Dis, comment on fait les bébés ?

Dis, comment  on fait les bébés ?

La naissance d’un petit frère ou d’une petite cousine ne manque jamais de susciter la curiosité des plus grands. Pour les parents, c’est l’occasion de répondre à une question essentielle, en toute simplicité.

Des questions dès le plus jeune âge

C’est vers l’âge de 2 à 3 ans, quand l’enfant prend conscience des différences entre fille et garçon, que viennent les premières questions. Questions directes parfois ou questions indirectes - "Tiens, ma poupée n’a pas de zizi" -, qui sont autant de points d’interrogation que le parent entend… ou pas.

Dans tous les cas, la venue du petit frère ou de la petite sœur est une excellente occasion d’en parler. En effet, le ventre rond de maman suscite une perplexité assez compréhensible et des interrogations "toutes bêtes", mais pas tant, que les adultes ont oubliées : "Comment est-il entré là ?", "Comment il va sortir ?", "Comment il mange ?", "Est-ce qu’il fait pipi dans ton ventre ?"

Une réponse adaptée à la demande de l’enfant

"Il est inutile d’en dire trop, trop vite ; il suffit de donner des informations justes, au bon moment, avec des mots simples", explique la psychologue Anne Bacus. "Pour faire un bébé, il faut un papa et une maman qui s’aiment. Chacun apporte une petite graine, elles vont s’unir et faire un bébé."

Si l’enfant est très jeune, on peut s’arrêter là. S’il demande des détails un peu plus tard, on peut lui poser la question : " Qu’est-ce que tu crois, toi ? Comment cela se passe ?" Cette approche douce permet de partir de ce que sait l’enfant. Le parent enchaîne ensuite : "Oui, ce n’est pas mal, veux-tu que je t’explique ?".

Si l’enfant esquive, en ricanant ou en parlant d’autre chose, il suffit de lui dire qu’on est à sa disposition. S’il acquiesce, la réponse doit être simple et ne pas aller au-delà de sa curiosité. Les demandes viendront au rythme de son développement émotionnel et intellectuel…

Des livres et des dessins pour expliquer

Chaque parent trouvera son style, mais, dans les grandes lignes, on évoquera les cellules de vie et la poche à fabriquer les bébés dans le ventre de la femme. Le moment venu, on parlera du pénis de papa et du vagin de maman, ce petit couloir spécial qui mène à la poche à bébés. Un petit couloir élastique par lequel le bébé sortira quand il sera prêt…

De nombreux livres permettent enfin d’évoquer clairement et joliment le temps de la grossesse, le rôle du cordon ombilical et l’origine de ce drôle de petit nombril. Mais attention, explications et dessins ne doivent pas réduire l’événement à l’anatomie et faire oublier les sentiments.

Insister sur le désir

"Papa et maman se sont fait un gros câlin et c’était très agréable de te fabriquer." "Les enfants naissent d’un désir, insiste le Dr Catherine Dolto. Ils doivent savoir qu’ils sont là grâce au désir de leurs parents et à leur propre désir de naître".

De fait, expliquer le mystère de la naissance à un enfant, même à partir de la venue d’un petit frère, c’est d’abord lui parler de lui et de l’événement qui l’intéresse plus que tout : sa propre naissance.

D’une façon générale, "en levant le mystère sur ces choses de la vie, on permet à l’enfant de réaliser qu’il pourra aussi avoir des enfants plus tard, quand il sera grand, avec l’homme ou la femme qu’il aimera. Il appréhende ainsi la succession des générations et cela participe en toute simplicité du passage de l’œdipe", souligne Anne Bacus.

Ne pas raconter d’histoires

Les fariboles sur les cigognes, les choux, les roses n’ont plus aucune justification. Elles risquent surtout d’inciter l’enfant à se faire des idées fausses. Une des plus répandues étant que "le bébé est avec le caca et il sortira pareil", ce qui ne laisse pas d’être effrayant quand même pour les petits. Des petits qui grandiront et qui risquent de se sentir trahis ou ridicules quand ils découvriront, au prix de moqueries le cas échéant, que leurs parents leur ont raconté des "craques".

Il reste que certains parents peuvent se sentir gênés à l’idée de dire la pénétration, le vagin, le pénis, le désir. Il faut se souvenir que les enfants n’ont pas les mêmes préventions que nous et qu’ils reçoivent ces termes avec simplicité. Mais il est inutile de se forcer pour autant. Il suffit de dire simplement ce que l’on arrive à dire et de diriger ensuite l’enfant vers un tiers, le conjoint ou une grand-mère.