Réagir face au harcèlement scolaire

Réagir face au harcèlement scolaire
Un enfant harcelé préfère souvent taire sa souffrance. - © Roman Bodnarchuk

Un enfant sur dix est victime de cette tyrannie exercée par d’autres enfants, le plus souvent au collège, selon l’Unicef. Conseils aux parents pour savoir à qui s’adresser et comment se comporter pour que cela cesse, sans risquer d’aggraver la situation.

La quatrième et la troisième sont les classes les plus critiques, car le harcèlement se nourrit des fragilités qui se font jour à la puberté. Explicable par certains changements physiques et émotionnels, le manque de confiance en soi rend le harcelé vulnérable. Il motive aussi le harceleur, à qui la victime sert de faire-valoir.

Caractériser le harcèlement

À partir de quand considérer que des comportements malveillants constituent un harcèlement ? L’Éducation nationale le définit par trois constantes :

  • la violence avec domination d’un ou plusieurs élèves sur un autre,
  • la répétition de ces violences,
  • l’isolement de la victime qui ne peut se défendre.

Si votre enfant est harcelé, il faut parvenir à en parler avec lui, afin de libérer sa parole, première étape vers une reprise en main de la situation. Renseignez-vous précisément sur les faits : où ? quand ? comment ? qui ? Noter ces informations vous sera utile pour étayer votre propos lors de votre rendez-vous avec la direction de l’établissement.

Informer l’établissement scolaire

Faites-le au plus vite. En général, la réaction de l’établissement ne se fait pas attendre, sa responsabilité pouvant être engagée.
 Le tribunal administratif de Versailles a 
par exemple condamné l’État le 26 janvier 2017, du fait des fautes des personnels éducatifs dans l’affaire Marion Fraisse, collégienne de 13 ans, harcelée, qui s’est suicidée en 2013.

« On contactera d’abord la direction de l’école ou le conseiller principal d’éducation du collège ou du lycée, afin de demander un entretien. Parallèlement, tisser des liens avec un autre référent scolaire (psychologue, infirmier...) est vivement conseillé, explique Valérie Salet, chargée de mission Rencontres parents-école auprès de l’Association des parents d’élèves de l’enseignement libre (APEL). Il est important de parler de toutes ces démarches avec son enfant, afin de le rendre acteur et de le rassurer sur leur confidentialité. »

Armer l’enfant pour qu’il se défende


Une consultation chez un psychologue ou
 dans un centre spécialisé peut débloquer la situation. L’objectif est de faire exprimer sa souffrance à l’enfant, puis de lui donner des outils pour qu’il sache repérer 
les harceleurs, les éviter et, si besoin, réagir face à eux. Compter trois à quatre séances 
à un tarif compris entre 50 et 80 euros chacune, malheureusement non remboursées par la Sécurité sociale. Seules quelques complémentaires santé les prennent en charge.

Changer d’établissement

Cette mesure semble parfois être l’ultime recours.

« Après plusieurs mois de harcèlement et des tentatives infructueuses de la direction pour faire entendre raison aux harceleurs, ma fille a demandé à changer de lycée, raconte la mère de Maya, 17 ans. Le CPE nous a soutenues. Il m’a demandé de rédiger une lettre pour le rectorat, qu’il a transmise lui-même. Dans cette lettre, j’ai insisté sur les troubles psychologiques de
 ma fille consécutifs à ce harcèlement. La demande a été acceptée, et Maya a pu faire sa rentrée dans un autre lycée. Malgré des trajets quotidiens plus longs, elle est soulagée. »

S’il a fonctionné dans ce cas, le changement d’établissement n’est pas toujours la solution miracle. Il peut même aggraver la situation en la répétant : le statut de « nouveau » expose l’ex-victime, encore fragile, à un groupe déjà constitué. Du pain béni pour les harceleurs, dotés d’un sixième sens pour détecter les failles chez autrui.

Parents et victimes peuvent trouver conseils et écoute...

  • sur le site gouvernemental nonauharcelement.education.gouv.fr
 ou par téléphone au 3020 (gratuit, lundi - vendredi de 9 h à 20 h, samedi de 9 h à 18 h, sauf les jours fériés)
  • auprès des psychologues et des juristes spécialisés de l’APEL : 01 44 93 30 71 (lundi, mardi, jeudi, vendredi, de 10 h à 12 h et de 14 h à 16 h) 
Et aussi sur Dossier familial