Protéger ses enfants des dangers de l’été

Protéger ses enfants des dangers de l’été

En vacances, les parents se reposent et les enfants jouissent d’une plus grande liberté. Pourtant, des dangers les guettent. Qu’il faut savoir prévenir pour écarter tout risque… et n’engranger que de bons souvenirs.

Mer, montagne ou campagne, le moment est venu de souffler, de se retrouver en famille ou entre amis et de profiter des longues journées estivales.

Au programme, farniente, balades à pied ou à vélo, pique-niques, baignades… On passe sa journée en plein air, on prolonge les soirées dehors comme pour rattraper tous ces longs mois de travail où l’on est resté confiné.

Au soleil, certaines précautions sont à respecter

Pour nombre de familles, ces vacances sont comme une bouffée d’oxygène qui permet de recharger les batteries, de faire le plein de bons souvenirs, d’expériences inédites et de nouveaux horizons. Un objectif pleinement atteint à condition de respecter quelques précautions.

À la plage, du soleil en quantité raisonnable

La peau des enfants est plus sensible aux ultraviolets que celle des adultes. On devrait ne pas les sortir à l’extérieur entre 12 et 16 heures, le moment où le soleil est le plus haut dans le ciel et les ultraviolets les plus nombreux.

Dehors, une protection est indispensable, même à l’ombre du parasol (il reçoit encore 60 % des ultraviolets). L’idéal : un polo de coton à manches longues, un pantalon de toile et une casquette à large visière ou un bob.

Il existe aussi des vêtements taillés dans des tissus anti-UV avec un indice de protection solaire d’au moins 50 (ligne Omni-Shade ® de Columbia, Graine d’éveil, Tribord ® chez Décathlon).

Il faut également protéger leurs yeux, beaucoup plus fragiles et plus "perméables" aux ultraviolets. On peut leur faire porter des lunettes couvrantes, équipées de verres solaires portant la mention CE.

Lors de la baignade, il faut les enduire généreusement de crème solaire avec un indice de protection élevé (lait très haute protection enfant 50+ d’Avène, spray solaire 40 de Klorane) et renouveler l’application toutes les demi-heures.

En voiture, de l’eau à portée de main

Se munir d’une grande bouteille d’eau est essentiel pour toute la famille. Le tout-petit est particulièrement menacé par l’hyperthermie ("coup de chaleur") et par la déshydratation. Aussi, dès lors que la température extérieure atteint 25 °C, il faut lui donner régulièrement des biberons complémentaires d’eau, même s’il ne réclame pas, ou de lait s’il a faim.

Autre conseil : emporter un brumisateur d’eau, qui permettra d’humidifier régulièrement le front, les cheveux et la nuque des enfants. À l’arrêt, on ouvre grandes les portes pour faire circuler l’air, et, bien sûr, on ne laisse jamais un enfant seul dans la voiture, ne serait-ce que quelques minutes.

Même si le véhicule est garé à l’ombre, le soleil tourne et, en cas d’exposition directe, la température peut atteindre 70 °C dans l’habitacle. Les drames de l’été dernier doivent inciter chacun à la vigilance.

Les baignades sous haute vigilance

La noyade reste en France la troisième grande cause de mortalité accidentelle chez l’enfant. Dans les piscines privées, un dispositif de protection est désormais obligatoire. Ce peut être un système d’alerte qui se déclenche si quelqu’un tombe dans l’eau, mais encore faut-il ne pas oublier de l’activer dès que tout le monde est sorti du bassin.

Par prudence, il est conseillé d’installer une barrière ou un grillage d’une hauteur supérieure à 1 m et un portillon (fermé à clé). Les enfants doivent aussi être équipés de brassards tant qu’ils sont près de la piscine. Toutes ces mesures ne dispensent pas de désigner un adulte responsable de la surveillance, car un enfant peut se noyer dans 20 cm d’eau.

À la mer, la même vigilance est nécessaire, tout comme le respect du drapeau de baignade. Prudence aussi lorsque des méduses sont échouées sur la plage : mêmes mortes, elles sont encore urticantes et provoquent de petites brûlures, voire des allergies plus graves !

L’autre danger qui guette les baigneurs est l’hydrocution. "Il faut pénétrer dans l’eau progressivement pour que l’organisme ait le temps de s’adapter à la température de l’eau, en général plus fraîche, insiste le Dr Pascal Cassan, médecin conseiller national de la Croix-Rouge. Sinon, on risque un choc thermique, c’est-à-dire une subite vasoconstriction (contraction des vaisseaux) qui entraîne une perte de connaissance brutale dans l’eau et la mort par noyade si personne n’a pu intervenir."

À table et autour, des précautions à prendre

Respectez la chaîne du froid pour éviter la prolifération des bactéries. Chaque été, des vacanciers sont victimes d’intoxications alimentaires. En cause, des produits à base de crème ou de mayonnaise, ainsi que des aliments (charcuterie, fromage) demeurés hors du réfrigérateur.

