Fin de vie : parlons de vos nouveaux droits

Fin de vie : parlons de vos nouveaux droits
La campagne d'information sur la fin de vie invite les Français à aborder ce sujet plus sereinement. - © Ministère de la Santé

La ministre de la Santé, Marisol Touraine, a lancé lundi une grande campagne d’information sur la fin de vie. Promulguée il y a un an, 90 % des Français ne connaissent pas la loi sur la fin de vie, ni leurs droits.

« La fin de vie, et si on en parlait ? » invite une campagne nationale d’information lancée lundi par le ministère de la Santé avec le Centre national des soins palliatifs et de la fin de vie (CNSPFV). L’objectif est de mieux faire connaître la loi du 2 février 2016 qui renforce les droits existants et en crée de nouveaux pour les personnes malades et les personnes en fin de vie. La campagne doit durer jusqu’au 20 mars.

Elle se décline sous la forme d’un spot télévisé, d’annonces dans la presse, de bannières sur les réseaux sociaux. Un site Internet a également été créé (www.parlons-fin-de-vie.fr). Il contient notamment des vidéos d’experts, des infographies thématiques ou encore des fiches pratiques sur les différents aspects de l’accompagnement.

A partir de mars, des rencontres citoyennes seront organisées en région, dans une dizaine de villes. La première est prévue le 7 mars à Bordeaux. Cette campagne de communication vient compléter celle à destination des professionnels de santé et du corps médico-social lancée en décembre dernier.

L’enjeu est d’informer sans brusquer et d’encourager chacun à en parler avec ses proches. Car « aujourd’hui, 9 Français sur 10 ne connaissent pas la loi », rappelle Marisol Touraine. Pourtant, elle prolonge la loi Leonetti de 2005 en créant de nouveaux droits aux personnes en fin de vie.

Refus de l’obstination déraisonnable

Elle ouvre ainsi le droit à une « sédation profonde et continue » jusqu’au décès, c’est-à-dire l’administration de sédatifs aux malades en phase terminale qui souffrent trop afin qu’ils soient endormis jusqu’à leur mort. Les malades ont aussi le droit de refuser « l’obstination déraisonnable » ou acharnement thérapeutique. En revanche, le suicide assisté (l’acte létal est accompli par la personne elle-même) et l’euthanasie (mort induite par un tiers) ne sont toujours pas autorisés.

Par ailleurs, toute personne majeure peut faire une déclaration écrite appelée directives anticipées pour exprimer ses volontés sur sa fin de vie, qu’elle soit en bonne santé ou malade. Les médecins ont ainsi connaissance de ses souhaits pour la poursuite, l’arrêt ou le refus de traitements médicaux pour sa fin de vie, dans l’hypothèse où elle ne serait pas en mesure de l’exprimer directement.

Les directives anticipées s’imposent aux médecins

La nouvelle loi impose désormais ces directives anticipées aux médecins sauf dans deux situations :

  • en cas d’urgence vitale pendant le temps nécessaire à une évaluation complète de la situation ;
  • lorsque les directives anticipées apparaissent inappropriées ou non conformes à la situation médicale.

Elles peuvent être rédigées à partir du modèle accessible ici aux abonnés ou simplement sur un papier libre daté et signé. Elles sont conservées dans votre dossier médical ou chez une personne de confiance que vous aurez désignée (un parent, un proche, le médecin traitant) dont le rôle a été renforcé. Ainsi, à défaut de l’existence de directives anticipées, le témoignage de cette dernière prévaut sur ceux de la famille ou des proches.

Si vous avez des questions sur la fin de vie et souhaitez être orienté vers les bonnes personnes, vous pouvez contacter le service d’écoute du CNSPFV au 0 811 020 300 (prix d’un appel local depuis un poste fixe).