fr 
(« Trop bon pour être jeté ») recense les adresses de restaurateurs qui revendent leurs excédents du jour pour quelques euros. Les hôteliers s’y sont mis aussi, et certains offrent à des prix très attractifs les restes périssables de leur buffet du petit déjeuner (viennoiseries...).


« Afin de profiter pleinement de ces applications, mieux vaut habiter une grande ville car il y a plus de choix, note Marc Mazière, fondateur de Radinmalinblog.com. Pour les paniers, il faut accepter de consommer des aliments que l’on n’a pas choisis. J’ai ainsi dépensé 5 euros pour un panier d’invendus de saison avec une forte proportion de betteraves, et je n’aime pas du tout les betteraves. J’ai regretté de ne pas avoir acheté un kebab, pour le même prix ! »

Ultime recours pour les étudiants en grande précarité, le réseau Agoraé permet d’acheter des produits alimentaires entre 10 et 20 % de leur prix de vente via ses seize épiceries solidaires installées à proximité des campus.

« L’étudiant doit pouvoir justifier d’un reste à vivre inférieur à 7,50 ou 8 euros par mois, une fois toutes les dépenses incontournables, dont la nourriture, effectuées. Il se voit attribuer un crédit de 18 euros par mois, soit l’équivalent de 180 à 200 euros, à dépenser dans la boutique solidaire. Ce montant varie selon les villes, mais il permet de faire le plein toutes les semaines », explique Alix de Faucal, responsable de l’Agoraé Paris.

Lancée il y a deux ans, la boutique solidaire Paris Diderot accueille près d’une centaine d’étudiants. Une seconde s’apprête à ouvrir sur le campus Clignancourt, à Paris.

COMMUNIQUER

La téléphonie mobile reste l’un des gros postes de dépense pour les étudiants. Mais « est-il vraiment indispensable de changer de mobile tous les ans ? s’interroge Marc Mazière, qui préconise tout simplement de conserver son portable plus longtemps. Cela permet aussi de réduire le montant des forfaits car, ce qui fait grimper la facture, c’est le téléphone ».

Pas d’argent pour acheter la suite bureautique Microsoft au prix fort ? Outre les logiciels de traitement de texte en open source – donc gratuits –, il est possible de n’acheter qu’un « pied de licence » : « Vous recevez une « clé » accompagnée d’un lien permettant de télécharger la suite sur le site Microsoft. C’est tout à fait légal et coûte moins de 7 euros », explique Marc Mazière, qui détaille la marche à suivre sur son blog, Radinmalinblog.com.

SE CULTIVER

La plupart des musées nationaux et les monuments d’État sont gratuits pour les moins de 26 ans. La Carte Jeunes Européenne, arrivée en France en 2016, offre de nombreuses réductions aux 12-30 ans. Valable un an, elle coûte 10 euros. Pour ce même montant, les moins de 28 ans peuvent se rendre aux avant-premières de l’Opéra de Paris. Certaines régions ou communes facilitent l’accès à la culture de leurs jeunes en proposant des réductions sur des spectacles, festivals, activités (e-Pass Jeunes en région Sud-Provence-Alpes-Côte d’Azur, Carte Jeunes à Bordeaux...).

Nouveau : lancé par le gouvernement, le Pass Culture est une application mobile destinée à tous les jeunes de 18 ans. Créditée de 500 euros, elle permettra d’acheter des places de cinéma, concert, théâtre, des abonnements à la presse... Testée dès cette rentrée par plusieurs milliers de jeunes, elle devrait être généralisée au premier semestre 2019.

FAIRE DU SPORT

Les salles de sport se sont lancées sur le créneau du low cost pour attirer les jeunes. C’est le cas de Neoness, Keep Cool ou Fitness Park. Neoness offre ainsi des formules « heures creuses » à partir de 10 euros par mois (cours du matin et de l’après-midi en semaine). Encore moins chères, les applications de running comme Runtastic ou Runkeeper, dont les versions de base sont gratuites. Téléchargeables sur votre mobile, elles mesurent vos performances (temps, distance parcourue...) et proposent des parcours de course à pied.