Mon ado commet des délits : que faire ?

Mon ado commet des délits : que faire ?

Du petit vol à la bagarre plus violente, les délits commis par les adolescents ne sont pas tous suivis de poursuites judiciaires. Il appartient d'abord aux parents de réagir avec mesure mais fermeté.

"Le vol n’est pas rare à l’adolescence, affirme Josette Daquo, psychologue clinicienne. Il correspond à un passage à l’acte qui a pour fonction de libérer une tension interne propre à cet âge de la vie.

"Pourtant, à cet âge, le vol ne correspond pas toujours à la recherche d’un profit, explique Josette Daquo. Il répond à la quête d’identité de l’adolescent qui cherche à se différencier de son milieu familial. Transgresser la loi est pour lui une façon d’exister comme un individu à part entière."

Rappeler que ses actes peuvent être punis par la loi

Il est indispensable que les parents désignent ces larcins comme des actes répréhensibles par la société. Rien n’est plus structurant que des interdits clairement énoncés par les parents, à condition que ceux-ci ne se placent pas sur le terrain affectif.

Les "tu me déçois" ou "je ne t’ai pas élevé pour que tu me fasses ça" ne sont pas de mise, précisément parce qu’un adolescent est censé s’être approprié ces règles essentielles et ne plus agir pour la satisfaction des parents.

Entraîné par le groupe

À l’âge où le groupe des copains occupe une place de premier plan, le phénomène d’entraînement n’est pas à négliger.

Pour la plupart, les parents réagissent vivement, tant ils craignent que ces premiers dérapages ne soient les signes d’une entrée dans la délinquance. "Provoquer le dialogue avec son enfant est, comme toujours, essentiel, insiste Josette Daquo. L’échange lui permet de s’ouvrir à la compréhension de son geste."

Mieux vaut se donner la possibilité de tourner la page… tout en étant vigilant, comme le suggère le psychothérapeute Yves-Hiram Haesevoets : "Larcins et petits délits ne doivent pas être banalisés, ni diabolisés. Ils sont l’expression d’une souffrance ou d’une ambivalence chez l’adolescent qui cherche des limites, celles imposées par l’autorité bienveillante des adultes."

Le faire réfléchir sur son acte

Le délit de vol constaté par les forces de police, le parquet décide des suites judiciaires à donner à l’infraction. L’audience en maison de justice et du droit est une mesure alternative aux poursuites pour des mineurs primodélinquants.

Outre le volet pénal qui consiste en un rappel à la loi, il est parfois demandé une réparation financière (le remboursement des frais causés par l’infraction) ou encore un travail de réparation que l’adolescent peut effectuer sur les lieux de son délit (par exemple, deux jours d’entretien de l’espace dégradé quand il s’agit d’un lieu public).