Enfants : faut-il les envoyer en colo ?

Enfants : faut-il les envoyer en colo ?

715 000 enfants de moins de 12 ans partent chaque année en colo. Une législation très stricte et des projets pédagogiques sérieux permettent de combler les attentes des enfants tout en calmant les inquiétudes des parents.

Annie fait partir ses deux enfants en colo deux ou trois fois par an depuis qu'ils ont 5 ans. Jordan, son aîné, a ouvert la voie par un séjour à la ferme dans l'Yonne, près de la demeure de ses grands-parents. Carole, la petite dernière, a suivi son frère dès son 5e anniversaire. "Des questions, je m'en suis posé, avant le premier départ, se souvient Annie. J'ai eu de la chance que le premier séjour soit une réussite, cela donne envie de recommencer."

Aujourd'hui, Carole a 10 ans, elle a pris son envol et part dans d'autres colos que celles que fréquente son frère.

À partir de quel âge peut-on les inscrire ?

Dès l'âge de 4 ans, un enfant peut partir en centre de vacances. Pour une découverte en douceur de la vie en collectivité, il est plus prudent d'opter pour un accueil proche du domicile, de choisir une courte durée (une semaine) et de l'envoyer avec un petit camarade.

Pour mettre tous les atouts de son côté, il vaut mieux contacter les parents du bambin. À deux, on est plus courageux.

Les colonies pour tout-petits (4-6 ans) sont appelées centres maternels. Ces mini-infrastructures s'organisent autour d'activités liées à la découverte de la nature et des animaux. Elles sont dotées d'une réglementation particulière (arrêté du 26 mars 1993) : mobilier sans angles vifs, sanitaires adaptés, cache-prises, et surtout taux d'encadrement porté à un animateur pour cinq ou six enfants, selon l'activité.

Que faire s'il ne veut pas partir ?

Commencez par lui faire fréquenter un centre de loisirs et de vacances (CLV, c'est ainsi que l'on appelle les centres aérés en période de vacances).

Il se fera des amis et vous le retrouverez chaque soir. Durant les vacances de printemps, en juillet et en août, les CLV organisent des mini-camps de quelques jours que votre enfant sera ravi de suivre puisqu'il y retrouvera les copains.

Il est préférable parfois d'éviter d'avoir recours à la colonie.

C'est le cas si l'enfant a du mal à être propre la nuit, s'il refuse net et si un événement important vient de se produire dans sa vie : naissance d'un petit frère ou d'une petite sœur, divorce, décès de l'un des grands-parents. Si vous ne pouvez pas faire autrement que de le faire partir, avertissez le responsable du séjour.

Peut-il partir avec un ami ou son cousin ?

C'est conseillé, mais parfois difficile à mettre en place si les enfants n'habitent pas la même région ou ne bénéficient pas du même comité d'entreprise.

Les tarifs dont profitent les habitants d'une ville ne sont pas applicables en dehors de la commune : différents prix coexistent pour un séjour identique.

Comment choisir sa colonie ?

Il existe un vaste choix proposé par des organismes qui ont une couverture nationale (UFCV ou UCPA pour ne citer que ceux-là), des mairies, paroisses, comités d'entreprise ou même de simples particuliers.

Assurez-vous que l'organisme dispose d'un agrément Jeunesse et Sports et qu'il est en règle avec la législation (directeur et moniteurs diplômés et en nombre suffisant).

Les meilleurs rapports qualité/prix sont souvent ceux des communes et des comités d'entreprise, qui bénéficient soit d'une participation financière, soit de tarifs négociés. C'est là que vous ferez vos premières demandes de catalogue.

Les inscriptions dans les mairies "cotées" sont difficiles à décrocher, il convient d'être à l'affût des dates de mise sur le marché. Si votre enfant participe déjà à des activités en centre aéré, renseignez- vous auprès des animateurs, ou contactez la caisse des écoles.

Quelle activité choisir ?

Il n'y a pas si longtemps, le séjour en colonie avait pour but principal de faire prendre l'air aux enfants, tout en leur apprenant à vivre en collectivité. La tendance actuelle est d'en faire un nouvel espace d'apprentissage.

Les catalogues insistent beaucoup sur cet aspect en vantant le nombre d'activités proposées : VTT, catamaran, aéromodélisme, tennis, poney, robotique, jardinage, escalade…

Aucun créneau horaire ne semble devoir rester inoccupé. Évitez les séjours qui mettent en avant un activisme forcené.

Le rythme de l'enfant doit être respecté, car il s'agit bien de ses vacances et non d'un apprentissage supplémentaire. Déterminez avec lui ses centres d'intérêt, feuilletez les catalogues ensemble.

Il est capital qu'il soit partie prenante dans la palette d'activités proposées par le séjour.

Comment vérifier le sérieux de l'organisme ?

Voici quelques repères.

Avoir l'agrément du ministère de la Jeunesse et des Sports n'est pas un atout, c'est une obligation à laquelle doivent se soumettre tous les établissements désireux d'héberger plus de douze mineurs de plus de 4 ans, pendant plus de cinq nuits. Les autres séjours (moins de douze enfants et moins de cinq nuits) ne font pas l'objet d'une déclaration particulière, mais ils sont soumis aux mêmes exigences de qualité.

Avoir en plus l'agrément du ministère du Tourisme signifie que l'organisme propose également des séjours de vacances pour adultes et enfants (cas des VVF par exemple).

Le meilleur label est celui qui est transmis par le bouche à oreille. Pour vous forger une opinion, rencontrez un responsable pédagogique et vérifiez si le séjour correspond à vos attentes (ou plutôt à celles de votre enfant).