Devoirs à la maison : des conseils pour éviter le cauchemar

Devoirs à la maison : des conseils pour éviter le cauchemar

Le travail scolaire transforme souvent les relations parents-enfants en épreuve de force. Quelques précautions permettent d’éviter les crises ou de mieux en sortir.

Dès le primaire, les enfants doivent effectuer non pas des "devoirs écrits", puisqu’ils sont interdits par la loi depuis 1956, mais apprendre des textes par cœur, réviser des leçons, accomplir des exercices de calcul.

Les devoirs, synonyme de galère

Dès le CP, les devoirs de Laurène, 15 ans, ont posé problème. Elle ne se concentrait pas, gigotait, répondait n’importe quoi… Comme sa mère la savait parfaitement capable de mieux faire, elle l’énervait très vite et leurs soirées tournaient à l’affrontement. Cela n’a fait que s’accentuer. La mère finissait par avoir la hantise de rentrer chez elle.

Dans certaines familles, "faire les devoirs" est synonyme de galère partagée lorsque l’enfant semble ne rien comprendre, mélange tout, rêvasse, oublie ou dissimule les tâches à réaliser, se bloque, fond en larmes ou explose. Chez les parents, également fatigués en fin de journée, le ton et la tension montent rapidement. Certains sortent même de leurs gonds pour aller jusqu’aux gifles.

Quand on en arrive là, c’est qu’une spirale infernale s’est mise en route, cela signifie que les bons jalons n’ont pas été posés dès le départ.

Cadrer les devoirs

Dès l’entrée au CP, il est conseillé de ritualiser les devoirs, d’installer ce moment dans la journée à des heures précises, au même titre que manger, jouer ou dormir (on note d’ailleurs que plus les familles sont nombreuses, moins il y a de soucis).

De plus, définissez impérativement un début et surtout une fin, à l’aide d’un sablier ou d’une montre à aiguilles, qui lui permet de voir le temps s’écouler. L’enfant apprend peu à peu à s’évaluer et à s’organiser dans une durée.

Bien sûr, celle-ci doit être souple et adaptée aux capacités de chacun. En revanche, si l’enfant n’a rien fait dans ce laps de temps, cherchez-en les raisons. Ainsi, s’il n’a pas compris l’exercice à effectuer, faites-lui relire et reformuler la consigne. Reprenez ce qu’a expliqué le professeur des écoles, pour saisir où se trouve le blocage.

Un accompagnement pour l’enfant

Voyez aussi si ce n’est pas votre présence qui tétanise un enfant peu sûr de lui. Mais s’il s’agit de mauvaise volonté, il faut qu’il en mesure les conséquences. Vous devez établir avec votre enfant une sorte de contrat moral comportant des sanctions éducatives. Vous pouvez, par exemple, en parler à l’enseignant pour qu’il fasse ses devoirs en classe plutôt que d’assister à toute la récréation.

Dès le milieu du primaire, de nombreux enfants rentrent seuls et le restent jusqu’au retour des parents. Or la plupart ont besoin d’une présence pour se mettre au travail. Gardienne, voisine, étudiant, qu’il y ait au moins quelqu’un qui le motive. Cet accompagnement sera différent selon les niveaux scolaires, et il ne s’agit pas de faire le travail à sa place. Si l’enfant bloque sur un exercice, procurez-lui des clés pour avancer, mais ne lui donnez pas la solution. Et dès qu’il y a des larmes, arrêtez : dédramatisez et remettez, si possible, au lendemain.

Parlez avec les enseignants, montrez-leur que vous vous intéressez aux devoirs, faites le point sur les faiblesses mais aussi les points forts de votre enfant et sollicitez ponctuellement des délais. S’il le souhaite, laissez l’enfant s’installer à la table de la cuisine : la présence d’un adulte, même occupé à autre chose, pourra lui être plus bénéfique que la solitude de sa chambre.

Savoir se faire aider

Enfin, quand les problèmes persistent, passez le relais. Aider à faire les devoirs véhicule trop d’affect, trop d’émotions de la part des parents pour qu’ils restent neutres.

Par exemple, la scolarité de vos enfants vous renvoie souvent à la vôtre : si vous étiez un élève médiocre, vous redoutez leurs échecs, et si vous étiez excellent, vous vivez mal des résultats en dessous de vos espérances. Déléguez alors à votre conjoint ou trouvez une personne extérieure, étudiant, maman d’ami, grand frère, grands-parents, maison de quartier, ou étude de l’école si elle est bien surveillée.

Revenez vers le professeur afin de mettre sur pied un soutien scolaire. En cas de lacune, vous pouvez aussi vous tourner vers un organisme privé. Ainsi, le soir, vous profiterez sereinement de votre enfant. Par contre, instituez un rendez-vous hebdomadaire pour faire le point, contrôler les cahiers, vérifier ce qui n’est pas compris et ce qui est su : l’enfant ne doit pas croire que vous vous désintéressez de sa scolarité.

Exemples de temps de travail

Même si chaque enfant est différent et que les exigences varient d’un établissement scolaire à l’autre, voici quelques repères.

  • CP : 10 à 15 minutes. Une vraie présence est nécessaire. Il faut faire lire, ritualiser, installer ce temps de travail.
  • CE1-CE2 : 15 à 30 minutes. S’assurer de la compréhension de la consigne ou de l’énoncé, interroger et vérifier.
  • CM1 : idem. Mettre le travail en route, mais donner plus d’indépendance, valider à la fin.
  • CM2 : idem. Préparer l’entrée en 6e : favoriser l’autonomie (se documenter seul) et les capacités d’analyse (apprendre une leçon autrement que par cœur).
  • 6e : 30 à 45 minutes (profiter du week-end pour prendre de l’avance sur le programme de la semaine à venir). Revenir à un accompagnement soutenu. Avec un professeur par matière et des consignes différentes, l’enfant doit apprendre à gérer son temps. En janvier, lâcher peu à peu la bride.
  • Fin de 5e : l’ado doit être autonome et maîtriser la méthode de travail, d’apprentissage et d’organisation. Lui assurer qu’on l’aidera si besoin.