Enfant hyperactif : quel rôle pour les parents ?

Enfant hyperactif : quel rôle pour les parents ?

Les parents jouent un rôle majeur auprès des enfants hyperactifs. Ils peuvent les aider à intégrer les règles sociales et à acquérir une meilleure image d’eux-mêmes.

Pour les médecins, un enfant hyperactif souffre d’un "trouble déficit de l’attention/hyperactivité (TDAH), caractérisé par l’association de trois symptômes majeurs : agitation motrice, impulsivité et déficit attentionnel", explique le Dr Marie-Claude Saiag, psychiatre. C’est le cas d’Adrien, 8 ans : "Toujours en mouvement, il est imprévisible. Mon fils “zappe” d’une activité à une autre, coupe la parole, se laisse distraire par n’importe quoi. Son instituteur de CE2 se plaint à la fois de ses résultats scolaires et de sa conduite en classe", raconte sa mère.

Obtenir un diagnostic précoce

Si la cause de l’hyperactivité est encore inconnue, on sait toutefois qu’il existe une prédisposition génétique. Au niveau du cerveau, un mauvais fonctionnement des neurotransmetteurs, qui assurent la communication entre les cellules nerveuses, a été mis en évidence. Les capacités intellectuelles de l’enfant hyperactif sont tout à fait normales.

"Cette hyperactivité est en général décelée à partir de 6 ans", précise Olivia Carré-Serres, psychologue. Plus le diagnostic sera posé tôt, meilleures seront la prise en charge médicale et les réponses de l’entourage.

D’autant que cette agitation constante de l’enfant est souvent source de tension au sein de la famille. Devant l’insuccès de leurs méthodes éducatives pour contrôler l’hyperactivité de leur rejeton, les parents s’énervent. À force de s’entendre dire qu’il est "insupportable", "épuisant", l’enfant hyperactif a une mauvaise opinion de lui-même, ce qui aggrave son sentiment d’exclusion et sa souffrance. Tout le monde pâtit de cette atmosphère, y compris les frères et sœurs.

Poser des règles de vie claires

"Si les parents ne sont pas responsables du trouble déficit de l’attention/hyperactivité de leur enfant, ils doivent cependant apprendre à gérer les manifestations du trouble", explique Christine Getin, présidente de l’association TDAH France. L’enfant hyperactif est rassuré s’il sait que ses parents contrôlent la situation. Il faut donc lui fixer "des cadres en béton armé, sinon il s’engouffrera dans la moindre brèche, et ne jamais déroger aux règles qui ont été fixées au départ", précise-t-elle. Pour aider son enfant à progresser, plusieurs attitudes sont à privilégier.

Formuler précisément ses demandes

Comme l’enfant a beaucoup de mal à écouter les consignes, il est conseillé de le toucher en le regardant droit dans les yeux pour fixer son attention. On doit aussi veiller à lui faire exécuter des tâches précises plutôt que de lui adresser une demande globale : "Mets tes petites voitures dans le placard" au lieu de "Va ranger ta chambre".

Rester calme

Quand les parents se mettent en colère, l’enfant a tendance à les imiter, au risque d’être encore plus perturbé. Pour éviter de crier, mieux vaut sortir de la pièce en attendant que l’orage passe. Si l’enfant frappe un petit camarade, lui dire calmement : "Je sais que tu n’avais pas l’intention de faire du mal, mais tu dois demander pardon." En effet, la réparation permet à l’enfant d’assumer la responsabilité de ses actes, alors que la punition le met face à ses insuffisances.

Savoir valoriser

Féliciter son rejeton pour ses progrès, même minimes, l’aide à grandir et à acquérir une meilleure estime de lui-même. L’enfant hyperactif mobilise tellement son entourage que lorsqu’il reste tranquille, personne ne s’en occupe. C’est justement l’occasion de le féliciter pour son calme et de proposer de partager une activité avec lui.

L’exigence des parents à l’égard de leur enfant hyperactif est à la mesure de la confiance qu’ils lui accordent. "Même s’il est nécessaire de le protéger, aider l’enfant à mobiliser ses ressources personnelles permet de préparer son autonomie future", conclut Christine Getin.

Une prise en charge multidisciplinaire

Il n’existe pas de traitement unique de l’hyperactivité, mais une prise en charge globale. Dans certains cas, le pédopsychiatre prescrit un psychostimulant commercialisé sous le nom de Ritaline qui renforce la vigilance de l’enfant. "Il réduit les principaux symptômes du trouble, améliore l’image de soi de l’enfant et la relation avec les autres", indique le Dr Saiag. Ce traitement est associé à une rééducation (orthophonique, psychomotrice) et à une psychothérapie.

En thérapie de soutien, Olivia Carré-Serres aide l’enfant hyperactif à verbaliser ce qu’il ressent, à comprendre la portée de ses actes pour mieux intégrer les règles sociales. "Il est important également de redonner à la famille le plaisir de vivre ensemble", ajoute-t-elle.

Le Dr Saiag a développé en France le programme de Barkley, une psychothérapie cognitivo-comportementale destinée aux parents.

Cette méthode américaine les aide, selon elle, à "modifier leurs pensées et leurs émotions concernant leur enfant, et en conséquence leur fonctionnement relationnel et comportemental".