Alcool : ces jeunes qui boivent trop

Ivresses à répétition ou « cuites » occasionnelles participent du même engrenage qui risque de pousser les ados les plus fragiles vers l’addiction. Dès le premier dérapage, il faut aborder le sujet avec eux.

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L'alcool et les jeunes : attention !
© La consommation d'alcool chez les jeunes, un sujet d'inquiétude. © mediaphotos - Istock

Des fêtes entre copains dont ils rentrent passablement éméchés, des bouteilles vides retrouvées dans leur chambre, une haleine chargée et un mal de crâne persistant : autant de raisons de s’interroger sur le rapport de nos adolescents à l’alcool. Associé à la convivialité et au plaisir, l’alcool est très présent dans la vie sociale. Pour l’entourage, il n’est pas facile de faire la part des choses.

Que ces excès soient le signe d’un réel penchant pour les boissons alcoolisées ou l’expression d’un âge faisant la part belle à la transgression, il faut intervenir dès les premiers dérapages et créer un dialogue avec son enfant. Car banaliser l’abus d’alcool est dangereux.

Le désir de certains jeunes d’atteindre - rapidement - un état d’ébriété avancé est un phénomène que l’on constate partout en Europe et il n’est pas rare de voir des adolescents de 13 ou 14 ans s’enivrer.

Des boissons fortes pour un effet radical : le « binge drinking »

Ce phénomène anglo-saxon, appelé « binge drinking » consiste à ingérer un maximum d’alcool en un minimum de temps. En France, à 13 ans, 5 % des garçons et 2 % des filles admettent avoir une consommation régulière d’alcool. C’est le premier produit expérimenté, avant le tabac ou le cannabis. Les premières relations des jeunes avec l’alcool commencent souvent en famille, lors d’apéritifs ou de fêtes. Elles se poursuivent avec les « Premix », ces boissons rafraîchissantes, au goût sucré, obtenues à partir d’un alcool fort et d’un soda qui en masque l’amertume.

La précocité de ces comportements et les quantités ingérées surprennent, y compris le monde médical. Ils boivent des alcools très forts, non par goût mais pour l’effet radical que la substance a sur eux. Avec de telles pratiques les moins de 14 ans mettent leur vie en danger.

L'alcool pour se déconnecter du monde

Les jeunes gens qui consomment régulièrement des boissons alcoolisées boivent généralement parce qu'ils s'ennuient. Les ados sont à la recherche d’émotions fortes et immédiates. Les élèves brillants et sans histoires ne sont pas plus à l’abri des excès que les jeunes en difficulté scolaire.

La fête est un exutoire, un moment qu’ils partagent entre jeunes. Selon leurs propres expressions, ils « se mettent à l’envers » ou « se déchirent », comme pour se déconnecter du monde qui les entoure.

Contre l'alcoolisme, l’importance du modèle parental

Il revient aux adultes d’être vigilants et de veiller à leur propre comportement. Mettre en cohérence leurs mises en garde et leurs attitudes est réputé davantage structurant pour l’ado­lescent à l’écoute. Les apéritifs à répétition, le vin à toutes les occasions, ne favorisent pas la crédibilité de leur discours.

L’influence de la consommation de l’entourage est importante, autant chez leurs parents que chez leurs amis. Lorsque ces derniers s’enivrent une fois par semaine, le risque pour un mineur de devenir un consommateur régulier est multiplié par 16.

Cohérence du comportement de la part des adultes et information appropriée concourent à ce que l’alcool ne soit qu’une fréquentation passagère dans la vie des adolescents. Seule une petite minorité d’entre eux - les « buveurs » plus précoces - passera d’une consommation occasionnelle à l’addiction.

Mettre en garde contre les dangers associés à l’alcool

Les adultes imaginent les adolescents bien informés, et c’est loin d’être le cas. Dire « boire, c’est mauvais » est inefficace. Mieux vaut souligner les répercussions de l’alcool sur leur vie, un fléchissement des résultats scolaires par exemple. Puis, énoncer ses propres règles pour que l’adolescent n’ait pas le sentiment que boire est « normal ».

Il faut le mettre en garde contre les dangers associés à la prise d’alcool : accidents de scooter, motivation affaiblie pour résister à d’autres produits ou mise en danger. Vis-à-vis des plus jeunes, les interdictions doivent être formulées clairement. Enfin, il faut les questionner sur les mesures de protection qu’ils adoptent face à ces risques.

df
Isabelle Lacheref
Mis à jour le

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