Réforme de la voie professionnelle : ce que prévoit le gouvernement

Réforme de la voie professionnelle : ce que prévoit le gouvernement
Le ministre de l’Education nationale a présenté une série de mesures pour réformer la voie professionnelle. - © monkeybusinessimages

Création de campus d’excellence, formations répondant mieux aux besoins économiques, bac pro plus progressif… Le ministre de l’Education nationale, Jean-Michel Blanquer, a présenté une série de mesures pour réformer la voie professionnelle.

Rendre la voie professionnelle plus attractive et plus efficace, c’est l’objectif de la réforme présentée lundi 28 mai par le ministre de l’Education nationale, Jean-Michel Blanquer. Aujourd’hui, un lycéen sur trois est scolarisé dans un lycée professionnel. Cela représente 665 000 élèves qui y préparent un bac pro (538 000), un CAP (115 000) ou une mention complémentaire (formation d’un an après le bac pro ou le CAP).

Problème, 51 % des titulaires d’un CAP et 34 % des bacheliers professionnels sont au chômage sept mois après l’obtention de leur diplôme. D’où la volonté du gouvernement de rénover la voie professionnelle afin de mieux l’adapter aux besoins des entreprises. Une réforme d’autant plus nécessaire que 300 000 emplois ne sont pas pourvus en France faute de jeunes formés pour les occuper. « S’il y avait des formations plus insérantes pour nos élèves, ces offres trouveraient preneurs », a déclaré à la presse Jean-Michel Blanquer.

Créer des campus d’excellence

La réforme, qui s’inspire d’un rapport de la députée LREM Céline Calvez et du chef étoilé Régis Marcon, s’appuie sur trois leviers. Premier axe : la création de campus « nouvelle génération » sur tout le territoire à l’image de l’Aérocampus Aquitaine, situé près de Bordeaux, qui prépare à des bacs pros et des BTS d’aéronautique.

Consacré à un secteur d’activités d’avenir, chaque campus regroupera un internat, des lycées professionnels, des centres de formation d’apprentis (CFA), des établissements d’enseignement supérieur, des organismes de formation continue, des incubateurs et pépinières d’entreprises ainsi que des infrastructures culturelles et sportives.

Un appel à projet doté de 50 millions d’euros dans le cadre du Programme d’investissement d’avenir sera lancé cet été. Le ministère de l’Education se fixe pour objectif de « faire émerger au moins 3 campus par région à l’horizon 2022 ».

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Des formations plus en phase avec le marché du travail

Le second chantier de la réforme consiste à transformer les formations qui insèrent le moins et développer celles qui ont de l’avenir comme les services à la personne, les métiers de la mer ou les transports électriques. L’éducation nationale va proposer aux régions de mener tout au long de l’année 2018-2019 un travail étroit pour réviser la carte des formations afin de les adapter à la réalité économique de chaque territoire.

Un bac professionnel plus progressif

Enfin, le parcours des élèves au lycée pro sera revu. Dès la rentrée 2018, les élèves de seconde passeront un test de positionnement en langue française et mathématique. A la rentrée 2019, la classe de seconde sera organisée en « familles de métiers » (métiers de bouche, bâtiments et travaux publics, etc.) et non plus en filières très spécialisées. L’élève choisira sa spécialité à la fin de l’année en vue de son passage en première.

En terminale, le jeune choisira entre deux modules :

  • le premier destiné à faciliter son insertion professionnelle tout de suite après le bac (apprendre à rédiger un CV, une lettre de motivation, à passer un entretien d’embauche) ;
  • le second destiné à la poursuite d’études après le bac (préparation aux attentes de l’enseignement supérieur).

Sur ces années de première et terminale, l’élève devra réaliser « un chef d’œuvre », un projet qu’il devra présenter en fin de terminale.

Un CAP obtenu en un, deux ou trois ans

Enfin, en fonction des profils et des besoins de l’élève, le CAP pourra être préparé en un an, deux ou trois ans. Des jeunes issus de première ou terminale pourront acquérir un CAP en un, des jeunes sortant de troisième en deux ans tandis que le CAP en trois ans sera proposé aux élèves aux besoins particuliers (issus des classes adaptées Segpa ou Ulis).

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