Étudier à l’étranger sans dépenser trop

Étudier à l’étranger sans dépenser trop
La bibliothèque de l’université Humbold de Berlin, en Allemagne. - © katatonia

Poursuivre son cursus hors de nos frontières ne coûte pas forcément plus cher qu’une année d’études en France, à condition de bien préparer son séjour.

Choisir une destination abordable

Pas besoin de partir au bout du monde pour vivre une belle expérience à l’étranger.

« En Europe, il existe une mobilité institutionnelle basée sur de nombreux accords universitaires et programmes d’échanges qui ouvrent droit à des bourses », explique Graziana Boscato, coordinatrice nationale pour l’éducation du réseau Euroguidance.

Opter pour l’Europe permet aussi de ne rien dépenser pour la protection sociale grâce à la carte européenne d’assurance maladie (CEAM), gratuite, à demander à la caisse primaire d’assurance maladie (CPAM). En cas de pépin, vous êtes couvert. Pas besoin, non plus, de payer pour avoir un visa.

Quel pays choisir ? Si vous êtes déjà inscrit dans un établissement d’enseignement supérieur en France (école ou université), la première démarche consiste à frapper à la porte du bureau des relations internationales.

Partir dans le cadre d’un accord inter-établissements vous exonère des frais de scolarité dans le pays d’accueil. Mais attention, tous les établissements français n’ont pas noué de partenariats avec chaque pays ! L’éventail des possibilités de destinations dépend de leur dynamisme.

Si vous souhaitez partir par vos propres moyens, les pays qui pratiquent les frais d’inscription les plus avantageux en Europe sont l’Allemagne, où toutes les universités publiques sont gratuites depuis 2006, la République tchèque, la Slovénie, la Bulgarie et la Belgique. Il vous en coûtera entre quelques dizaines et 900 euros l’année 
pour une inscription en premier cycle.

Pour ceux qui visent des études paramédicales (kinésithérapeute, ostéopathe...), direction la Belgique : « Les études y sont accessibles sans concours et peu chères : 800 à 1 000 euros en moyenne par an », indique Graziana Boscato. À titre de comparaison, les cinq années de formation en ostéopathie dans le privé en France excèdent souvent les 40 000 euros.

Décrocher une aide à la mobilité

Afin de favoriser la mobilité de ses étudiants, l’Europe finance un certain nombre de programmes dont le plus important est Erasmus+.


Comment ça marche ? Chaque pays membre reverse l’argent perçu au titre des bourses Erasmus+ aux établissements d’enseignement supérieur, qui les attribuent à leur tour aux élèves. C’est donc à votre établissement qu’il faut s’adresser en premier lieu (toujours au bureau des relations internationales). Le montant de l’aide varie selon le coût de la vie du pays d’accueil.


Outre la bourse Erasmus+, les boursiers d’État peuvent décrocher une aide à la mobilité internationale attribuée sur dossier (400 euros par mois pendant deux à neuf mois). Pour les étudiants handicapés, le programme prévoit la prise en charge des coûts additionnels incluant les frais de voyage et de subsistance des accompagnants. Là encore, le bureau des relations internationales est l’interlocuteur privilégié.

La bourse Erasmus+ peut être complétée
 par une aide régionale dont les critères d’attribution (niveau d’études, durée du séjour, quotient familial, etc.) diffèrent 
selon les régions. Par exemple, la Nouvelle- Aquitaine abonde, sous conditions, la bourse Erasmus+ à hauteur de 120 euros par mois. Certaines régions élargissent leur aide aux jeunes qui partent en dehors d’un programme d’échange. C’est le cas de l’Île-de-France avec son aide à la mobilité internationale des étudiants (AMIE). Destinée à ses étudiants en DUT, en licence et master, elle varie entre 
250 et 450 euros par mois selon les situations et durant dix mois maximum. Euroguidance informe sur ces aides sur son site et propose depuis mars un « tchat » sur les études à l’étranger, tous 
les mercredis.

Certaines villes font un geste. Vannes, par exemple, soutient les étudiants à partir de la deuxième année, à hauteur de 450 à 650 euros, selon la durée du séjour.

« Si vous partez dans une ville jumelée avec la vôtre, vous pouvez parfois bénéficier d’un coup de pouce supplémentaire d’environ 200 euros », note Graziana Boscato.


L’Allemagne est le pays avec lequel il existe 
le plus de programmes bilatéraux, en raison 
« d’une volonté politique forte de tisser des
 liens entre les deux pays », analyse Graziana Boscato. Pour demander une bourse, contactez l’office allemand d’échange universitaire, le DAAD. Pas grand-chose
 à attendre, en revanche, des universités étrangères avant le niveau master ou doctorat, surtout dans les domaines scientifiques. Le site European Funding Guide recense les bourses en question.

Diminuer les dépenses d’hébergement

Pour se loger à l’étranger, les résidences
 ou cités universitaires restent la formule la moins onéreuse car subventionnée (compter de 300 à 450 euros par mois). Cependant, elles sont aujourd’hui concurrencées par
 la colocation.

« En Europe, les pays les plus ouverts à la colocation sont les anglo-saxons, Londres en tête. Mais depuis quelques années, l’offre se développe de plus en plus en Espagne et en Italie », commente Cédric Brochier, porte-parole du site de colocation easyroommate.com présent dans vingt-cinq pays.

Le loyer mensuel pour chaque colocataire s’élève à environ à 610 euros
 à Londres, à 590 euros en Irlande, 
à 490 euros en Belgique, à 450 euros à Madrid et à 430 euros à Rome.


Dernière tendance : le « coliving ». « À Londres, on voit se développer ce type de vie en communauté reposant sur un grand espace commun avec des chambres individuelles plus nombreuses et plus petites », explique Cédric Brochier. C’est intéressant pour les séjours courts (trois mois maximum) car des places se libèrent régulièrement. »

Le site coliving.com répertorie des offres dans le monde entier. À l’image du budget marketing du site, les tarifs sont plutôt élevés (jusqu’au double d’une colocation classique !). Une solution à garder comme plan B.

Trouver un petit boulot

Rester en Europe facilite les démarches : aucun permis de travail n’est requis. Mais cumuler études et petit boulot, ce n’est pas toujours simple : « Découvrir une autre culture, une autre langue demande énergie et disponibilité. Il serait dommage de gâcher cette expérience par un job qui prendrait tout votre temps
 libre », avertit Dominique Girerd, directeur de l’association Club Teli, qui donne accès à des offres de jobs à l’étranger.

Travailler l’été qui précède la rentrée universitaire afin d’avoir une petite cagnotte est une bonne option. De nombreux pays, la Grèce en tête, cherchent des francophones pour le tourisme estival. L’Allemagne propose des jobs tout au long de l’année. Attention, si le salaire minimum mensuel dépasse 1 000 euros dans sept pays membres de l’UE dont la France, l’Allemagne, le Bénélux et la Grande-Bretagne, il est de 826 euros en Espagne, 684 euros en Grèce, 650 euros au Portugal.

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