Parrainer un enfant

Parrainer un enfant
Le parrainage international permet à un enfant d’un pays défavorisé de mener une vie plus facile. - © wundervisuals

À l’heure où le modèle familial évolue, le parrainage est une formidable preuve quil ny a besoin que d’amour pour créer une famille de cœur.

Vous songez à vous lancer dans le parrainage ? Attention, vous pourriez en ressortir changé ! L’aventure a réservé de belles surprises à Gérard, parrain d’un garçon vivant près de chez lui, ainsi qu’à sa famille. « Nous n’attendions rien en retour, nous voulions simplement aider un enfant placé en foyer. Mais, très vite, nous avons ressenti combien il était bon d’aider et de recevoir tendresse, affection et reconnaissance. » Selon que vous préférez donner de l’argent ou de votre temps, votre choix se portera sur le parrainage international ou le parrainage de proximité. Deux formules qui demandent un engagement différent, mais dont la motivation est identique : accompagner un enfant pour l’aider à grandir et à se développer.

Aider un enfant du bout du monde

Le parrainage international permet à un enfant d’un pays défavorisé de mener une vie plus facile. En contrepartie du versement d’une somme d’environ 25 à 30 € par mois à l’association (dont 66 % sont déductibles des impôts), vous vous engagez à soutenir un enfant dans la durée : le parrainage s’achève à la majorité de l’enfant ou à la fin du programme de développement (quinze ans, généralement). Pour autant, vous êtes libre de cesser les versements à tout moment. Certaines personnes n’hésitent pas à demander à parrainer un enfant du même âge que le leur, qui parle une langue qu’ils maîtrisent ou qui vit dans un pays avec lequel ils ont des attaches.

Une fois le parrainage mis en place, débute une relation épistolaire avec votre filleul. L’association s’engage à ce qu’il vous écrive deux à trois lettres par an. Les enfants sont souvent épaulés par des bénévoles pour rédiger leurs courriers. Malgré cela, la qualité de la correspondance est aléatoire et peut être source de déception. Élodie, qui parraine une petite Péruvienne, a cessé les correspondances, tout en maintenant ses dons : « J’avais l’impression de recevoir des lettres types, les informations étaient succinctes et répétitives. Pourtant, je sais que mon geste est utile. »

Certains parrains éprouvent le besoin d’aller sur place pour renforcer le lien. Céline a fait le voyage jusqu’au Vietnam pour rencontrer Thi Cha, sa filleule depuis près de deux ans. « C’était très émouvant de faire sa connaissance. J’ai mieux compris sa situation. Elle fait partie de la minorité ethnique des Hmong, un peuple qui vit dans les montagnes, et elle ne parlait pas le vietnamien. Grâce au parrainage, elle va à l’école et apprend à le parler et à l’écrire. »

Soutenir des actions sur le terrain

Comment choisir parmi les nombreuses associations existantes ? Outre sa taille et le nombre de pays dans lesquels elle intervient, vous pourrez faire votre choix en fonction des actions dans lesquelles l’organisation est engagée : accès aux soins, à l’eau, à une nutrition correcte, à l’éducation, protection contre toute forme d’exploitation ou de violence... N’hésitez pas à poser des questions, comme celle de la destination de l’argent que vous versez : reviendra-t-il à l’enfant et à sa famille ou financera-t-il le projet de toute une communauté ? Pour Yvan Savy, directeur de Plan international France, « l’impact est plus fort et plus pérenne quand l’argent profite à toute une communauté. Il est, à mon sens, plus important de trouver des solutions sanitaires pour tout un village, plutôt que d’installer un W.-C. dans le logement d’une seule famille ».

Marlène Sigonney, responsable de la communication à Vision du monde, renchérit : « À la fin d’un programme, quand nous nous retirons, la communauté doit pouvoir prendre en charge les enfants avec un accès à l’eau, une autonomie alimentaire, des écoles construites, des professeurs formés... » Quelle que soit l’association que vous aurez choisie, vous aurez une relation particulière et individuelle avec votre filleul. « Le lien avec l’enfant est très important pour incarner le don. Les parrains souhaitent du concret, du réel, de l’humain », analyse Sylvie Miot, responsable des relations avec les parrains et donateurs à Aide et Action.

Consacrer du temps à un enfant près de chez soi

Vous pouvez aussi choisir de parrainer un enfant qui a besoin de vous... tout près de chez vous. Depuis deux ans, Agathe, 42 ans, est marraine de Djeneba, une petite fille âgée de 8 ans : « Je voulais aider un enfant à se développer et à grandir tout en partageant avec lui des moments joyeux. Djeneba est pétillante, sociable, vivante ! » Grâce au parrainage de proximité, l’enfant noue une relation affective privilégiée avec un autre adulte que ses parents. « Je vois Djeneba un week-end toutes les trois semaines. Elle connaît ma famille, mes amis, et je partage avec elle tout ce que j’aime : théâtre, balades, lecture », ajoute Agathe. Selon Vincent Dennery, directeur de la Fondation pour l’enfance, « la plus grande qualité d’un parrain de proximité est de donner de son temps, car il ne s’agit pas de participation matérielle. »

Les parents de l’enfant y trouvent aussi une aide précieuse. 80 % des enfants parrainés vivent avec leurs parents, très souvent leur mère ; seuls 20 % des enfants sont placés en foyer. Ces familles attendent du parrain qu« il apporte un soutien affectif, éducatif et une ouverture sociale et culturelle à leur enfant », détaille Marie-Aimée Menuet, directrice de Parrains par mille. « Ces familles ont fréquemment un point commun : l’isolement et la fragilité, analyse Mina Faïq à l’Union départementale des associations familiales des Bouches-du-Rhône. Bien souvent, elles n’ont aucun soutien familial. Elles ont des difficultés économiques et, parfois, sont dans un isolement culturel total, lorsqu’il s’agit d’immigrés. »

Si le parrainage de proximité est très largement considéré comme utile, seuls 6 % des Français en ont vraiment entendu parler. Et, faute de volontaires, de nombreux enfants attendent de trouver un parrain.

« Quand nous accueillons un nouvel enfant, nous demandons à ses parents, le plus souvent à la mère puisqu’il s’agit essentiellement de familles monoparentales, de se montrer patients, l’attente étant facilement de plusieurs mois », explique encore Mina Faïq.

Une action différente de l’adoption

Dans une relation de parrainage, chacun doit trouver sa place et respecter celle de l’autre : le parrainage n’est pas une adoption. Les associations assurent le suivi, particulièrement la première année : « Nous choisissons les binômes à partir d’entretiens réalisés par des psychologues, en tenant compte des profils de chacun et des préférences formulées. Si le courant ne passe pas, nous formons de nouveaux binômes. Mais le plus souvent, c’est le début d’une belle histoire », confie Marie-Aimée Menuet. Agathe, la marraine de Djeneba, le confirme : « Je suis devenue très proche de ma filleule, mais aussi de son frère, de sa sœur et de sa mère qui m’invite régulièrement à dîner. Une façon de découvrir la culture malienne ! »

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