Enfants : attention à l'excès de poids

Enfants : attention à l'excès de poids

Les petits Français sont de plus en plus gros. À l'origine de ce constat inquiétant, l'hérédité, bien sûr. Souvent, aussi, une mauvaise compréhension des besoins de l'enfant… Comment prévenir et agir ?

On estime qu'à l'heure actuelle en France, 16 % des enfants de 5 à 12 ans présentent un excès pondéral.

La vie d'un enfant gros n'est pas facile. Son obésité a de plus des conséquences sur sa santé. Et plus elle est sévère, plus son traitement est difficile.

Il y a des signes précis, des signaux d'alarme

Après l'âge de 1 an l'installation d'une surcharge pondérale indique un risque d'obésité durable, voire définitive. Autant dire que le temps de réaction est limité !

Mais il existe des signaux d'alarme qui permettent de mettre en place des mesures de prévention.

La courbe de croissance de l'enfant

Tracée par le médecin dans le carnet de santé à chaque visite, elle permet de vérifier si poids et taille progressent régulièrement ou si, au contraire, il y a dérive, l'enfant grossissant plus qu'il ne grandit. Dans ce dernier cas, il convient de contrôler aussitôt si aucune erreur alimentaire n'a été commise.

La corpulence de l'enfant

Globalement, celle-ci augmente jusqu'à l'âge de la marche, puis ralentit jusqu'à 6 ans et augmente à nouveau. C'est ce qu'on nomme le rebond d'adiposité. Si ce rebond a lieu avant 5 ans, méfiance : il signale un risque de surcharge pondérale ultérieure, même si l'enfant n'est pas gros.

Une croissance plus rapide que la normale et une répartition des graisses essentiellement centrée autour de la taille doit également alerter.

Dans tous ces cas, il ne faut pas hésiter à consulter un pédiatre spécialisé.

Les erreurs à éviter avant 6 ans

Habituer le bébé aux boissons sucrées. Lui présenter un biberon d'eau pure suffit. S'il a soif, il le boira. Sinon, c'est qu'entre les soupes et les légumes, également pourvoyeurs d'eau, il a régulé sa soif tout seul.

Au moment de la diversification alimentaire, passer brutalement des petits pots et purées maternelles à une alimentation familiale souvent riche en graisses, du style frites ou beignets de volaille.

Donner au plus petit la même quantité de nourriture qu'à ses aînés, sous prétexte de ne pas commettre d'injustice. Attention aux plats vendus tout préparés en portions individuelles.

Le forcer à manger quand il n'a pas faim. Passé 1 an, le bébé mange moins et sa masse graisseuse, qui est de 20 à 25 % à 9-10 mois, tombe à 12 % à 6 ans. Il est donc parfaitement normal qu'on puisse compter ses bourrelets à la naissance et ses côtes à 6 ans !

Attention aux régimes restrictifs

Mettre l'enfant au régime de son propre chef est en effet une erreur à éviter à tout prix.

"En limitant la consommation de certains aliments et en en supprimant d'autres, le régime confronte l'enfant à des privations qui ne manqueront pas d'être interprétées comme des punitions", expliquent Michelle Le Barzic et Marianne Pouillon, psychologues dans le service de nutrition de l'hôpital Hôtel-Dieu.

"Manger est un acte complexe qui, plus encore chez l'enfant que chez l'adulte, englobe les notions de plaisir, de récompense et d'amour", a souligné plus récemment Matty Chiva, psychologue à l'université de Paris-X Nanterre, lors d'une journée de réflexion organisée par l'Observatoire Cidil de l'harmonie alimentaire (OCHA).

Le résultat : une perte de l'estime de soi qui entraîne une boulimie de compensation et le développement de l'obésité.

On peut apprendre à se nourrir

Prendre en charge un enfant en surpoids passe donc par le dépistage et la correction des erreurs alimentaires manifestes, comme, par exemple, la consommation excessive de boissons sucrées et d'aliments riches en graisses, ou la mauvaise répartition de l'apport alimentaire au cours de la journée.

En tout état de cause, les efforts à faire ne se limitent pas à l'enfant obèse. Des "sacrifices" doivent être consentis par toute la famille, depuis les frères et sœurs, qui doivent renoncer à la présence d'aliments à disposition facile tels que gâteaux, sucreries, boissons sucrées, pâté, saucisson, jusqu'aux grands-parents, qui doivent admettre que les récompenses et le plaisir ne peuvent plus passer par la nourriture… La victoire contre l'obésité est à ce prix.

Apprendre à bouger

La lutte contre l'immobilité est essentielle. Les études ont, en effet, mis en évidence une augmentation du risque d'obésité en fonction du temps passé devant la télévision.

Or il suffit que l'enfant brûle moins d'énergie qu'il n'en absorbe pour grossir.

Dès qu'il est autonome et qu'il marche seul, il faut absolument s'assurer qu'il a le temps et l'espace nécessaires pour bouger et se dépenser.

Il peut s'agir d'un sport, qui doit alors demeurer avant tout un plaisir, mais aussi d'activités physiques comme marcher pour aller à l'école, faire le dimanche des balades à vélo ou à rollers, ou encore s'adonner à des tournois de ping-pong en famille…