Préparer son enfant à une hospitalisation

Préparer son enfant à une hospitalisation

L’hospitalisation d’un enfant est vécue avec émotion par les parents. Avant de lui communiquer leur confiance, ils doivent d’abord se rassurer eux-mêmes.

Qu’il soit motivé par une opération, un traitement ou un examen médical, un séjour à l’hôpital est un événement important dans la vie d’un enfant, surtout s’il doit affronter la douleur.

Pour qu’il le vive le mieux possible, ses parents doivent l’y préparer. Lui dire que c’est pour qu’il aille mieux que médecins, infirmières et aides-soignantes se relaieront auprès de lui dans le service hospitalier où il va entrer.

Savoir gérer ses angoisses

Que les parents soient inquiets, c’est normal ! Mais s’ils sont envahis par trop d’angoisse, l’enfant en souffrira. "Pour se rassurer, ils doivent recueillir le maximum d’informations", conseille Catherine, infirmière dans un service de chirurgie pédiatrique.

Poser les bonnes questions

Lors de la consultation d’anesthésie, qui se déroule une semaine avant l’opération, posez donc au spécialiste toutes les questions qui vous préoccupent : comment va se passer l’endormissement ? Pourrai-je retrouver ma fille en salle de réveil ? Quand verrai-je le chirurgien qui l’a opérée ? Pourrai-je rester dormir ? Que dire à ses frères et à ses sœurs ?

Si l’hospitalisation dure longtemps, renseignez-vous sur la vie du service : une institutrice, une éducatrice de jeunes enfants, des musiciens ou des clowns interviennent-ils auprès des enfants ? Y a-t-il une salle de jeux ?

Les enfants et la douleur

Interrogez également le médecin sur le traitement de la douleur. On sait l’évaluer chez un enfant, ce qui permet d’administrer les médicaments adaptés. "À partir de 5-6 ans, on lui demandera parfois de mettre son doigt sur une réglette aussi haut que sa douleur est grande", précise Françoise Galland, présidente de Sparadrap, une association pour les enfants malades ou hospitalisés.

"Pendant les soins et les examens, le soignant veillera aussi à ce que l’enfant n’ait pas mal, ajoute Catherine. Il appliquera une crème anesthésiante sur sa peau une heure avant de lui faire la piqûre ou la prise de sang. Pour une ponction lombaire ou des points de suture, il lui fera respirer un mélange gazeux, nommé "Proto" ou "Méopa", dans un masque."

Découvrir l’hôpital

Après cette consultation d’anesthésie, il serait utile de se rendre dans le service de chirurgie pédiatrique pour que votre enfant découvre une chambre d’hôpital et la salle de jeux, par exemple. Cette visite est parfois programmée. Sinon, demandez-la. Si, de retour chez vous, vous n’avez pas tout compris, n’hésitez pas à joindre par téléphone le service où il sera soigné.

Eviter de mentir

En attendant le jour J, il faudra lui parler de sa future hospitalisation. S’il vous questionne, répondez-lui en lui rappelant le discours du médecin. Évitez le mensonge, même s’il paraît rassurant. Dites plutôt : "Au réveil tu auras certainement mal, mais l’infirmière te donnera des médicaments."

Si vous avez l’habitude de lire ensemble des histoires, vous pouvez consulter avec lui les fascicules publiés par Sparadrap ou des livres de la littérature enfantine traitant du sujet.

Rassurer l'enfant

Si l’enfant ne pose pas de questions, attendez la veille pour évoquer son hospitalisation. Il n’a pas la même notion du temps que vous et aborder ce sujet trop tôt augmenterait son inquiétude. Vous pouvez lui rappeler la nature de l’opération : "Tu es trop souvent malade, le médecin a dit qu’il fallait t’enlever les végétations. Demain, tu entres à l’hôpital pour te faire opérer." Et lui présenter le déroulement de la journée : "Je vais t’accompagner et je resterai auprès de toi. On fera tout pour que tu n’aies pas mal. À un moment donné, il faudra se séparer pour que les médecins te soignent."

"Les enfants hospitalisés, y compris les plus petits, souffrent principalement de la douleur et de la séparation avec leurs parents, explique Françoise Galland. Sur ces deux points, ils ont besoin d’être rassurés."

Bien dormir est essentiel

"Si l’hospitalisation s’étend sur plusieurs jours, voire semaines, il est essentiel que les parents restent en forme", ajoute la psychologue Marie-Odile Rucine. Vous envisagez de vous priver de sommeil pour veiller sur votre enfant jour et nuit ? Ce n’est pas une bonne idée. Il est préférable que vous vous accordiez de bonnes nuits. Vous lui présenterez un visage reposé et serez plus à son écoute.

Une expérience positive

Ne soyez pas surpris si votre petit fait preuve de plus de séduction envers les soignants qu'avec vous. Cette attitude peut déconcerter le père et la mère, et pourtant ils ne sont pas en cause. En fait, la séduction utilisée par l'enfant devant des inconnus est un moyen de défense.

"Lorsque l’hospitalisation a été bien préparée, elle est mieux vécue et constitue pour l’enfant une expérience positive, conclut Françoise Galland. Après avoir surmonté des moments difficiles, le voilà tout d’un coup grandi."

Que glisser dans sa valise ?

L’hôpital transmet généralement une liste des affaires à emporter : vêtements pour la nuit et la journée, dentifrice, brosse à dents, doudou, carnet de santé. Pour un séjour de courte durée, il est inutile de remplir la valise de peluches et de jouets : l’enfant est capable de se créer un nouvel univers avec très peu d’éléments.

En revanche, pour un séjour plus long, il peut apporter une photo de son animal favori ou de ses frères et sœurs, et de quoi s’occuper, surtout s’il n’y a pas de salle de jeux.

Mieux l’informer

L’association Sparadrap diffuse des livrets pour les enfants et leurs familles dans les services pédiatriques ("Je vais à l’hôpital" ou "Aïe ! j’ai mal…", par exemple). Ils sont aussi disponibles auprès de l’association, au prix de 4 € chacun.

Sparadrap, 48 rue de la Plaine, 75020 Paris.

Tél. : 01 43 48 11 80.

Web : www.sparadrap.org.