Comment créer son arbre généalogique ?

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© Megan Brady - iStock

Rechercher des ancêtres ou des cousins

Remonter dans le temps pour trouver ses racines constitue la recherche généalogique la plus classique et la plus répandue. Mais on peut aussi choisir de répertorier tous les descendants d’un couple d’ancêtres, qui constituent autant de cousins potentiels. Les généalogistes amateurs peuvent alors décider de les contacter pour faire partager leurs recherches ou organiser des cousinades, des rassemblements qui ont lieu en général dans la commune de naissance de l’aïeul commun. « La généalogie est une activité qui peut être solitaire, mais qui amène souvent à rencontrer d’autres personnes et même à voyager, décrit Agnès Vatican, directrice des archives départementales de la Gironde. Elle est accessible à tous, car nous avons tous une histoire familiale. Et elle s’avère très enrichissante dès lors que l’on n’est pas dans le règne de l’immédiateté. Pour réussir, il faut être patient ! »

Consulter les documents familiaux

Commencez par interroger vos aînés. « La première démarche est de questionner les parents, grands-parents, oncles et tantes pour rassembler un maximum d’éléments, comme les noms de leurs grands-parents et arrière-grands-parents, les dates de naissance, les lieux de décès, etc., explique Jérôme Galichon, responsable innovation chez Geneanet, site consacré à la généalogie. Consultez également tous les documents d’état civil, actes de naissance, livrets de famille et autres, en votre possession ainsi que ceux de vos parents et grands-parents. »

Vous pouvez obtenir des copies d’actes d’état civil auprès des mairies des communes où ils ont été enregistrés. Ainsi, il vous sera facile de remonter à deux ou trois générations, voire plus selon la mémoire familiale. « Plus on accède au passé, plus on a de chances de trouver des éléments sur ses ancêtres, car ceux-ci auront potentiellement davantage de descendants et offriront donc autant de pistes à étudier », précise Jean-Louis Beaucarnot, généalogiste professionnel et auteur avec Nathalie Jovanovic-Floricourt de Quoi de neuf dans la famille (éditions Buchet-Chastel, 2021).

Solliciter les archives départementales

Pour poursuivre les recherches au-delà des arrière-grands-parents, il vous faudra trouver les actes d’état civil conservés par les archives départementales, où sont versés tous les registres d’état civil des communes de moins de 2 000 habitants, les villes plus importantes disposant en général de leur propre service d’archives. Les actes de naissance et de mariage sont consultables sur place au terme d’un délai de soixante-quinze ans après la clôture du registre, ou sont accessibles en ligne après un délai de cent ans. Les actes de décès, quant à eux, peuvent être consultés immédiatement.

« L’état civil est désormais consultable en grande partie sur internet, note Agnès Vatican. Pour autant, en Gironde, les 11 millions d’images numérisées ne représentent qu’un kilomètre sur les 72 kilomètres du fonds documentaire. D’où l’intérêt de se déplacer aux archives départementales pour avoir accès à l’ensemble des ressources : les recensements de la population, les registres matricules du recensement militaire, les actes notariés, les registres du contrôle des actes et de l’enregistrement pour les contrats de mariage et les successions, les registres des écrous (dans lesquels figurent l’identité et le suivi administratif des détenus, NDLR), les dossiers des enfants trouvés et placés... »

Autre intérêt de venir aux archives départementales : les archivistes sont là pour épauler les généalogistes dans leurs recherches. « Il existe également une forme d’entraide entre les lecteurs, note Agnès Vatican. D’autant que les membres d’associations généalogistes, souvent présents en salle de lecture, peuvent guider les débutants vers des ressources insoupçonnées. »

6 millions : c’est le nombre de généalogistes en France, où l’on recense aussi 150 associations de généalogie. (Source : Fédération française de généalogie, 2021)

Exploiter les ressources en ligne

Internet et la numérisation des documents ont révolutionné la généalogie. « Attention, toutefois, tout le monde n’est pas à égalité, note Jean-Louis Beaucarnot. Le succès des recherches dépend beaucoup des régions et des pays sur lesquels on doit travailler. Si en France, la quasi-totalité des départements a mis l’intégralité de ses registres d’état civil en ligne gratuitement, ce n’est pas le cas de tous les pays... »

Le site Geneawiki.com indexe la plupart des archives, tandis que Guide- genealogie.com aiguille gratuitement les généalogistes débutants. Familysearch.org est le plus grand centre mondial gratuit de ressources généalogiques, mais son importance est à relativiser : « L’essentiel de ses ressources porte sur les continents américains, ainsi que sur la Grande- Bretagne et l’Europe du Nord, des pays qui ont envoyé beaucoup d’émigrants vers l’Amérique du Nord », explique Jérôme Galichon. Le site de la Fédération française de généalogie, Genefede.eu, quant à lui, donne accès à une base de données alimentée par les associations de généalogie et au Relevé intérêt national généalogique (Ring).

