Burn-out maternel, où trouver de l’aide ?

Burn-out maternel, où trouver de l’aide ?
Les mères qui vivent une situation d’épuisement intense peuvent se faire accompagner. - © SolStock

L’épuisement intense risque de mener à la maltraitance. Les mères qui vivent cette situation peuvent se faire accompagner. Éventail des solutions.

L’anglicisme burn-out est surtout connu pour qualifier un syndrome d’épuisement professionnel lourd chez les salariés. Des mères connaissent également cette forme de fatigue physique et mentale.

« Les femmes les plus touchées sont celles qui idéalisent l’arrivée du bébé. Ce sont aussi les mamans seules ou qui ont des enfants d’âges rapprochés, ou des jumeaux, pointe Adeline Paquet, infirmière-puéricultrice à la Protection maternelle et infantile (PMI) de Tremblay-en-France (93). Mais ce syndrome peut apparaître dès le premier enfant, surtout si la mère reste seule à la maison. Celles qui travaillent et qui assument tout sont aussi très concernées. »

Rompre l’isolement

Pour sortir de cette situation, la volonté ne suffit pas. Aux premiers signes, l’important est de sortir de son isolement.

Médecin généraliste, pédiatre ou sage-femme peuvent orienter la mère vers un suivi psychologique. Des sites internet comme maman-blues.fr ou ecoledesparents.org indiquent des lieux ressources. Vous pouvez aussi tisser des relations avec d’autres mères sur les forums de discussion.

« Si son enfant a moins de six ans, la personne peut contacter la PMI la plus proche de chez elle, poursuit Adeline Paquet. Des permanences permettent aux mères de vider leur sac et aux puéricultrices d’observer la relation parentale, afin de repérer les dysfonctionnements. Un soutien individualisé et gratuit de la part d’un psychologue peut ensuite s’enclencher. » Cette phase s’accompagne parfois d’un travail en groupe.

Les soutiens possibles

Après une évaluation, la PMI peut aiguiller le parent vers une autre structure, un centre médico-psychologique (CMP), par exemple. « Pour soulager la mère, nous apportons aussi une aide pratique (aide-ménagère, travailleuse familiale...) par le biais de partenaires, souligne Adeline Paquet. Une visite gratuite à domicile d’une sage-femme ou d’un puériculteur peut être organisée, à notre initiative ou à celle de la mère, qui se livrera plus facilement chez elle. Cette intervention sert éventuellement de point de départ à un accompagnement à la parentalité. »

Autre solution : les LAEP (lieux d’accueil enfants-parents) mis en place dans les centres sociaux ou PMI. « Des professionnels formés à l’écoute y accueillent gratuitement parents et enfants de moins de 6 ans pour échanger, précise Aurélie Beauvivre, psychologue indépendante. C’est aussi un lieu de rencontre des parents. » Les parents séparés ou en voie de séparation bénéficient de dispositifs spécifiques.

Un appui plus intensif

« Des unités petite enfance ou parent-bébé dépendant du secteur de la pédopsychiatrie ou d’hôpitaux implantés dans toute la France offrent une écoute et un soutien gratuit, continue la psychologue. Il peut y avoir hospitalisation dans les cas extrêmes, lorsque, par exemple, la mère souffre d’un état dépressif sévère. »

Ces accompagnements transitoires peuvent durer jusqu’à plusieurs mois. Tout est fait pour apporter le soutien psychologique nécessaire et éviter le placement de l’enfant. « Nous veillons à faciliter la vie quotidienne de la mère, insiste-t-elle, notamment grâce à l’appui de la famille. »

Enfin, si la plupart des lieux ressources et des dispositifs sont gratuits, des professionnels indépendants proposent leurs services. « Des consultations individuelles ou familiales chez un psychologue formé en périnatalité et parentalité coûtent entre 40 et 60 euros, souligne Aurélie Beauvivre. Parfois, deux ou trois consultations suffisent pour que la situation s’améliore. »

Les signes qui doivent donner l’alerte

Physiquement et moralement éprouvées, des mères se sentent débordées, tristes, anxieuses et irritables. Au bout du rouleau, elles perdent confiance en elles. Les symptômes se multiplient : troubles du sommeil, de l’alimentation, violence verbale à l’égard des autres et de l’enfant, parfois même violence physique. Prendre conscience de cet état de fait est le premier pas vers une amélioration de la situation.

À lire

  • Mère épuisée, de Stéphanie Allenou, éditions Les Liens qui libèrent, 17,30 €.
  • La fatigue émotionnelle et physique des mères, de Violaine Guéritault, éditions Odile Jacob, 29,90 €.
  • J’arrête de m’épuiser,
 de Marlène Schiappa et Cédric Bruguière, éditions Eyrolles, 11,90 €.

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