Les aides liées au handicap de votre enfant

Les aides liées au handicap de votre enfant
Vous devez déposer la plupart des prestations liées au handicap de votre enfant auprès de la maison départementale des personnes handicapées (MDPH). - © kali9

Les maisons départementales des personnes handicapées sont vos interlocuteurs privilégiés, ainsi que votre caisse d’allocations familiales.

C’est auprès de la maison départementale des personnes handicapées (MDPH) que vous devrez déposer la plupart des demandes de prestations liées au handicap de votre enfant. Quelle que soit la nature de l’aide demandée, pour faire reconnaître et évaluer le taux d'incapacité de votre enfant, il vous faudra constituer un « dossier MDPH » avec un formulaire unique accompagné de nombreux documents, dont un certificat médical daté de moins de trois mois.

« Ce dossier doit être très bien préparé, il faut étudier attentivement les critères légaux et administratifs d’attribution de chacune des aides demandées », recommande Marjolaine Chassefière, qui accompagne les familles au sein de l’association Halte Pouce à Montpellier. En effet, tout dossier incomplet ou erroné vous sera retourné, ce qui peut retarder les délais de traitement de votre demande. Selon les MDPH, il faut déjà compter trois à neuf mois en moyenne.

L’allocation d’éducation de l’enfant handicapé

L’AEEH est versée aux parents d’un enfant handicapé jusqu’à ses 20 ans, à condition de la demander ! Elle est accordée de droit si l’enfant pâtit d’un taux d’incapacité permanente au moins égal à 80 %. Si celui-ci est compris entre 50 et 79 %, l’enfant doit fréquenter un établissement spécialisé ou son état exiger le recours à un dispositif ou à des soins adaptés. L’AEEH se compose d’une allocation de base de 130,51 euros par mois et par enfant, à laquelle peuvent s’ajouter six compléments différents d’un montant variant de 97,88 à 1 107,50 euros. Ils dépendent des dépenses liées au handicap, de la nécessité de cesser ou de réduire son activité professionnelle et de recourir à une tierce personne. Si vous percevez l’un de ces compléments (hors celui de 1re catégorie) et élevez seul votre enfant, une majoration pour parent isolé est prévue (entre 53,02 et 436,38 euros par mois).

Mais vous avez la possibilité de choisir entre ce complément et la PCH (prestation de compensation du handicap). Même si la MDPH doit vous fournir un calcul comparatif des deux aides, Marjolaine Chassefière conseille de « faire une simulation auprès de la caisse d’allocations familiales (CAF) et des impôts pour mesurer les conséquences de chaque choix sur les autres aides perçues. La PCH a surtout du sens lorsque les familles ont besoin d’une auxiliaire de vie à domicile. Mais elle sera souvent moins avantageuse si l’on bénéficie déjà d’autres prestations sociales ».

L’auxiliaire de vie scolaire

Votre enfant a le droit de bénéficier d’un AVS dès lors qu’il « ne peut pratiquer les activités d’apprentissage sans aide durant un temps donné » (circulaire ministérielle n° 2017-084 du 3 mai 2017). Commencez par contacter le directeur de l’école. Il réunira une équipe éducative chargée d’évaluer ses besoins. Le bilan de cette évaluation, consigné dans le formulaire GEVA-Sco, vous permettra ensuite de faire la demande d’un auxiliaire auprès de la MDPH. Décrivez aussi les besoins de votre enfant pendant les récréations, à la cantine, etc., dans le « projet de vie » que vous joignez au formulaire GEVA-Sco.

Cécile, mère d’un garçon atteint du syndrome de l’X fragile, raconte : « J’ai fait la demande d'un AVS dès l’entrée de mon fils à la maternelle, en janvier, mais nous n’avons reçu la notification de la MDPH de Rouen qu’en septembre. L’auxiliaire est ensuite arrivée le 1er décembre. Comparé aux délais que connaissent d’autres parents, c’était très rapide ! » Cécile a eu la chance de bénéficier des conseils d’un ami du secteur médico-éducatif et à de nombreuses reprises, elle a contacté la MDPH et le rectorat. Son conseil : « Il faut vraiment se battre, et surtout ne pas rester seul. »

L’allocation journalière de présence parentale

L’AJPP se demande directement auprès de sa CAF. Cette allocation journalière de 43,14 euros (51,25 euros si vous vivez seul), pour vingt-deux jours par mois au maximum, peut vous être versée si vous interrompez votre travail ou votre recherche d’emploi, afin de vous occuper de votre enfant gravement malade, accidenté ou handicapé.

« L’AJPP permet de prendre un temps partiel afin de s’occuper de son enfant, plutôt que de s’arrêter complètement de travailler, ce que je ne conseille généralement pas, explique Marjolaine Chassefière. N’hésitez pas à solliciter l’AJPP, d’autant que les demandes sont traitées assez rapidement. »

D’autres aides peuvent venir du fonds de compensation de votre département
 ou du centre communal d’action sociale (CCAS) de votre commune en fonction de vos besoins et de vos ressources. Renseignez-vous également auprès de votre CAF, notamment pour des aides aux vacances, et auprès de votre mutuelle.

Demande d’AVS : une nouvelle source pour l’appuyer

La circulaire n° 2017-84 du 3 mai 2017 du ministère de l’Éducation nationale a précisé les missions des AVS. Les parents y trouveront les différents types d’accompagnement qu’ils sont fondés à demander pour leur enfant : aides pour la vie quotidienne (aide à la toilette, à la prise des repas...), pour l’apprentissage (aide à la communication, à la prise de notes...) ou pour la vie sociale et relationnelle (sensibilisation des autres élèves au handicap de l’enfant...). La circulaire indique par ailleurs qu’un enfant handicapé a le droit d’aller à l’école même sans AVS : leur présence n’est « ni un préalable ni une condition » à la scolarisation.