Enfant maltraité : que faire ?

Enfant maltraité : que faire ?

Annie Gaudière, directrice générale du service national d'accueil téléphonique à l'enfance maltraitée, nous indique comment réagir quand on connaît un cas de maltraitance.

Qui doit-on prévenir en cas de soupçon de maltraitance ?

Une personne qui a connaissance d'un mauvais traitement à enfant a l'obligation d'alerter les autorités administratives ou judiciaires. Elle peut alors s'adresser au sommet de la hiérarchie, en écrivant soit au président du conseil général, soit au procureur de la République. Elle peut aussi contacter le commissariat ou le service social départemental.

Où trouve-t-on ce service ?

Les départements sont divisés en circonscriptions d'action sociale. Pour connaître la circonscription dont on dépend, on peut s'adresser à la mairie de son domicile ou à l'hôtel départemental. Chaque circonscription est dotée d'une équipe d'intervenants composée notamment d'assistantes sociales polyvalentes, d'un service d'aide sociale à l'enfance et d'un service de protection maternelle et infantile.

En cas de soupçon de maltraitance, la bonne interlocutrice est à mon avis l'assistante sociale polyvalente,

qui saura orienter l'affaire vers le service le mieux adapté.

Peut-on être poursuivi pour ne pas avoir aidé un enfant victime ?

Oui, car c'est de la non-assistance à personne en danger. Cela dit, il faut avoir été témoin direct d'un mauvais traitement pour encourir une sanction.

Quel est l'objectif du 119 'Allô Enfance Maltraitée' ?

"Allô Enfance Maltraitée" reçoit cinq mille appels par jour de personnes qui ne savent pas vers qui se tourner. Nous écoutons et jouons le rôle d'aiguilleur. À ce titre, nous transmettons l'information aux services sociaux départementaux ou,

en cas d'urgence, aux services de police ou autres services d'urgence (pompiers, Samu, etc.). Nous avons aussi un rôle de conseil. Parfois, il suffit de peu de chose pour éviter qu'une situation "à risque" ne dégénère en mauvais traitements.

Nous recevons régulièrement des appels de grand-mères inquiètes. Ces femmes ont l'impression que leurs filles ne savent plus comment s'y prendre avec leurs propres enfants, qu'elles sont dépassées et les bousculent un peu trop. Dans ce cas, les écoutants peuvent fournir à ces grand-mères un soutien et des adresses pour que leurs filles puissent consulter rapidement et sortir de cette situation difficile. Nous avons à notre disposition une base de données de dix mille adresses (lieux d'écoute, associations locales, etc.) sur toute la France.

Un Observatoire national de l'enfance maltraitée

L'objectif de l'Observatoire national de l'enfance maltraitée, installé en janvier 2004, est de collecter l'ensemble des statistiques de sources diverses pour mieux évaluer et donc mieux connaître le phénomène de la maltraitance et son évolution. L'Observatoire décentralisé de l'action sociale (Odas), à partir des statistiques livrées par les services sociaux départementaux,

a compté, en 2003, 89 000 enfants

en danger et 19 000 enfants effectivement maltraités, c'est-à-dire victimes de violences physiques, sexuelles, morales ou de négligence.