Bien vivre une recomposition familiale

Bien vivre une recomposition familiale

Plus encore qu'une famille ordinaire, les familles recomposées sont confrontées à la difficulté de concilier vie de couple et vie de famille. Chacun doit trouver sa place. Ce qui nécessite un peu de bonne volonté, de la patience et quelques compromis.

Les familles recomposées se heurtent aux mêmes problèmes qu'une famille ordinaire. Mais dans une famille traditionnelle, les liens qui unissent les adultes et les enfants sont des liens de sang et par conséquent n'ont pas à être remis en cause. Ce qui n'est pas le cas dans une famille recomposée, où chacun doit tenir différents rôles pour lesquels il n'a généralement pas été préparé.

Des habitudes chamboulées

Ainsi, le nouveau conjoint doit se glisser dans la peau d'un beau-père ou d'une belle-mère. C'est également l'intrus, celui qui vient chambouler les habitudes d'une famille qui a déjà sa propre histoire. Les enfants doivent se positionner les uns par rapport aux autres, les uns devant faire avec un "grand frère" ou une "grande sœur" alors qu'ils avaient auparavant le rôle d'aîné, les autres perdant leur place de "petit dernier"…

En outre, les deux entités familiales ne partagent pas forcément les mêmes manières de vivre au quotidien, de concevoir l'éducation des enfants, et peuvent même avoir des convictions totalement opposées.

Un défi pour le nouveau couple

Dans une famille recomposée, contrairement aux débuts d'une première union, le couple ne vit pas vraiment de "lune de miel". Les enfants sont déjà là et il faut vite parler organisation, week-ends ou semaine de garde, aménagement de l'espace. En même temps, chaque conjoint doit réussir à se faire une place dans les habitudes, le rythme et les règles déjà établis au sein de l'autre famille. D'autant plus si le nouveau conjoint va vivre chez l'autre.

À cela s'ajoutent les immixtions inévitables de l'autre parent, l'ex-conjoint, qui continue de côtoyer ses enfants. Les anciens liens demeurent en effet le plus souvent et doivent se concilier avec les nouveaux qui se créent. Les premiers mois sont donc, la plupart du temps, difficiles et nécessitent un effort pour tous les membres de cette nouvelle tribu.

Préciser les rôles de chacun

C'est pourquoi il est essentiel, pour l'avenir de la famille recomposée, de préciser dès le départ le rôle que chacun aura à endosser, et plus particulièrement pour le nouveau conjoint. Il doit se déterminer sur la place et l'engagement qu'il entend prendre à l'égard des enfants de son conjoint (copain, ami, guide…), sachant que, sauf situation exceptionnelle (décès ou désintérêt total de l'autre parent…), il n'a pas vocation à remplacer le vrai père ou la vraie mère de l'enfant.

En revanche, les deux nouveaux conjoints ont intérêt à fixer ensemble de nouvelles règles de vie (horaires, tâches domestiques, principes éducatifs, relations intrafamiliales…). Il est souhaitable que, dans cette nouvelle répartition des rôles, chaque parent investisse l'autre de l'autorité auprès de ses propres enfants pour faire appliquer ces règles définies ensemble.

Rassurer les enfants

Les enfants doivent également adhérer au nouveau mode de vie de leur parent respectif. C'est pourquoi il est essentiel de laisser aux enfants le temps de faire le deuil de leur ancienne famille. L'enfant doit réussir à comprendre que la séparation de ses parents biologiques n'est pas la fin des relations familiales, mais plutôt le début de leur réorganisation. Pour les enfants, la formation concrète d'un nouveau couple sous un même toit sonne généralement le glas du couple constitué par leurs parents, ce qui nécessite forcément une période de "digestion" qu'il faut accompagner.

Il est donc important de rassurer l'enfant. Le dialogue reste la clé du succès afin de lever les malentendus, les ambiguïtés et les doutes. Pour que l'enfant conserve ses repères, il doit bien avoir en tête que son père ou sa mère seront toujours là pour lui et qu'il pourra toujours compter sur eux.

Au final, la plupart des familles recomposées, lorsqu'elles ont pris le temps de mettre en place leurs propres traditions, apportent généralement des relations humaines fortes et durables.

Un déménagement en règle

La famille recomposée ne peut pas toujours s'installer là où elle le souhaite, sauf s'il s'agit simplement de changer de quartier. Dans ce cas, chacun devra prévenir son ex et lui communiquer ses nouvelles coordonnées.

En revanche, si la famille souhaite s'installer en province alors qu'elle vivait jusque-là en région parisienne, cela peut complètement chambouler l'organisation de vie entre les parents séparés et le quotidien des enfants : changement d'école, de crèche… Aussi, si l'un des parents déménage, il doit avertir l'autre parent suffisamment à l'avance (article 373-2 du Code civil) pour planifier leur nouveau mode de vie autour des enfants.
Sinon, il prend le risque d'être condamné à six mois de prison et 7 500 euros d'amende. Si les parents n'arrivent pas à s'entendre, c'est au parent le plus "diligent" de saisir le JAF, qui tranchera selon ce qu'exige l'intérêt de l'enfant.

Le recours au médiateur familial

Si certains conflits n'arrivent pas à se résoudre avec le temps, voire s'aggravent, le recours aux services d'un médiateur familial est une bonne démarche pour trouver une issue.

Mais c'est aux parents de trouver par eux-mêmes une solution à leurs difficultés. Cela se passe généralement au cours de quelques séances d'environ deux heures chacune. Nous sommes là pour les aider à restaurer le dialogue entre eux, à se respecter davantage, puis à formaliser les bases d'un accord durable. Cela oblige ainsi chacun à être responsable de ses choix.