Comment réussir sans le bac ?

Comment réussir sans le bac ?

Votre enfant a raté son baccalauréat et il refuse absolument de redoubler ? Tout n'est pas perdu ! De nombreuses formations diplômantes d'un bon niveau restent accessibles.

Le premier conseil à donner à tout élève qui vient d'échouer au bac est encore de redoubler ! Avec ce diplôme, toutes les portes de l'enseignement supérieur s'ouvrent. Cependant, si votre enfant ne veut pas recommencer une terminale, il faut rencontrer un spécialiste de l'orientation.

"Nous analysons la situation. Si le jeune a échoué par manque de travail, nous insistons sur l'intérêt du redoublement. S'il refuse et se trouve en situation d'échec scolaire, nous lui proposons des formations diplômantes comme l'apprentissage", explique Michèle Dain, directrice du bureau pour l'information et l'orientation professionnelle (BIOP) de la chambre de commerce de Paris.

Intégrer un BTS en septembre

Le brevet de technicien supérieur (BTS) valide une formation de deux années, dans 147 spécialités, proposée dans plus de 2 000 établissements publics ou privés. Ce diplôme national se prépare à temps plein dans les lycées (trente à quarante heures de cours par semaine et un stage obligatoire) ou sous contrat de professionnalisation (en alternance entre école et entreprise). Aucun texte n'indiquant que le bac est obligatoire pour intégrer les sections de technicien supérieur (STS), certaines acceptent les élèves qui ne l'ont pas obtenu.

Les critères de sélection

Un candidat très motivé peut encore trouver une place en septembre. Dossier, tests, entretien : tout doit être très rapidement bouclé !

"Pendant la sélection, nous tenons compte de la maîtrise d'une langue étrangère et de l'expérience commerciale, précise Claire Paris, responsable de communication du Greta Tertiaire Ouest parisien. Nous acceptons les candidats qui n'ont pas eu le bac, en BTS management des unités commerciales, négociation de la relation client, assistant de gestion PME-PMI, assistant de direction ou commerce international, sous contrat de professionnalisation, parce que nous pensons qu'ils ont le même niveau qu'un bachelier."

Si le jeune effectue son BTS sous contrat de professionnalisation ou d'apprentissage, il doit trouver une entreprise d'accueil. Les écoles privées hors contrat acceptent plus facilement des élèves qui ne sont pas titulaires du bac. Cependant, les frais de scolarité peuvent s'avérer élevés (entre 3 000 et 5 000 € par an) et souvent elles exigent du candidat qu'il passe le bac en candidat libre. Or il n'est pas toujours facile de concilier les apprentissages du BTS et les révisions du programme de terminale.

 

Préparer la capacité en droit

Si la seule condition d'accès à la capacité en droit est d'avoir 17 ans révolus au 1er novembre de l'année d'inscription, les études sont réputées difficiles.

Dispensée dans une quarantaine de facultés de droit ou par le biais du Centre national d'enseignement à distance (Cned), la formation se déroule en deux ans et permet d'intégrer (avec une moyenne de 10 sur 20) la deuxième année de licence en droit.

Le certificat de capacité en droit débouche sur une carrière dans le secteur privé (secrétaire ou assistant en cabinet juridique, dans l'immobilier, l'assurance, la banque…) ou public (concours catégorie B).

Choisir une école spécialisée

Certaines écoles privées ou publiques admettent des candidats qui ont atteint le niveau de la terminale, parce qu'elles recrutent sur la base d'un talent particulier (beaux-arts, arts déco, commerce, hôtellerie, santé, communication, tourisme…).

Attention aux établissements privés : la scolarité y étant très coûteuse, il vaut mieux les éviter lorsqu'ils ne préparent pas à un diplôme reconnu par l'État comme le BTS.

Le centre du Conservatoire national des arts et métiers (Cnam) à Paris et ses antennes en province préparent à un certificat professionnel débouchant sur le monde du travail. Le Cnam délivre 7 000 diplômes et les non-bacheliers peuvent y obtenir un diplôme d'ingénieur. Les diplômes restent conditionnés par la réussite aux examens, ce qui implique de savoir s'organiser et de travailler régulièrement.

Les chambres de commerce et d'industrie (CCI) proposent également des formations pratiques dans divers secteurs (banque, marketing, bâtiment…). Les instituts des forces de vente (IFV) - 72 en France -, par exemple, préparent en un an au diplôme de technicien des forces de vente, qui donne un niveau bac.

Apprendre un métier

Il existe une cinquantaine de métiers accessibles aux non-bacheliers : éducateur sportif, assistant dentaire (formation gratuite et rémunérée de deux ans), assistante maternelle (agrément et formation), clerc de notaire (écoles de notariat), ou encore hôtesse de l'air ou steward…

L'armée et la gendarmerie proposent plus de 400 métiers différents (cuisinier, agent comptable, coiffeur, mécanicien, secrétaire, maître-chien, pilote d'engins blindés, opérateur radar…).

S'il n'est accepté nulle part, votre enfant peut partir perfectionner une langue à l'étranger, préparer le Bafa (brevet d'aptitude aux fonctions d'animateur) ou un concours administratif catégorie C, suivre des cours en auditeur libre…

Deux formations pour plus tard

Après deux ou trois années d'expérience professionnelle, un non-bachelier peut envisager deux nouvelles possibilités : préparer le diplôme d'accès aux études universitaires (DAEU) ou s'inscrire en capacité en gestion des entreprises.

Le DAEU est accessible à partir de 24 ans sans condition ou dès 20 ans en justifiant de deux années d'activité professionnelle. La formation d'un an est dispensée en université ou à distance avec le Cned.

Le candidat choisit de passer un DAEU littéraire (A) ou scientifique (B), qui permet d'entrer en première année à l'université.

La capacité en gestion des entreprises, bien que diplôme non reconnu au niveau national, est bien cotée au sein des entreprises. D'une durée de deux ans, elle est dispensée par l'institut d'administration des entreprises (IAE) de Caen ou par le CNED (voir encadré page suivante).

Sites à consulter

Centre national d'éducation à distance (Cned)

Site Internet : www.cned.fr

Centre d'information et de documentation jeunesse (CIDJ)

Lire les fiches "Sans le bac" (n° 2332, février 2007) et "Les BTS" (n° 1436, janvier 2007).
Site Internet : www.cidj.com

Chambres de commerce et d'industrie (CCI)

Voir aussi les centres d'information et d'orientation professionnelle des CCI.
Site Internet : www.acfci.cci.fr

Conservatoire national des arts et métiers (Cnam)

Site Internet : www.cnam.fr