Devenir parent d'élèves

Devenir parent d'élèves

Participer aux projets pédagogiques, à l’élaboration du règlement intérieur, surveiller le poids des cartables ou la composition des repas, autant de dossiers sur lesquels les parents ont avantage à se faire représenter.

Les associations de parents d’élèves ont initialement émergé dans l’enseignement secondaire. Elles sont nées de la demande croissante d’information des familles favorisées, les plus familiarisées avec la vie scolaire.

Le rôle des associations de parents d'élèves

Les associations de parents d'élèves sont présentes dans toutes les instances de concertation, du plus près de l’élève (commission d’appel au moment de l’orientation, par exemple) au plus éloigné, puisqu’elles siègent au Conseil supérieur de l’éducation pour examiner des problèmes d’intérêt général comme les objectifs ou la réglementation du système éducatif.

Pourtant, la participation des parents à l’élection de leurs représentants va s’amenuisant à mesure que l’enfant grandit. Plus leurs enfants avancent dans leur scolarité, moins les parents comprennent le fonctionnement des établissements, et, du coup, ils s’en désintéressent. Rares sont ceux qui ont conscience de l’influence qu’ils peuvent avoir.

Écrire aux élus

Ainsi, il est possible d’intervenir sur la qualité du service de restauration scolaire en écrivant au maire (pour l’école primaire), au conseiller général (pour le collège) ou au conseiller régional (pour le lycée).

La vie à l’intérieur de l’école se décide au sein des instances de concertation, où la présence des parents apporte au minimum la garantie du bon déroulement des réunions dans le respect des enfants.

Comment s’organise l'élection des parents d'élèves

Il n’est pas nécessaire d’être membre d’une association de parents d’élèves pour se présenter aux élections. Néanmoins, l’affiliation à l’une des fédérations permet d’obtenir un soutien (formation assurée, communication d’informations ou de textes juridiques…). Tous les parents peuvent se porter candidats, à l’exception des personnels de l’établissement, qui siègent déjà dans les instances de concertation.

Le vote a lieu en octobre

Le vote se déroule courant octobre, à l’école, pendant quatre heures minimum, au début ou à la fin des cours, ou s’effectue par correspondance. Le scrutin permet d’élire les parents qui siégeront au conseil d’école (en maternelle et au primaire) et au conseil d’administration (dans les collèges et les lycées).

Les parents d'élèves au conseil d’école du primaire

Une fois par trimestre, il regroupe le directeur, le maire et un conseiller municipal, un délégué départemental de l'Éducation nationale, les parents et les maîtres. Ensemble, ils décident du règlement intérieur de l’école et du projet de l’équipe pédagogique.

Ils interviennent aussi sur l'utilisation des moyens attribués à l'établissement, la restauration scolaire, l’intégration des enfants handicapés, le choix des activités périscolaires, l’hygiène et la sécurité des élèves. Même si on n’y parle pas de ce qui se passe directement en classe, ce peut être l’occasion, pour les parents, d’aborder la répartition des niveaux ou le calendrier des fêtes et des sorties scolaires.

Les parents d'élèves au conseil de classe du collège et du lycée

Le conseil de classe réunit chaque trimestre tous les enseignants de la classe, le chef d’établissement, le conseiller d’éducation, le conseiller d'orientation-psychologue, deux représentants des parents d’élèves et deux élèves délégués. On y examine les résultats scolaires individuels des élèves et les décisions d’orientation. Sans jouer un rôle d’avocat, les parents peuvent apporter une précision sur les raisons de l’échec d’un enfant ou s’interroger sur les moyens à mettre en œuvre pour qu’une classe se remette au travail.

Ne pas attaquer un professeur

En revanche, ils éviteront d’attaquer personnellement un professeur ou d’intervenir pour leur cas personnel. L’incompétence supposée, l’absence ou le mauvais comportement d’un enseignant ne se discutent pas en conseil de classe mais directement avec le chef d'établissement, le principal ou le proviseur.