Guêpes, abeilles ou frelons ont aussi trop souvent tendance à s’inviter autour de la table. On peut essayer de les détourner en posant à distance un piège simple constitué d’une bouteille en plastique coupée en deux : la partie supérieure positionnée à l’envers, goulot vers le bas, viendra coiffer la partie inférieure remplie d’eau sucrée pour les attirer. Les parents doivent être vigilants lorsque leurs enfants boivent du jus de fruit et mangent leur dessert (pourquoi pas à l’intérieur ?). Ensuite, il faudra veiller à ce qu’ils se lavent soigneusement les mains et le visage pour ne pas constituer une cible potentielle.

Une couverture posée sur l’herbe permet également de se protéger des araignées, chenilles processionnaires urticantes, tiques, aoûtats. Pour éviter l’action de ces derniers, il est nécessaire d’habiller les plus jeunes avec des vêtements longs, puis de vaporiser leurs chaussettes et leur pantalon avec un répulsif spécial tissu (Insect Écran, Tiques et Aoûtats, vendus en pharmacie).

À l’étranger : le dépaysement sans ennuis

Les parents dont les enfants suivent un traitement doivent penser à emporter leurs médicaments dans leurs bagages, en quantité suffisante pour tout le séjour, car on ne les trouve pas partout, avec le même dosage notamment.

Il est prudent de prendre aussi un médicament contre douleur et fièvre (paracétamol), un antidiarrhéique et un antiémétique (contre les vomissements), des solutés de réhydratation pour les plus petits, et éventuellement un antibiotique à large spectre qu’aura prescrit le médecin.

Pour ceux qui partent dans des pays en voie de développement, il est conseillé d’emporter des comprimés spéciaux pour purifier l’eau (hydroclonazone) et un produit antibactérien pour se nettoyer les mains (No-germs, Assanis).

Enfin, gage supplémentaire de sécurité, on évitera de consommer crudités, glaçons, fruits de mer et eau du robinet (exiger de boire de l’eau encapsulée qui sera ouverte par le serveur).

Les pièges du jardin

Plus d’un accident domestique sur quatre a lieu dans le jardin chez les moins de 16 ans. D’où l’intérêt de prendre un certain nombre de précautions. Pour commencer, s’assurer que le jardin est bien clos et le portail fermé à clé. Ensuite, il faut vérifier qu’aucun objet ou produit dangereux (escabeau, outils de jardin, anti-limaces en granulés…) n’est à portée des enfants et que les appareils électriques (tondeuse, taille-haie) sont débranchés et rangés.

Pour les adeptes du barbecue, là encore, méfiance. Chaque année, des enfants sont gravement brûlés à hauteur du visage à proximité du feu, faute de précautions. Première règle : délimiter un périmètre de sécurité interdit aux enfants pendant toute la cuisson et deux heures après pour laisser aux braises le temps de refroidir.

Ensuite, ne jamais poser les allumettes à leur portée ni tenter de rallumer le feu en jetant de l’alcool ou de l’essence sur les braises, au risque de produire un retour de flamme. Et prévoir de l’eau ou du sable à proximité pour tout éteindre en cas d’urgence.

Lorsque le soleil est couché, quelques gouttes d’huiles essentielles de citronnelle, de lavande ou de thym versées sur la nappe, ou des tortillons fumigènes à poser sous la table, feront fuir madame moustique. Ce qui ne dispense pas de protéger les nourrissons par une moustiquaire et d’utiliser des produits répulsifs adaptés aux enfants (Mosy Guard spray, lait anti-moustiques Vendôme, Puressentiel Anti-pique spray ou encore bracelet Para’Kito, répulsif anti-moustiques naturel).

Boire avant d’avoir soif !

Principal constituant du corps humain, l’eau représente 70 % du poids d’un enfant. Comme il n’existe pas de réserve d’eau dans l’organisme, les pertes et les apports doivent s’équilibrer.

Or, en cas de chaleur ou d’exercice physique, les pertes en eau augmentent, par la transpiration et l’accélération du rythme cardiaque notamment. Pascale Modaï, nutritionniste, conseille de "boire avant même d’avoir soif".

En revanche, pas de boissons glacées, qui désaltèrent moins et peuvent provoquer des troubles digestifs comme les diarrhées.

S'informer sur les risques du soleil

  • "Guide des premiers secours à la maison", Pascal Cassan et Caroline Cross, éditions Eyrolles, 10 €.
  • Pour connaître l’index UV de votre ville : www.soleil.info.
  • Si vous partez à l’étranger : www.diplomatie.gouv.fr. Le site du ministère des Affaires étrangères donne, selon les destinations, toutes les vaccinations et conseils en matière de santé : rubrique "Conseils aux voyageurs", dossier "Santé/vaccination".