Mon enfant dort mal...

Mon enfant dort mal...

Les troubles du sommeil sont souvent liés aux étapes du développement de l'enfant. En grandissant, il traverse des difficultés qui l'angoissent et retentissent sur son sommeil : c'est tout à fait normal.

Les troubles du sommeil perturbent autant les parents que les enfants et déclenchent fréquemment un rendez-vous chez le pédiatre (près de 20 % des consultations) ou chez le psychologue, ou plus simplement une demande de conseils auprès du pharmacien.

Il suffit généralement d'être à l'écoute de la difficulté que traverse l'enfant et d'adopter une attitude compréhensive pour que les choses rentrent dans l'ordre.

L'enfant dort la nuit comme il a vécu la journée

Les conséquences de ces troubles sont plus importantes qu'on ne l'imagine. Pour l'enfant, un mauvais sommeil peut entraîner plus d'agitation ou de fatigue, voire des difficultés scolaires.

Les parents, de leur côté, se plaignent aussi de fatigue due à la détérioration de leur propre sommeil, d'irritabilité si la situation s'installe.

Trouble du sommeil et contexte familial

Les parents prennent rendez-vous pour une otite ou une rhinopharyngite et, en fin de consultation, disent : 'au fait, le petit ne dort pas bien en ce moment. Le chapitre des troubles du sommeil s'ouvre alors.

C'est tout un travail d'écoute qui commence. Le médecin leur fait décrire les troubles qui expriment ce mal-être et je les amène à parler du contexte familial du moment.

Ce peut être l'occasion de leur faire comprendre que lorsque les relations familiales sont perturbées, les petits jusqu'à 3 ans environ réagissent de trois façons : ils ne mangent pas, ils ne sont plus propres, ils ne dorment pas.

La vie familiale comporte son lot de perturbations : mésententes familiales, soucis parentaux ont leur retentissement sur les enfants et la qualité de leur sommeil. La consultation permet de proposer des conseils propres à déculpabiliser chacun.

Faire savoir aux enfants qu'ils ne sont pas seuls au moment du coucher

L'enfant peut être victime de sa propre attitude, notamment pendant la période du 'non systématique' dans laquelle il entre à 18 mois. Élodie sait qu'elle existe et le fait savoir à son entourage. Elle ne s'intéresse qu'à elle-même et a un avis sur tout, ce qui fait dire à ses parents qu'elle a de la personnalité.

Cette attitude du "non et non !" peut s'avérer inconfortable. Car le soir, une fois la porte de sa chambre fermée, elle se retrouve seule dans le noir pour les dix heures qui suivent.

L'enfant peut s'interroger pendant cet état de veille : "Qui me dit que mes parents ne vont pas moins m'aimer parce que je les enquiquine ?" Le temps d'endormissement peut devenir plus long et les réveils nocturnes plus fréquents.

Quand les cauchemars font leur apparition

À 8 ans, un enfant est le héros de son monde imaginaire. Mais il a grandi. On lui demande à présent d'endosser un rôle social convenable : l'école et ses contraintes, l'agent de police et son injonction : "Traversez devant moi !" En famille, on n'arrête pas de lui dire : "Arrête de te balancer sur la chaise, ne parle pas la bouche pleine…"

La vie de tous les jours le ramène sans ménagement à cette dure réalité. Dans les deux ou trois années qui viennent, l'enfant doit faire le deuil de son monde imaginaire. C'est la pleine période des cauchemars. L'enfant sent qu'il y a un fossé entre 'je veux' et 'je peux'.

D'où un immense sentiment de frustration qui resurgit dans ses rêves. Il affronte alors moins des dragons que des êtres maléfiques bourrés de mauvaises intentions.

Le poids de la vie scolaire sur le sommeil

La vie scolaire, lorsqu'elle est mal vécue, est souvent à l'origine de ces troubles du sommeil. Marc a subi de nombreuses contraintes pendant sa journée de classe.

Il ne s'y adapte pas. Elles restent enfermées dans sa tête et vont se transformer la nuit venue en autant de soucis ou de peurs déstabilisants pour son sommeil. Car c'est à ce moment-là qu'ils se libèrent.

Une fois encore, ce sont des difficultés normales de la journée qui se transforment en sentiment d'angoisse et qui font le lit des cauchemars. Ceux-ci ne deviennent préoccupants que s'ils persistent de longs mois ou jusqu'à la période de la puberté.

Un peu de patience envers le bébé qui ne fait pas ses nuits

On ne peut pas considérer que le bébé a des troubles du sommeil avant qu'il ne fasse ses nuits. Or, jusqu'à neuf mois au moins, les bébés ont besoin d'un peu de patience de la part des parents. Ils doivent trouver leur rythme et acquérir un sommeil régulier.

Au-delà, quand les parents changent le rituel du coucher (bain, dîner en pyjama puis le coucher avec une histoire), l'enfant peut souffrir de petits problèmes d'adaptation.

À la moindre agitation ou bruit intempestif (téléphone), il ne peut plus aller doucement au lit. L'heure du coucher se prépare, certaines familles l'oublient.

Homéopathie : une solution douce

Les professionnels de santé sont unanimes : les médicaments "pour faire dormir les enfants" sont à éviter. Pourquoi ne pas recourir alors aux médicaments homéopathiques souvent efficaces dans les cas de cauchemars ou de sommeil agité ?

Les résultats sur l'apaisement de l'enfant sont généralement mesurables en moins de dix jours. Face à des modifications du cadre de vie et aux troubles qu'elles suscitent, les effets bénéfiques du traitement peuvent être un peu plus longs à venir, puisqu'il vise alors à diminuer le stress ou l'inquiétude.