Les parents d'élèves au conseil d’administration du collège et du lycée

Présidé par le chef d’établissement, se réunissant au moins une fois par trimestre, cet organe de décision regroupe 30 membres pour les lycées et les collèges de plus de 600 élèves (24 pour les collèges de moins de 600 élèves), dont des représentants du personnel, des enseignants, un conseiller d’éducation, des délégués des parents et des élèves et des élus locaux.

Les attributions du conseil d'admnistration

Il adopte le projet d’établissement, le budget et le règlement intérieur, délibère sur le financement des voyages scolaires et le programme de l'association sportive et donne son avis sur les choix des manuels et des outils pédagogiques ou sur la création d’options et de sections. Ce peut être l’occasion pour les parents de s’inquiéter officiellement des éventuels non remplacements d’enseignants absents ou de demander un second jeu de manuels pour alléger le poids des sacs à dos.

Les parents d'élèves à la commission d’appel

Elle se réunit en juin, à la fin de l’année scolaire, et constitue le dernier recours des parents qui refusent une décision de type "le mieux est que votre enfant redouble ou qu’il soit réorienté".

Les membres de la commission n'ont pas d'a priori sur l'enfant

La commission est présidée par le directeur académique des services de l'éducation nationale, son représentant ou un chef d'établissement. Elle comprend :

  • deux chefs d'établissement,
  • un conseiller d'éducation,
  • un directeur de centre d'information et d'orientation,
  • trois représentants des parents d'élèves.

Le sort de chaque élève est réglé en dehors de sa classe et de son établissement par une équipe pédagogique qui n’a aucun a priori sur l’enfant puisqu’elle ne le connaît pas.

Avant d’être entendus, les parents se feront utilement conseiller dans leur argumentation de défense par les représentants des associations de parents qui connaissent les rouages et les codes de la commission.

Les parents d'élèves au conseil de discipline

Il ne se réunit qu’exceptionnellement, pour prononcer une sanction à l’encontre d’un élève à l’origine de troubles. Il se compose du chef d’établissement, de son adjoint, du gestionnaire, des représentants du personnel, des parents, des élèves, et du conseiller d’éducation.

La décision peut aller du simple avertissement à l’exclusion temporaire ou définitive, sans oublier le blâme.

Les parents d'élèves dans les instances de décision extérieures à l'école

En dehors de l’école, les parents sont également représentés dans les instances de décision, au niveau départemental, académique (l'équivalent de l'échelon régional, dans la plupart des cas) ou national. Au Conseil départemental de l’Éducation nationale (CDEN), ils ont leur mot à dire sur l'investissement dans les collèges ou les transports scolaires. Au Conseil académique de l'Éducation nationale (CAEN), ils sont consultés sur les questions relatives à l'organisation et au fonctionnement de l'enseignement dans l'académie. Enfin, au Conseil supérieur de l’éducation (CSE), ils examinent l’ensemble du système éducatif.

Parents, gare aux incompréhensions !

De ces réunions, les protagonistes ressortent souvent déçus. Les parents trouvent qu’ils ne sont pas assez écoutés et qu’on attend surtout d’eux une adhésion. Leur mandat est perçu comme une activité parmi d’autres, un service rendu aux enseignants.

Certains directeurs expriment des revendications auprès de l'Administration

Certains directeurs d’école s’appuient sur leur activisme pour faire passer leurs revendications de crédits ou de postes d’enseignants auprès de l’Administration. Les enseignants, de leur côté, se méfient des mamans ou des papas impliqués pour des mobiles strictement individuels.

Les parents élus ne représentent souvent qu’eux-mêmes, résumait sans animosité un directeur d'école, cité dans une enquête effectuée par la Fondation de France et publiée sous le titre "Des parents dans l’école".

Les parents découvrent parfois le fonctionnement du système scolaire

Bien amorcé, le dialogue entre les parents et les représentants de l’école souffre encore d’incompréhensions. La citadelle s’ouvre. Du coup, des parents tombent des nues en découvrant que ce ne sont pas les professeurs qui surveillent les élèves à la cantine ou qu’au primaire, l’école dépend de la mairie.

Même si les opinions divergent parfois sur l’organisation des enseignements ou les qualités attribuées aux élèves, les éducateurs s’accordent sur un point : ils recherchent avant tout le bien-être des enfants qui leur sont confiés.