Parler de la drogue avec ses enfants

Parler de la drogue avec ses enfants

Les jeunes peuvent être en contact avec le cannabis, le tabac et l'alcool vers 14 ans. Les parents doivent les informer auparavant sur les risques encourus, en utilisant des arguments simples.

Généralement, à 10 ou 11 ans, on ne fume pas, on ne boit pas… Or c'est précisément à cet âge qu'il faut attirer l'attention des enfants sur les problèmes de drogue ou d'addiction.

Sensibiliser dès la préadolescence

Les discussions peuvent commencer dès la préadolescence. Très tôt, les enfants entendent parler des drogues ou voient autour d'eux des consommateurs : on peut dès cet âge leur expliquer ce qu'est la dépendance et leur dire que la consommation de certains de ces produits est punie par la loi.

Il est important également de les aider à exprimer leur propre jugement, ce qui pourra les aider plus tard à prendre leurs distances face à la pression du groupe. Il s'agit, en somme, d'une action de prévention, à un âge où les enfants accordent encore un grand crédit aux propos de leurs parents !

Prévenir très tôt la toxicomanie

Il faut prévenir la toxicomanie dès l'enfance. La majeure partie des gens qui expérimentent les drogues le font soit par curiosité, soit par plaisir. Très peu deviendront toxicomanes. Le toxicomane, lui, ne prend pas de la drogue par plaisir, mais parce qu'elle lui permet de fuir la réalité.

La prévention de la toxicomanie consiste à essayer d'apprendre à son enfant, même tout petit, à ne pas fuir les difficultés, à ne pas s'imaginer qu'une potion magique va régler les choses. Il faut lui apprendre à exprimer son problème, lui montrer qu'on l'a remarqué et lui donner le droit à la défaillance. Le silence ne règle rien. Si tout cela est admis et mis en place dès le plus jeune âge, le plus gros du travail est fait.

Le moment approprié pour en parler

Avec les préadolescents, l'important est de trouver le bon moment pour évoquer le sujet. Ce peut être après avoir entendu une information à la télévision ou à la radio, vu quelqu'un en état d'ébriété, ou lors d'un décès dû au cancer du fumeur.

Il conseille d'évoquer les produits pour lesquels le futur adolescent sera sollicité le plus tôt : tabac, alcool, cannabis.

Comment définir le mot drogue

Il s'agit d'abord de s'entendre sur le terme de drogue. La définition proposée par la Mission interministérielle de lutte contre la drogue et la toxicomanie (MILDT) pour l'alcool, le tabac, le cannabis, l'héroïne, la cocaïne, etc., est la suivante : "substances psychoactives qui agissent sur le cerveau".

Autrement dit, elles modifient la perception de la réalité en agissant sur le système nerveux central.

Parler des effets concrets de la drogue

Mais parler santé à l'âge où l'on se sent invulnérable est peu efficace.

Les médecins préfèrent parler de liberté. Ils demandent aux jeunes qu'ils rencontrent ce qu'ils pourront faire à 18 ans et la réponse est souvent “tout ce qu'on veut”. Ils leur rétorquent que la liberté, c'est surtout garder le contrôle, éviter de se mettre dans des situations qu'on ne maîtrise plus. L'argument est efficace, car ils n'ont pas envie qu'on les manipule. Pour eux, ce serait perdre le respect vis-à-vis d'eux-mêmes.

Parler des dangers immédiats de chaque produit permet de frapper les esprits.

Le cannabis présente ainsi trois risques : la démotivation ("tu n'as plus envie de rien"), la baisse de la vigilance et de la concentration ("tes réflexes sont ralentis et tu risques un accident, même sur un vélo ou un scooter"), et l'apparition de maladies mentales (un lien est établi entre la consommation régulière de cannabis et la schizophrénie).

Cannabis : des produits plus puissants

Il est d'ailleurs bon de savoir que le cannabis d'aujourd'hui n'a plus grand-chose à voir avec celui qu'ont pu connaître les parents.

Le taux de THC (tétrahydrocannabinol), molécule responsable du rôle psychoactif du cannabis, est passé de 3 à 6 % il y a vingt ans à 15 % aujourd'hui. C'est l'un des produits les plus puissants.

Jouer sur la peur du gendarme

Beaucoup de jeunes croient que le cannabis est toléré. Il faut donc leur rappeler les peines encourues. Pas de peine de prison pour les moins de 16 ans, mais une amende de 3 750 € pour moins de 5 g détenus.

Leur statut de mineur ne les préserve pas d'un petit tour au commissariat. Autre peine possible : l’obligation d’accomplir un stage de sensibilisation aux dangers de l’usage de produits stupéfiants.

Les 10-13 ans détenant du cannabis peuvent rester en rétention pendant dix heures au plus ; les plus de 13 ans, vingt-quatre heures au plus.

Et n'oublions pas que la vente d'alcool et de tabac est interdite aux moins de 16 ans. Concernant ces deux produits, le comportement de l'adulte est essentiel. Un usage modéré de l'alcool est requis, qui permet de montrer qu'on peut gérer sa consommation. Si vous fumez, dites à votre enfant qu'il devra éviter, lui, de se faire piéger.

En savoir plus

"Drogues et dépendance. Le livre d'information", réalisé par la MILDT et l'Inpes. Il est disponible gratuitement auprès de l'INPES : 01 49 33 23 71

Drogues Info Service :  0 800 23 13 13 (de 8 heures à 2 heures du matin, 7 jours sur 7, appel gratuit).

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