Comment limiter les disputes entre frères et sœurs

Comment limiter les disputes entre frères et sœurs

Les relations conflictuelles entre frères et sœurs laissent souvent les parents démunis. Que faire pour aider ses enfants à construire une relation plus sereine ?

Rares sont les fratries exemptes de chamailleries. En effet, la rivalité est inhérente à l'état de frère et sœur, contraints de partager l'amour des mêmes parents.

Ainsi, lorsque la différence d'âge entre l'aîné et le cadet est supérieure à trois ans, l'aîné vit souvent mal l'attention soudaine portée au nouveau venu. Quant au cadet, il envie les prérogatives "injustes" accordées au plus grand. Lorsque l'écart d'âge est faible au contraire, les frères et sœurs se chamaillent, car ils sont sur le même terrain, dans une situation de constante rivalité.

Poser des règles claires

Les disputes entre frères et sœurs sont donc normales. Mais elles sont toujours difficiles à vivre pour les parents. D'autant plus qu'elles les renvoient à leurs propres conflits familiaux non soldés. Les parents ont en outre du mal à admettre que leurs enfants n'aient pas l'un pour l'autre l'amour inconditionnel qu'ils leur portent à chacun.

Pour éviter que les chamailleries ne virent au pugilat, il importe avant tout de poser des règles claires. Les enfants doivent savoir qu'ils n'ont pas le droit de porter la main sur l'autre, sans quoi ils encourent une punition. De même, il faut leur apprendre à mesurer le sens des mots et interdire les insultes.

Limiter les interventions

En dehors de ces cas extrêmes, pour les psychologues, mieux vaut éviter de s'immiscer et surtout de prendre parti dans une dispute dont il est quasi impossible de connaître l'origine exacte. Au-delà des motifs invoqués, l'enjeu réel est presque toujours notre amour. En prenant la défense de l'un, nous risquons donc d'exacerber le sentiment d'injustice de l'autre.

Une approche constructive

L'intervention peut toutefois se justifier par une approche constructive. Les parents peuvent par exemple inciter leurs enfants à négocier pour trouver un terrain d'entente.

Parfois, les parents sont amenés à intervenir pour se protéger eux-mêmes. Fatigués par leur journée, ils peuvent aspirer à un peu de sérénité et ordonner à leurs enfants de poursuivre leur dispute dans leur chambre ou dans le jardin. Et, si les éclats de voix se poursuivent à table, les forcer au silence le temps du repas pour régler leur différend après.

Sortir de la logique de comparaison

Au-delà de la gestion du conflit lui-même, il faut aider chacun à construire son propre territoire, pour sortir de la logique de comparaison. Bien sûr, cet objectif est plus facile à atteindre si chacun peut s'isoler dans sa chambre. Mais on peut aussi aider deux frères à dépasser leur rivalité en les orientant vers des activités sportives différentes où chacun donnera la mesure de ses capacités.

En tout état de cause, il faut toujours se garder de hiérarchiser et de valoriser la réussite de l'un au détriment de l'autre. Autre clé : consacrer du temps séparément à chacun de ses enfants.

Dédramatiser

Enfin, il ne faut pas dramatiser les conflits. En dehors du cercle familial, des frères et sœurs "ennemis" se révèlent souvent solidaires. Et des sœurs qui se chamaillent pendant l'enfance peuvent devenir complices à l'adolescence, voire lorsqu'elles ont à leur tour des enfants.