Pratiquer sa passion au collège

Pratiquer sa passion au collège

Sport, danse, musique, langues… peuvent faire l’objet d’un enseignement renforcé dès la sixième. Ces cursus spécifiques sont très prisés. Comment y accéder ? Quels sont leurs critères de sélection ?

Si votre enfant aime pratiquer un sport, un instrument de musique, la danse ou les langues étrangères, il peut opter pour une filière scolaire adaptée lors de l’entrée en sixième. Et ainsi mener de front sa passion et ses études.

Musique et danse dans 130 collèges

Implantées dans les collèges, les classes à horaires aménagés musicales (Cham) concernent tous les niveaux, de la sixième à la troisième. De la même façon, il existe des classes à horaires aménagés en danse (Chad). Aujourd’hui, 130 collèges proposent ces cursus sélectifs.

Une capacité de travail importante

Pour y être admis, il faut avoir acquis un niveau satisfaisant dans sa pratique artistique au sein d’un conservatoire de musique ou de danse. Un test d’évaluation est organisé en avril ou en mai pour l’entrée dans ces classes. La qualité du dossier scolaire de l’enfant compte également.

« Ce type de structure est adapté aux bons élèves, dotés d’une capacité de travail importante », estime Martine Leroy, principale du collège Jean-Moulin à Perpignan (Pyrénées-Orientales).

Deux après-midi par semaine au conservatoire

Les élèves bénéficient d’un emploi du temps aménagé librement par chaque collège. « Ils passent deux après-midi par semaine au conservatoire régional de musique de la ville pour y suivre gratuitement leur formation musicale. En contrepartie, leur programme est allégé en sport et en technologie », explique Martine Leroy.

Après la troisième, les élèves désireux de poursuivre leur cursus artistique peuvent intégrer une classe de seconde, option musique ou danse.

Aussi à l’école élémentaire

Soixante-dix écoles ont ouvert des classes à horaires aménagés musicales (Cham) dès le CE1 ou en danse (Chad) à partir du CE2. Elles sélectionnent les enfants sur les mêmes critères que ceux du collège. « Nos élèves passent une journée au conservatoire pour la pratique instrumentale, celle du chant choral et la formation musicale », explique Daniel Camus, directeur de l’école Jard à Reims (Marne).

Une cinquantaine de disciplines sportives

La pratique intensive d’un sport est également possible dans l’enseignement secondaire. Près de 210 sections sportives scolaires accueillent 42 000 élèves dans une cinquantaine de disciplines.

Leur objectif est de permettre aux jeunes de progresser en football, en VTT, en natation…, tout en leur offrant une scolarité normale. Cette activité s’ajoute aux autres enseignements selon un volume horaire décidé par chaque établissement.

« Nos collégiens s’entraînent au handball six heures par semaine sur plusieurs séances, détaille Frédéric Blum, responsable de la section au collège Berlioz à Colmar (Haut-Rhin). Ils participent aussi aux championnats organisés par l’Union nationale du sport scolaire (UNSS) le mercredi après-midi. »

16 candidats sur 32 admis

Les sections sportives sont souvent réservées aux élèves dotés d’un bon niveau scolaire, appartenant à un club sportif et réussissant les tests définis par la fédération sportive concernée et l’établissement scolaire.

« Pour l’année 2007-2008, 16 candidats sur 32 ont été admis en sixième dans notre filière ski », signale Stéphanie Vincendet, professeur d’EPS au collège de Modane (Savoie).

Mais toutes les structures ne sont pas sélectives. Par exemple, la section judo du collège Gérard-Philipe à Soissons (Aisne) s’adresse aux élèves peu intéressés par les études et qui pourraient se réconcilier avec elles grâce au sport.

Après la troisième ?

Ceux qui veulent poursuivre leur activité au lycée s’orienteront vers une section sportive - mais il y en a beaucoup moins qu’au collège, une quarantaine seulement - ou choisiront l’option sport en seconde.

Les plus brillants, repérés par les responsables locaux des différentes fédérations sportives nationales, pourront rejoindre une filière de haut niveau, comme le “pôle Espoir”, où ils combineront la préparation du bac dans un lycée avec des entraînements quotidiens, dans le but de devenir sportifs professionnels.

Langues, les sections européennes ou orientales

Les élèves motivés par l’apprentissage renforcé d’une langue étrangère peuvent intégrer une section européenne ou une section orientale dès la classe de quatrième (exceptionnellement, en sixième), qu’ils pourront suivre jusqu’en terminale.

Au programme

Un volume horaire plus important en langue étrangère et une autre matière dispensée dans cette même langue. Le choix des langues est librement déterminé par chaque établissement. Par exemple, le lycée Robert-Schumann de Metz (Moselle) propose une heure et demie d’anglais supplémentaire et une heure d’histoire-géographie dans cette langue.

Ces sections réunissent moins de 193 000 élèves, soit 3,4 % des effectifs : 63 % choisissent l’anglais, 17 % l’allemand, 14 % l’espagnol, 5 % l’italien, 1 % le russe et les langues orientales. Leurs capacités d’accueil étant limitées, elles admettent prioritairement les meilleurs élèves.

La scolarité est sanctionnée par une mention “section européenne” ou “section de langue orientale” sur le diplôme du bac, à condition que le lycéen ait obtenu en langue au moins 12 sur 20 à l’écrit et 10 sur 20 à l’oral spécifique à cette section.

Contacts

– L’inspection académique : pour se procurer la liste des établissements possédant une section spécialisée et déposer son dossier d’inscription dès avril.

– Centre d’information et d’orientation (CIO) : adresse du CIO le plus proche