Deux outils gratuits sont aussi à votre disposition : le portail national des archives (Francearchives.fr) et le moteur de recherche Généalogie du ministère de la Culture (Culture.fr/Genealogie). « Les moteurs de recherche les plus performants n’empêchent pas les généalogistes de se retrouver dans une impasse s’ils n’apprennent pas à s’en servir correctement, modère Jean-Louis Beaucarnot. Par exemple, il faut savoir qu’en cas de doute sur l’orthographe d’un patronyme, très fluctuante d’un acte à l’autre ou selon les régions, on peut remplacer la lettre par un astérisque. »

S'abonner à des portails

En France, les sites Geneanet.org et Filae.com proposent également des services de recherches avancées, en prenant en compte le conjoint et les parents de la personne étudiée, des variantes orthographiques des noms, l’élargissement du périmètre de recherches aux lieux voisins... « Geneanet met à la disposition des internautes des centaines de milliers d’arbres généalogiques, précise Jean-Louis Beaucarnot. Tandis que la grande force de Filae est d’avoir numérisé l’ensemble des actes d’état civil de toute la France, de 1792 au début du XXe siècle. »

Pour bénéficier de ces services, il faudra vous abonner aux formules premium des portails. Les services de Filae sont accessibles à partir de 9,90 euros pour un mois, 39,90 euros pour six mois et 63,90 euros par an. Chez Geneanet, comptez 12,50 euros par trimestre, 50 euros pour un an, 90 euros pour deux ans et 200 euros pour cinq ans.

Se faire aider par des associations

Les nombreux clubs et associations de généalogie peuvent vous accompagner dans vos démarches, ou même mener des recherches dans d’autres départements à votre place, comme les clubs affiliés à la Fédération française de généalogie ou le Fil d’Ariane (Entraide- genalogique.net). « Ces associations, qui rassemblent des passionnés, sont aussi utiles pour approfondir ses recherches ou prendre des cours de paléographie, l’étude des écritures manuscrites anciennes, afin de mieux décrypter les documents antérieurs à la Révolution pour lesquels il existe encore peu de relevés », note Jérôme Galichon.

Utiliser des applis et des logiciels

Si vous êtes réticent à utiliser les grands portails de généalogie pour y créer votre arbre, Family Tree Creator constitue une alternative gratuite pour afficher vos données sous forme d’arbre. Le logiciel Ancestris, programme libre et gratuit, fonctionne sur MacOs, Windows et Linux.

Côté applis, Geneanet a mis au point, sous la houlette de Jérôme Galichon, divers outils collaboratifs : Hier et aujourd’hui permet d’exploiter les collections de cartes postales anciennes pour mieux se représenter les lieux où vivaient nos ancêtres ; le service de géolocalisation Mémoire des lieux donne des informations complémentaires sur des personnes et des événements liés à des localités ou encore l’appli Sauvons nos tombes conçue pour sauvegarder les noms, dates et inscriptions inscrites sur les tombes.

« Les tests ADN en généalogie ne sont pas la panacée »

L'avis de Jean-Claude Beaucarnot, généalogiste professionnel.

Avec les tests ADN, la généalogie connaît une nouvelle révolution, après celle de la numérisation en ligne. Bien que leur vente ne soit pas encore autorisée en France, de plus en plus de personnes s’en servent pour dresser la cartographie de leurs origines ethniques ou trouver des correspondants génétiques qu’ils interrogeront pour confirmer ou infirmer l’identification d’un aïeul. Mais les données dont disposent les laboratoires étrangers qui proposent ce type de tests sont encore trop limitées pour en tirer des résultats réellement pertinents. De plus, ces tests nécessitent de se documenter pour pouvoir bien les interpréter.

 

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