Pour en finir avec les poux

Pour en finir avec les poux

À l'automne, les poux débarquent dans les cours d'école. Voici quelques méthodes efficaces pour s'en débarrasser sans danger.

Chaque année, les plaintes sur le retour des poux animent les conversations lors de la sortie des classes. Les mamans cherchent de nouvelles astuces pour venir à bout des petites bestioles qui semblent résister à tous les traitements.

C'est que les produits les plus courants utilisés contre les poux se révèlent moins efficaces qu'il y a dix ans. La multiplication des traitements a entraîné une évolution génétique du parasite. Résultat, les produits ne sont directement efficaces que dans un cas sur deux ! Face à cette épidémie bénigne mais très contagieuse, qui touche surtout les enfants de 6 à 8 ans, le Conseil supérieur d'hygiène publique rappelle la conduite à tenir.

Démangeaisons suspectes

La première étape consiste à bien repérer l'infection. Les poux mesurent 2 à 3 mm et se déplacent rapidement, ce qui les rend difficiles à déceler. À jeun, ils sont transparents. Bien nourris, ils deviennent gris. Leur présence se signale d'abord par des démangeaisons derrière les oreilles, au niveau des tempes et sur la nuque, puis par l'apparition de lentes accrochées aux cheveux.

Vivantes, elles sont de couleur brune et brillent. Après l'éclosion des œufs, leur coque vide prend une couleur blanchâtre. On dirait des pellicules, à ceci près qu'elles demeurent accrochées au cheveu et ne partent pas au brossage…

Des produits efficaces mais nocifs

Après la découverte des poux, le traitement implique souvent l'emploi de produits antiparasitaires, à base de malathion et de perméthrine (Altopou, Para Spécial Poux, Prioderm, Para Plus).

Ils contiennent des agents nocifs qui provoquent parfois des irritations du cuir chevelu, c'est pourquoi il convient de suivre pas à pas les recommandations figurant sur la notice d'emploi. "Dépasser les doses ne favorisera pas la disparition des poux", prévient le Pr Olivier Chosidow, dermatologue à l'hôpital Tenon, à Paris.

Si votre enfant souffre d'asthme, il est conseillé de recourir à des lotions ou des crèmes plutôt qu'aux sprays.

En cas de récidive

Un premier contrôle s'impose deux jours après le début des soins. S'il reste des poux, changez de produit et recommencez le traitement sans attendre. Si de nouveaux poux apparaissent au bout de douze jours, ils proviennent de l'éclosion des œufs. En conséquence il faut traiter de nouveau avec le même médicament.

Autre solution : l'usage d'un peigne fin spécial. Il convient en particulier aux femmes enceintes et aux enfants allergiques. On procède mèche par mèche sur des cheveux humides enduits d'un baume démêlant. L'opération est à renouveler tous les jours pendant deux semaines. Attention au choix du peigne : il doit être très fin, ultraplat et à pointes biseautées (type Bug Buster ou Licemeister).

Des alternatives "naturelles"

De nouveaux traitements à base d'huiles essentielles arrivent sur le marché. Ils sont principalement à base d'huile de coco, d'anis, de ricin, ou d'huiles essentielles : amande douce, clou de girofle, romarin, citronnelle… Leur principe : ils obstruent les orifices respiratoires du pou, qui s'endort et étouffe.

Dans tous les cas, ne croyez pas les noyer en prenant un bain : au contact de l'eau, ils ferment simplement les orifices qui leur permettent de respirer ; en revanche, ils s'asphyxient au contact de corps gras.

Traiter toute la famille

Quelle que soit la méthode utilisée, le traitement de l'enfant contaminé ne suffit pas. Il faut aussi éviter la propagation de l'infection à son entourage ! Le bon réflexe : rechercher la présence de poux et de lentes chez toutes les personnes habitant à la maison.

Il convient aussi de laver à 60 °C les vêtements et objets qui ont été en contact avec la tête (bonnets, écharpes, doudou, peluches). Ceux qui ne peuvent pas être nettoyés dans l'immédiat seront mis à l'écart dans un sac plastique pendant trois jours, ou glissés au congélateur durant une nuit, le temps nécessaire aux poux pour mourir de faim ou de froid.

Prévenir l'école

Dernier conseil : prévenez l'institutrice de la présence de poux sur la tête de votre bambin afin qu'elle alerte les autres parents. Car même si cette infection ne présente aucune gravité, elle ne disparaîtra pas spontanément !

Enfin, sachez que le pou ne "saute" pas de tête en tête, mais se promène en s'agrippant aux cheveux, au peigne ou à l'oreiller grâce à ses puissantes pinces qui se trouvent au bout de chacune de ses six pattes. Ce parasite ne se transmet pas de l'animal à l'homme.