Que signifient les cauchemars d'un enfant ?

Que signifient les cauchemars d'un enfant ?

Quelle angoisse de savoir des enfants entre 3 et 6 ans aux prises avec de monstres dans leurs cauchemars, sans pouvoir soi-même intervenir ! Patience, ils en ont besoin pour grandir.

Quatre heures du matin, il fait nuit noire, l'enfant se réveille en sanglotant. Après un gros câlin et quelques paroles rassurantes, il se rendort.

A quoi correspondent ces mauvais rêves, s'interrogent les parents. Subit-il un stress particulier à l'école ou encore à la maison ? Comment l'aider à terrasser ces monstres nocturnes ? Sûrement pas en s'alarmant inutilement. La plupart des spécialistes l'affirment : ils sont indispensables pour bien grandir.

Evacuer ce qui fait peur

"Fais de beaux rêves", disent à leurs bambins tous les parents, car chacun sait qu'un sommeil paisible prédispose au bien-être. On oublie souvent que les rêves, comme les cauchemars, ont une fonction précise. Ils permettent d'évacuer la nuit ce qui fait peur le jour.

Au cours de la phase du sommeil paradoxal, celui des rêves, l'enfant peut faire des cauchemars à partir du moment où il est capable de mettre des mots sur une image. Vers 2 ans et plus fréquemment entre 3 et 6 ans, ces mauvais rêves sont inéluctables.

Cauchemarder pour mieux rêver

Ils seraient même la première forme élaborée du rêve. Autrement dit, il faudrait cauchemarder pour apprendre à bien rêver.

C'est ainsi que l'enfant accède à l'inconscient et au refoulé. Ils sont le signe qu'un petit grandit et prend conscience de son environnement, c'est le début de la socialisation.

De fait, voilà que dragons, sorcières, monstres de tout poil peuplent son imaginaire, ses livres… et ses nuits. Il affectionne les histoires à faire peur, qui elles-mêmes servent d'exutoire à ses angoisses.

L'expression d'un conflit intérieur

Certaines sources de stress sont faciles à repérer - une rentrée scolaire, un déménagement, un conflit familial - quand d'autres s'avèrent moins visibles. L'enfant met aussi en scène ses désirs, ses fantasmes, des sentiments plus ambivalents.

Ainsi, tous les enfants ont des sentiments de haine et d'amour envers leurs proches. Voilà qui a de quoi provoquer un véritable conflit intérieur.

Isabelle était convaincue que sa fille aînée, Claire, 4 ans, accueillait sans ambiguïté sa petite sœur. "Elle était tellement gentille que je n'ai pas soupçonné sa jalousie et encore moins le rapport avec ses nuits agitées de plus en plus nombreuses. C'est mon mari qui lui en a parlé." L'effet a été presque immédiat et aujourd'hui, Claire dort bien.

De cauchemars en terreurs nocturnes

D'où l'importance de dédramatiser ces frayeurs nocturnes, surtout en les faisant s'exprimer par des mots, sans forcément chercher à analyser les moindres instants de la vie quotidienne.

D'autant que de simples cauchemars peuvent, à la longue, se transformer en troubles du sommeil et provoquer des situations capables de mettre en péril l'équilibre familial. Si une frayeur intense peut amener l'enfant à refuser de se recoucher seul et qu'il soit nécessaire de rester près de lui, vous devez le conduire en consultation.

Consulter un spécialiste

Spectaculaires, ces terreurs surviennent en général durant les premières heures de la nuit, pendant la phase de sommeil profond. L'enfant se dresse sur son lit, en larmes, il hurle, son corps se raidit, agité de soubresauts. Il est pourtant endormi et, après quelques minutes, il reprend paisiblement le fil de sa nuit.

Là encore, ces manifestations sont peut-être la seule manière que les enfants ont d'exprimer leur stress, disent les spécialistes. Si ces terreurs persistent, un psychologue saura dénouer les fils inconscients qui mènent à ces troubles du sommeil.