Quelle vie pour les enfants asthmatiques ?

Quelle vie pour les enfants asthmatiques ?

Il n'y a pas de 'recettes' toutes faites pour faciliter la vie des enfants asthmatiques. Chacun doit bénéficier d'une prise en charge 'à la carte'.

Aujourd'hui encore, en France, l'asthme est sous-diagnostiqué et insuffisamment traité : un enfant asthmatique sur deux n'est pas reconnu et traité comme tel.

Pourtant, avec une prise en charge complète et précoce, 99,9 % de ces enfants pourraient mener une vie normale, éviter la survenue de crises graves et préserver leur capacité respiratoire.

Il importe de cerner les facteurs déclenchant la crise pour la prévenir au mieux. Les crises fréquentes (plusieurs fois par semaine) nécessitent un traitement de fond préventif, pris tous les jours, qui diminue la sensibilité des bronches.

D'autres crises sont plus espacées (plusieurs fois par an) et cèdent avec le traitement d'appoint (bronchodilatateur).

À l'école : avertissez l'enseignant

Un enfant devrait ne pas avoir besoin de médicament à l'école, puisque le traitement se prend, le plus souvent, matin et soir. Toutefois, une crise peut se produire, par exemple avant la séance de gymnastique.

La circulaire n° 93-248 du 22 juillet 1993 concernant l'accueil individualisé permet ainsi de déposer à l'école les médicaments et les dispositifs pour les administrer.

Avertissez l'instituteur et le chef d'établissement du handicap de l'enfant. Sensibilisés, ils prendront plus facilement quelques précautions : en classe, ne pas placer l'enfant près d'un radiateur allumé ; ne pas l'envoyer en récréation si sa respiration est sifflante.

À la cantine, l'enfant peut manger normalement s'il ne souffre pas d'allergie alimentaire.

L'activité physique : pas de contre-indication

La plupart du temps, le sport n'est pas déconseillé (sauf la plongée avec bouteille). Le traitement de fond gomme la gêne occasionnée par l'exercice.

Dans de rares cas, malgré le traitement, l'enfant peut avoir des difficultés lors de la course à pied en hiver. L'échauffement est alors fondamental pour minimiser le risque de crise. Des bronchodilatateurs, pris avant la séance, évitent de toute façon la crise.

L'asthme est difficile à diagnostiquer

Une fois sur deux, l'asthme de l'enfant n'est pas diagnostiqué. On le soigne pour une bronchite, une bronchiolite.

Trois symptômes permettent de déceler l'asthme : une toux fréquente, plutôt la nuit, ou bien une respiration sifflante, ou un essoufflement après un fou rire, un jeu ou un effort.

Ces signes sont la conséquence d'un passage difficile de l'air, dû à un rétrécissement des bronches.

L'éducation chez le médecin

Le jeune patient asthmatique doit être non seulement informé sur sa maladie, mais aussi correctement formé aux techniques qui lui facilitent la vie : utilisation des différents traitements par inhalation, mesure de son souffle à l'aide d'un débitmètre, acquisition des mouvements respiratoires de relaxation qui aident à contrôler les crises.

"Il est probablement aussi difficile d'apprendre à maîtriser un inhalateur que d'apprendre à faire du vélo", insiste le Dr Bidat. Il faut donc montrer à l'enfant comment faire, puis le soutenir et le lâcher progressivement.

Dans ce domaine, les brochures et l'exemple sont insuffisants. On n'apprend pas à faire du vélo en lisant un manuel ou en regardant l'autre. Il faut agir par soi-même.

À l'hôpital ou dans le privé, il existe des "Écoles de l'asthme", où des séances éducatives sont mises en place. Au début, quelques séances sont nécessaires, et, une fois les comportements acquis, il suffit de venir en "recyclage" une fois par an, pour tenir compte de l'évolution de l'asthme.

Colonies, classes vertes : ne le privez pas

S'il est impossible d'envoyer en stage de poney ou à la ferme un enfant allergique aux poils d'animaux, il n'y a pas de raison de l'empêcher d'avoir les mêmes sorties que ses amis.

Un simple coup de fil ou une lettre au service médical sur place permet aux parents d'expliquer les besoins et les modalités de traitement de leur enfant. Quelques précautions simples l'aideront à passer un séjour sans anicroche.

Par exemple, si l'enfant est allergique aux acariens, on peut lui confier une housse anti-acariens pour la literie.

Des séjours climatiques (qui durent parfois toute l'année scolaire) sont spécialement réservés aux jeunes atteints d'asthme sévère (ce qui est rare). Le médecin qui suit habituellement l'enfant doit pouvoir vous en indiquer les adresses.

En hiver ou en été, la montagne reste un lieu privilégié à cause de l'absence d'acariens à partir de 1 500 m d'altitude.