S’installer à deux : les précautions à prendre

Poser ses valises dans le même nid douillet est une étape importante pour un couple. Pour que rien ne vienne saper votre idylle, soyez vigilant.
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Poser ses valises dans le même logement est une étape importante pour un couple.
Poser ses valises dans le même logement est une étape importante pour un couple.

Un bail à deux sinon rien

Si, sans être mariés ni pacsés, vous louez un appartement ou une maison, il est vivement conseillé d’être tous les deux titulaires du contrat de bail. Vous serez certes solidaires du paiement du loyer, mais vos droits sur le logement seront garantis. À défaut, si le titulaire du bail décidait de le résilier, l’autre n’aurait aucun recours pour l’en empêcher.

Notre conseil : si l’un de vous vient habiter chez l’autre, le bail aura donc déjà été établi. Il est prudent de demander au bailleur d’en établir un nouveau à vos deux noms.

A lire aussi : Locataire, propriétaire : les conditions de la rupture du bail

Faire ses comptes

Avant de signer votre bail, établissez un budget. Il est fréquent de faire pot commun pour toutes les dépenses relatives au logement. À vous de déterminer, dans l’intimité de votre couple, si cette cagnotte est alimentée à proportions égales ou plus équitablement, en tenant compte de la différence de vos revenus. Quoi qu’il en soit, vous devrez financer ensemble une série de dépenses : dépôt de garantie (égal au maximum à un mois de loyer hors charges), loyers, assurance habitation, factures d’électricité, de gaz, d’internet, d’eau, d’abonnement TV, taxe d’enlèvement des ordures ménagères adressée au propriétaire mais que vous devrez supporter, etc.

Notre conseil : n’oubliez pas de provisionner la taxe d’habitation, qui ne sera totalement supprimée pour 80 % des foyers qu’en 2020. La redevance audiovisuelle (139 euros) n’est pas concernée par cette exonération.

Un compte joint utile mais risqué

Dans un couple en union libre, chacun est responsable de ses seules dettes. En d’autres termes, vous n’êtes pas solidaire de celles de l’autre (sauf, bien sûr, pour le loyer si vous avez signé le bail à deux). Attention donc au compte joint. Il se révèle certes particulièrement pratique quand le couple emménage pour régler les dépenses communes. Mais en cas de solde débiteur, il comporte des risques, comme celui de devoir régler le découvert même si seul votre concubin est à l’origine des dépenses ayant fait basculer le compte dans le rouge. Pis encore, vous pourriez être interdit bancaire en raison d’un chèque sans provision émis par l’autre. Pour la banque, chacun des titulaires est autorisé à utiliser le compte, à disposer de moyens de paiement et à effectuer toutes les opérations. Mais ils sont également tous les deux responsables.

Notre conseil : pour réduire les risques, refusez auprès de votre banque un découvert autorisé. Une autre solution consiste à désigner un seul responsable du compte joint. Prévue par le Code monétaire et financier, cette pratique est méconnue et fort peu utilisée. Interrogez votre banque. Et, en cas de mésentente dans le couple ou de séparation, clôturez très rapidement le compte joint.

Gare aux crédits souscrits à deux

Au moment de l’emménagement dans un nouveau logement, il n’est pas rare de souscrire un ou plusieurs crédits à la consommation.

Dans la mesure du possible, évitez d’y avoir recours. Dès lors que vous signez le contrat, le prêt vous engage solidairement, et ce, quel que soit le sort qui a été réservé à cet argent emprunté. Peu importe qu’il ait servi par exemple à financer la voiture de monsieur ou de madame. La banque peut exiger de vous, en tant que co-emprunteur, le paiement de l’intégralité des mensualités.

Notre conseil : pendant la vie commune, il est judicieux de conserver toutes les preuves d’achats de vos équipements et dépenses importantes (factures, relevés bancaires, talons de chèque). En cas de séparation, chacun récupérera ce qu’il a acheté (mobiliers, véhicules, bijoux, etc.). Pensez aussi à vous ménager des preuves en cas de mouvements importants de sommes d’argent entre vous.

Objectifs : éviter des conflits, toujours dans l’hypothèse d’une séparation, et laisser une situation claire aux héritiers en cas de décès de l’un de vous deux.

A lire aussi : Concubinage : logement, impôts, séparation...

Être en règle avec la CAF

Dès lors que votre situation change (vie maritale, déménagement), contactez la caisse d’allocations familiales (CAF). En effet, si vos ressources sont modestes, vous pourrez bénéficier de l’aide personnalisée au logement (APL), de l’allocation de logement familiale (ALF) ou de l’allocation de logement sociale (ALS) ; faites-en la demande. Si vous êtes déjà allocataire d’une aide de la CAF, ne tardez pas à mettre à jour votre dossier. Car si vous continuez à percevoir une allocation alors que vous n’y avez plus droit (le RSA, par exemple) ou si vous recevez trop, la CAF vous demandera de rembourser, voire en cas de fraude, engagera à votre encontre des poursuites judiciaires. Pour connaître le montant potentiel de vos droits, effectuez une simulation sur Caf.fr.

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df
Rosine Maiolo
Publié le

Immobilier, droit du travail, retraite...

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