Harcèlement à l’école: comment changer d’établissement

Harcèlement à l’école: comment changer d’établissement

Votre enfant est victime de violences, de racket ou de harcèlement. Pour le protéger, vous décidez de le changer d’établissement. Nos conseils pour effectuer au mieux cette démarche.

La démarche de changer d’école n’est pas simple, en particulier en primaire, car elle se heurte aux règles strictes de la carte scolaire : depuis 1963, les enfants sont affectés à un établissement du secteur géographique de leur domicile.

En général, les dérogations pour échapper aux règles de la carte scolaire ne sont obtenues que dans des cas très restrictifs : rapprochement de fratrie, élève malade soigné près d’un établissement hors secteur, élève boursier ou devant suivre un parcours scolaire particulier.

Ainsi le harcèlement ou les violences subis par un enfant ne sont pas des motifs de dérogation mais entrent dans le cas des « circonstances exceptionnelles » justifiant un changement d’établissement.

Solliciter l’enseignant ou le CPE

Si votre enfant rencontre des difficultés relationnelles à l’école, la première étape, avant de songer à changer d'établissement, consiste à demander un rendez-vous à l’enseignant (ou au CPE du collège) pour lui faire part de vos inquiétudes, puis au chef d’établissement s’il n’y a pas d’amélioration.

Mais, selon de nombreux témoignages, l’équipe pédagogique n’accorde qu’une importance modérée à ce type de problèmes.

Si, malgré les tentatives d’apaisement, vous estimez que la seule solution est de changer votre enfant d’école, vous devez, dans l’enseignement public, déposer une « demande exceptionnelle de changement d’établissement » auprès du chef de l’établissement d’origine.

« Le chef de l’établissement d’origine est incontournable et émet le premier avis sur la demande de la famille »

Catherine Richet, chef de la division de la vie de l’élève à l’académie de Paris.

Trouver un établissement d’accueil

Les parents doivent également démarcher les autres écoles jusqu’à en trouver une qui soit favorable ou en capacité d’accueillir leur enfant.

Ensuite, il faut obtenir l’accord définitif de l’inspecteur d’académie au niveau départemental, le Dasen (directeur académique des services de l’éducation nationale).

« Le Dasen tient compte des avis émis par le chef d’établissement mais la décision finale lui appartient »

Catherine Richet, chef de la division de la vie de l’élève à l’académie de Paris.

Votre demande doit être étayée par des témoignages, des attestations (médecin de famille, médecin scolaire, psychologue…), des échanges de courriers, etc. 

Catherine Richet aoujte cependant : « Même si cela n’entre pas dans la procédure, nous recoupons nos informations avec les éclairages apportés par des professionnels. Mais cela ne garantit pas que nous donnerons une réponse favorable à la demande. » 

La demande de dérogation exceptionnelle peut être délivrée rapidement si l’enfant est dans une situation de danger avéré. « En présence d’éléments objectifs, nous n’avons aucun intérêt à laisser traîner les choses. On peut agir dans la journée », confirme Catherine Richet.

Obtenir un certificat de radiation

c'est le principal de l'établissement qui signe (ou pas) le certificat de radiation (ou exeat) . Or, sans certificat de radiation, l’inscription dans un nouveau collège n’est pas possible.

A noter qu'il est également demandé de fournir une copie du livret de famille, les certificats de vaccinations obligatoires et le livret scolaire (ou les bulletins).

La demande de dérogation exceptionnelle n’étant acceptée que de manière restrictive, si les parents estiment que le refus de l’inspection d’académie n’est pas justifié, ils peuvent directement saisir le médiateur académique de l’Éducation nationale par courrier ou courriel.

Ils peuvent également se tourner vers l’enseignement privé, qui n’est pas soumis aux règles de la sectorisation. Reste qu’en cours d’année, les places sont souvent rares.

Être attentif à l’éloignement

Inscrire son enfant dans un autre établissement en cours d’année n’est pas anodin. Tous les problèmes ne se règlent pas simplement en changeant de lieu.

Même si l'enfant est bien accueillie dans sa nouvelle école et malgré la satisfaction de ne plus voir son bourreau,les anciens amis peuvent lui manquent et les parents ont souvent mal à consoler  leur enfant.

Les séquelles d’un harcèlement ou de violences verbales ou physiques peuvent donc persister longtemps ; un accompagnement par un psychologue peut s’avérer nécessaire.

Attention également à la fatigue qui peut s’ajouter à ce changement, notamment si le nouvel établissement est éloigné du domicile.  

 

Informations pratiques

Lutte contre le harcèlement : agircontreleharcelementalecole.gouv.fr. Tél. : 0808 807 010 (gratuit).

Coordonnées du médiateur de l’Éducation nationale et des médiateurs académiques : education.gouv.fr.

Rectorats et services départementaux de l’Éducation nationale : education.gouv.fr.