L'été, attention aux otites

L'été, attention aux otites

Elles font mal, très mal. Et surviennent comme un coup de tonnerre dans le ciel bleu. L’été, les otites de baignade sont la pathologie ORL n° 1.

Les otites externes sont dues à un développement de germes dans le conduit auditif, entre le tympan et l’extérieur, le pavillon de l’oreille. À ne pas confondre avec les otites moyennes qui se développent, plutôt en hiver, derrière le tympan à la suite d’une infection rhino-pharyngée.

La qualité de l'eau n'est pas en cause

Ce n’est pas la qualité de l’eau qui est en cause, même s’il n’est jamais recommandé de se baigner en eaux troubles, ce n’est pas le lieu de baignade non plus : les bains de mer, de rivière, en piscine (pourtant chlorée) ou à la maison sont tous "à risque" dès lors que l’on mouille ses oreilles.

Au passage, signalons que ceux qui voyagent dans les pays tropicaux humides sont aussi des victimes toutes désignées pour les otites externes.

Une douleur brutale dans l'oreille

Le risque vient en effet de la forme même du conduit auditif, un petit tunnel de 2 à 4 cm de long. Mal aéré, il a tendance à retenir quelques gouttes d’eau.

Avec la multiplication des bains, celle-ci stagne dans l’oreille et finit par éliminer le cérumen, cette fine couche de cire jaune qui protège l’épiderme et évacue les petites particules vers l’extérieur comme un tapis roulant.

Faute de cérumen, les germes (bactéries surtout) et mycoses (de type candida généralement) restent en place et ont la voie libre pour s’en prendre à l’épiderme fragilisé par l’humidité.

L’attaque infectieuse est très rapide. En quelques heures (souvent la nuit donc…), la victime ressent une douleur brutale qui irradie vers le fond de l’oreille, la tempe, la mâchoire…

Le simple fait de tirer sur le lobe de l’oreille est insupportable. Et l’inflammation peut provoquer un gonflement qui donne une impression d’oreille bouchée, avec parfois une légère baisse de l’audition.

Des risques de complications

Seules les personnes diabétiques ou immunodéprimées risquent des complications sévères : une otite maligne avec diffusion à l’os.

Le médecin peut alors juger utile de les hospitaliser à titre préventif en cas d’otite externe pour qu’elles reçoivent une perfusion qui renforcera leurs défenses anti-infectieuses.

Dans tous les autres cas, à défaut d’être dangereuse, cette infection est surtout très pénible. Comme elle ne guérit pas d’elle-même et que les médicaments en vente libre sont peu efficaces sur les otites externes, autant consulter un médecin au plus vite pour la traiter.

En effet, contrairement à l’otite moyenne, souvent liée à des virus de rhume, l’otite externe se soigne systématiquement par antibiotiques, donc sur ordonnance.

Un traitement pour soulager la douleur

Comme elle peut être déclenchée par une mycose, le médicament le plus utilisé aujourd’hui est une spécialité qui associe un antifongique, un antibiotique à large spectre ainsi qu’un corticoïde contre la douleur. Il se prend par voie locale : quelques gouttes dans l’oreille.

Si la prescription est respectée, ce traitement soulage très vite la douleur et guérit l’otite en quelques jours. Il est rarement besoin de passer aux antibiotiques par voie générale.

Enfin, il arrive qu’une consultation pour otite externe permette de découvrir un problème dermatologique insoupçonné : psoriasis, eczéma du conduit.

Se protéger les oreilles

On peut d’abord prévenir ces désagréments en luttant contre l’humidité laissée dans les oreilles par les baignades, mais pas n’importe comment. En secouant la tête à gauche, puis à droite, et en tirant un peu sur le lobe pour laisser s’écouler l’eau.

À la piscine ou à la maison, un petit coup de sèche-cheveux doux permet de bien éliminer l’humidité résiduelle. Les personnes qui ont les oreilles plus sensibles peuvent aussi les "sécher" avec une ou deux gouttes (surtout pas trop) d’alcool à 60°.

En revanche, il faut éviter d’utiliser à tort et à travers les gouttes auriculaires diverses que l’on trouve en vente libre et qui peuvent provoquer des réactions allergiques locales.

L'huile d'amande douce recommandée

On peut aussi porter des bouchons d’oreilles pour la baignade, mais comme ils sont toujours un peu perméables, il ne faut pas négliger de sécher quand même le conduit.

Enfin, pour les personnes aux oreilles fragiles ou pour prévenir les récidives, le Dr de Gaudemar, médecin ORL à Paris, conseille d’adopter l’astuce des plongeurs professionnels : instiller avant chaque bain une ou deux gouttes d’huile d’amande douce dans chaque oreille pour tapisser le conduit.

Garder ses oreilles propres

Le mieux est l’ennemi du bien. Trop de personnes obsédées par la propreté de leurs oreilles les fragilisent à coups de récurage aux cotons-tiges !

En règle générale, il ne faut pas toucher à ses oreilles et ne jamais rien y introduire. Les grattages, frottements et décrassages avec des outils divers, les instillations de savons agressent l’oreille en supprimant le cérumen.

Ce film lipidique protecteur qui coule naturellement de l’oreille doit être simplement essuyé à l’entrée du conduit avec un mouchoir en papier fin.

Les autres dangers des piscines de jardin

Les hypermarchés proposent, dès le printemps, des petites piscines gonflables qui vont de 80 cm à 2 ou 3 m de diamètre.

Le danger d’otite externe est ici le même que pour toute baignade pour les enfants qui prennent l’habitude de s’y allonger en regardant le ciel (bien sécher les oreilles donc), mais ces jeux d’eau posent par ailleurs deux problèmes de santé plus graves :

L’hygiène. Si l’eau n’est pas changée tous les jours, la décomposition des insectes et des débris végétaux la trouble très vite. Si la piscine est un peu trop grande pour être vidée chaque soir, acheter des galets de chlore ou penser à y mettre le contenu d’un bouchon d’eau de Javel.

La noyade. Les toutes petites piscines destinées aux jeunes enfants sont aussi dangereuses que les grandes : avant l’âge de 2 ans, les plus petits n’ont pas encore acquis la capacité de redresser la tête pour dégager leurs voies respiratoires, un bébé peut donc se noyer dans moins de 20 cm d’eau.

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