Apprendre la musique aux enfants

Apprendre la musique aux enfants

Pour se mettre à la musique, votre enfant a le choix : conservatoire, école ou cours particuliers. Nos conseils pour vous mettre au diapason et sélectionner ainsi la meilleure offre.

Quelle fierté pour un enfant de jouer d’un instrument ! Outre le plaisir transmis à ses proches, le musicien en herbe renforce sa concentration, accède à un univers sonore nouveau et enrichit sa personnalité. "Quand un enfant réussit à interpréter un morceau au bout de quelques mois d’apprentissage, et qu’il est le seul à être capable de le faire dans sa famille, il s’aperçoit qu’il dispose d’un atout supplémentaire et c’est très important pour lui", observe Gilles Akoka, professeur de trompette dans trois conservatoires de la région parisienne.

L’excellence du conservatoire

"Le conservatoire est probablement une excellente solution pour ceux qui s’accrochent, confie Sylvie, maman de Nicolas, qui y étudie le piano depuis l’âge de 4 ans. Mais cela demande persévérance et discipline." Placée sous le contrôle pédagogique du ministère de la Culture, l’institution dispense un enseignement considéré comme "la voie royale". Dans tous les conservatoires de France, les enfants bénéficient d’un apprentissage de niveau comparable. Les professeurs sont triés sur le volet par un concours difficile.

Il existe quatre types de conservatoires : les conservatoires à rayonnement communal et intercommunal, les conservatoires départementaux, les régionaux et les nationaux. Les trois derniers ont pour vocation de former des professionnels, mais tous offrent un socle commun d’apprentissages au niveau des deux premiers cycles, et tous accueillent les débutants, de 6 ou 7 ans (voire dès 3 ans pour ceux qui disposent d’un cycle d’initiation).

De la qualité mais des horaires rigides

Le premier cycle dure entre trois et cinq ans, avec trois heures de cours hebdomadaires dont trente minutes de cours particulier. Dès la première année, l’enfant choisit son instrument et apprend le solfège - dans les programmes officiels, on parle de "formation musicale". L’examen de fin de premier cycle sanctionne l’acquisition d’une pratique de base de l’instrument. Il permet le passage en second cycle (trois à cinq ans également), qui vise à permettre de jouer de façon autonome.

Ces écoles de qualité offrent peu de souplesse dans les horaires. Votre enfant devra subir un examen d’entrée en premier cycle et la sélection peut s’avérer rude dans les conservatoires les plus demandés. Mais Gilles Akoka souligne les bienfaits attachés à ce type de pratique collective d’un instrument : "Les élèves comprennent mieux l’utilité du solfège en voyant que s’ils ne respectent pas le rythme, ils ne peuvent pas jouer ensemble." C’est pourquoi même les apprentis pianistes bénéficient de cours en duo ou en trio. Points forts du conservatoire : large gamme d’instruments, enseignement de qualité, coût réduit (250 €/an).

Les écoles de musique, une bonne alternative

Les écoles de musique sont pour la plupart sous statut associatif. Il y en a environ quarante-cinq par département. Celles agréées par l’État sont contrôlées par des inspecteurs du ministère de la Culture et dispensent un enseignement proche de celui des conservatoires. "Mais la grande majorité ne sont pas labellisées, ce qui ne veut pas dire qu’elles sont de moins bonne qualité", nuance Margareth Chopard, chargée de mission musique-danse-théâtre au conseil général de Loir-et-Cher. Pour s’assurer de la qualité d’un établissement, elle conseille de s’informer sur les compétences des professeurs. Le nec plus ultra : le diplôme d’état de professeur de musique - obligatoire pour ouvrir une école de musique.

Beaucoup d’associations, surtout en zone rurale, emploient des étudiants en cursus supérieur du conservatoire, ce qui garantit un très bon niveau technique, mais pas nécessairement des qualités pédagogiques. Les points forts des associations : proximité, coût réduit (250 €/an) et pratique collective.

Les écoles privées ne bénéficient pas de subventions, aussi leur coût est-il plus élevé. Les "clubs Yamaha" (66 écoles en France) constituent l’un des réseaux les plus connus. Ils proposent des cours collectifs sérieux (de 170 à 200 €/trimestre). Même si certains clubs organisent des examens de fin d’année, le niveau des pratiquants atteint rarement celui dispensé au conservatoire. Le plus des clubs : une approche attrayante et efficace.

Les maisons des jeunes et de la culture (MJC) proposent, elles aussi, des cours de musique. Il s’agit d’une activité de loisirs et non d’un parcours progressif dans le temps. Elles bénéficient de prix accessibles grâce aux subventions (à partir de 150 €/an + 10 e d’adhésion), et d’une certaine souplesse d’accès (pas de limite d’âge, ni d’examen).

Souplesse et tarifs élevés pour les cours particuliers

Pour finir, le cours particulier demeure la formule la plus onéreuse (à partir de 30 €/heure). Cependant, lorsque le professeur intervient à domicile, vous pouvez le régler avec un chèque emploi-service universel (Cesu). Ce sera le cas si vous passez par un organisme national comme l’Institut de culture musicale (ICM), qui propose des cours à 41 € l’heure, soit 20,50 € après crédit d’impôt. Le cours particulier, basé sur la pratique individuelle, sans l’émulation du collectif, présente le risque d’un décrochage plus rapide. En contrepartie, il dispose de deux atouts : le choix du créneau horaire et celui de l’enseignant.

A savoir

Chèque emploi-service universel : www.cesu.urssaf.fr.

Écoles Yamaha : www.yamaha.fr

Institut de culture musicale : www.icm-musique.fr ou 0810 811 350 (prix d’un appel local depuis un poste fixe)

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