L'accueil des handicapés mentaux à l'école

L'accueil des handicapés mentaux à l'école

Aller à l'école est un droit pour tous les enfants et adolescents. Qu'ils souffrent de handicap n'y change rien… théoriquement. Le droit a parfois du mal à entrer dans la réalité quotidienne.

C'est un devoir pour chaque école et chaque lycée d'accueillir, sans discrimination, les enfants handicapés dont la famille demande l'intégration scolaire.

Toutefois, les établissements en sont éventuellement dégagés si des difficultés importantes rendent cette intégration impossible. Les enfants sont alors dirigés vers des établissements spécialisés.

La socialisation dès le plus jeune âge

L'enjeu est important, car comme le souligne Fabien Ferey, responsable de la mission Nouveaux parents — jeunes enfants à l'UNAPEI (Union nationale des associations de parents et amis de personnes handicapées mentales), "les parents doivent comprendre, malgré les difficultés et leur inquiétude, qu'il leur faut éviter le repli sur la cellule familiale". Mettre rapidement l'enfant handicapé en contact avec d'autres enfants valides c'est faciliter son insertion sociale qui sera le fil conducteur de toute sa scolarité.

Dans un premier temps, les structures d'accueil seront les structures du CAMSP, mais aussi une halte-garderie, une crèche, une ludothèque… Ensuite il sera possible d'envisager l'inscription en maternelle.

La réponse dépendra le plus souvent de la bonne volonté de l'enseignant. Mais la demande sera plus facilement acceptée s'il y a un accompagnement de l'enfant par une personne spécialisée, appelée Auxiliaire de vie scolaire (AVS) ou issue d'un Service d'éducation spéciale, de soins et d'aide à domicile (SESSAD).

Face à ce constat, afin de favoriser leur intégration en milieu ordinaire, la loi du 11 février 2005 a introduit un droit à la scolarisation de l'enfant ou de l'adolescent handicapé dans l'école du quartier où il réside, applicable depuis la rentrée 2005.

Un numéro de rentrée pour les familles en difficulté

Dans la lignée de cette loi, un numéro Azur "Aide Handicap École" (08 10 55 55 00, tarif d'un appel local) a été mis en place par le ministère de l'Éducation nationale. Disponible depuis le 27 août 2007 et pour une durée de deux mois, ce numéro est destiné aux familles qui n'auraient pas trouvé, au niveau local, une solution pour scolariser leur enfant et qui rencontrent des difficultés à l'occasion de la rentrée scolaire. Il est accessible de 8 heures à 18 heures du lundi au vendredi.

L'accueil en milieu ordinaire est préférable

Deux formules :

Dans une classe normale, l'enfant peut être accueilli en primaire à temps partiel ou complet. Le directeur de l'école souhaite souvent qu'il soit suivi par un éducateur spécialisé ou un auxiliaire à l'intégration scolaire à l'école et chez lui.

Il arrive aussi qu'il refuse une demande car l'enseignant n'est pas prêt, pas disposé, ou met en avant une surcharge de travail qu'il ne peut assumer (ce qu'il doit justifier);

Dans une classe d'intégration scolaire (CLIS), regroupant en primaire des enfants (12 maximum) souffrant en principe du même handicap (mental, visuel, auditif ou moteur) autour d'un instituteur spécialisé, mais au sein d'un établissement scolaire de l'Éducation nationale.

L'avantage, c'est la volonté commune de l'établissement et des parents de jouer la carte de la scolarisation en adaptant le côté éducatif à la capacité de l'enfant et en le faisant participer à la vie de l'établissement scolaire (ateliers de lecture, travaux manuels, activités sportives, avec les autres enfants).

Le manque de CLIS amène un certain nombre d'enfants à se retrouver dans un type de CLIS ne correspondant pas à leur handicap. Au collège, selon le même principe, des UPI — Unités pédagogiques d'intégration — accueillent des petits groupes d'une dizaine d'adolescents handicapés mentaux.

L'accueil en milieu spécialisé manque de places

Lorsque la situation de l'enfant nécessite des soins importants ou qu'une scolarisation est impossible en milieu ordinaire, c'est vers un établissement spécialisé que la Commission départementale de l'éducation spécialisée proposera de le diriger.

Ce sont les instituts médico-éducatifs (IME) qui accueillent les enfants atteints de déficience mentale; certains établissements sont spécialisés dans un handicap précis.

Les soins (avec médecins, infirmiers, aides-soignants, kinés, psychologues) y côtoient l'aspect éducatif et scolaire (éducateurs, enseignants spécialisés). Cette scolarisation spéciale se fait le plus souvent en internat  : les enfants sont accueillis la semaine et retournent passer le week-end dans leur famille.

Le nombre d'équipements médico-sociaux est très variable d'un département à l'autre. Les places sont toujours limitées.

Les instituteurs spécialisés ne sont pas assez nombreux. Conséquence : il est fréquent que des enfants soient obligés de rester à la maison avec une organisation particulière.

L'accompagnement, une clé essentielle de la prise en charge

Dans ces conditions, l'accompagnement est plus que jamais indispensable pour l'enfant et sa famille.

Entrent alors en jeu les SESSAD (Services d'éducation spécialisée, de soins et d'aide à domicile), qui se sont beaucoup développés. Constitués d'équipes pluridisciplinaires, leur action vise à apporter un soutien aux enfants handicapés de 0 à 20 ans dans leur milieu familial, dans leurs loisirs et dans leur scolarité.

Cette action prend des formes diverses et comprend des actes paramédicaux spécialisés (rééducation, kinésithérapie, psychomotricité, ergothérapie…) ou un accompagnement scolaire, à la maison ou à l'école (une orthophoniste peut, par exemple, s'occuper dans une même école de deux ou trois enfants handicapés).

Une aide récente : les auxiliaires de vie scolaire

Cette formule d'aide récente connaît un certain succès. Son but est d'accompagner l'enfant handicapé au sein de l'école et dans sa famille, pour l'aider à effectuer certains gestes.

Les auxiliaires vont ainsi "décharger" l'enseignant. Ce sont des emplois assurés par des personnes issues des métiers éducatif ou social.

Ils sont mis à disposition des établissements par les communes ou des associations.

Qui décide ?

L'évaluation des besoins est réalisée par une équipe pluridisciplinaire d'évaluation placée auprès de la Commission des droits et de l'autonomie des personnes handicapées (CDAPH) de la Maison départementale des personnes handicapées (MDPH).

Les adresses utiles

Vos premiers conseillers seront le service de PMI (en général très compétent pour informer sur le handicap, conseiller pour la vie quotidienne, donner les adresses utiles) et le CAMSP.

Le Centre d'action médico-sociale précoce, souvent situé au sein d'un hôpital, a pour objet le dépistage et le traitement des enfants de moins de 6 ans atteints d'un handicap, en vue d'une adaptation sociale et éducative dans leur milieu de vie.

L'inscription dans une association de parents d'enfants handicapés est recommandée. La plupart ont un responsable de l'action familiale qui accueille et soutient les parents. Des parents animateurs y organisent des groupes de parole.

Vous pouvez également vous adresser à

l'Unapei

(Union nationale des associations de parents et amis de personnes handicapées mentales). Elle regroupe 750 associations. 15, rue Coysevox - 75876 Paris Cedex 18.
Tél. : 01 44 85 50 50. C'est une mine d'informations et de renseignements.