Pour ou contre les devoirs de vacances ?

Pour ou contre les devoirs de vacances ?

Chaque année le scénario se répète au début des vacances : les parents achètent des cahiers de devoirs que les enfants boudent. Ont-ils raison ? La réponse d'Etty Buzin, psychothérapeute.

En tant que psychothérapeute, Etty Buzin met les parents en garde contre la pression que la société fait subir aux enfants. Elle répond à nos questions.

Les cahiers de vacances ont pour ambition que nos enfants n'oublient pas l'été ce qu'ils ont appris pendant l'année. Pensez-vous qu'ils remplissent ce rôle ?

En tant que praticienne et mère, il me semble que les enfants ont besoin d'une coupure par rapport aux apprentissages.

Cependant, il me paraît souhaitable de leur faire revoir quelques éléments du programme un mois plus tard ou quinze jours avant la rentrée. Cela leur permet de retrouver des automatismes, de se réengager dans la réflexion, de tendre vers ce qui les attend. La rentrée demande une petite remise en condition.

Les devoirs de vacances peuvent-ils combler les lacunes apparues en cours d'année ?

Je n'ai pas ce sentiment. Pour entretenir l'intérêt d'un enfant et stimuler son raisonnement, il y a d'autres moyens : le jeu ou la découverte de la nature.

Les cahiers de vacances rassurent les parents, heureusement que les enfants résistent. Cette demi-heure de travail quotidien peut devenir une épreuve pour tout le monde. Les cahiers sont assimilés aux devoirs du soir, le parent se retrouve dans le même rôle.

Quand mes enfants étaient petits je suis passée du cahier de vacances au livre de vacances. Un livre où ils inscrivaient leurs souvenirs. Nous y rajoutions quelques observations de sciences naturelles, des informations sur un sujet particulier que nous allions chercher dans des livres.

Le but est de susciter la réflexion, pas d'accumuler les performances. Et de nouvelles approches permettent de dévérouiller des blocages.

Faut-il les laisser travailler seuls ou être près d'eux ?

Tout dépend du degré d'autonomie de l'enfant.

La proximité a l'avantage d'ancrer l'apprentissage dans l'affectif.

Si les parents ont le temps, c'est plus agréable, mais être à côté ne veut pas dire faire avec.