Voiture : réduire ses émissions de CO2

Et si on laissait la voiture au garage, au moins pour certains trajets, pour se déplacer autrement ? Sortons les calculettes pour comparer le temps passé, l’argent dépensé et les rejets de CO2 évités selon les moyens utilisés.

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8mn de lecture
Circulation à Paris, vélo, voiture, bus.
© Petekarici / Istock

LES TRAJETS DOMICILE-TRAVAIL

Solution n° 1 : le covoiturage

Le comité d’entreprise ou la direction des ressources humaines l’organise souvent, parfois avec des entreprises voisines. À défaut, pensez à la municipalité et au conseil général. Tapez « covoiturage département » sur votre moteur de recherche ou passez par une appli, comme Klaxit, Mobicoop, BlaBlaLines, etc.
Avec une conduite en alternance, les frais de carburant et d’entretien, les émissions de C02 et la décote kilométrique de l’auto sont divisés par le nombre de participants. La durée de vie de la voiture augmente, alors même que la production d’un modèle émet 3 000 kg de C02. Si c’est toujours la même personne qui conduit, elle partage ces frais avec les passagers. Reste qu’il faut respecter des horaires communs, faire des détours et voyager avec des inconnus ou des collègues.
À savoir : le forfait « mobilité durable » autorise les entreprises à financer, jusqu’à 400 euros par an, les frais de covoiturage de leurs salariés.

Solution n° 2 : le deux-roues à moteur

Pour des trajets à 80-90 km/h maximum, un 125 cm3 basique de 10 à 12 chevaux suffit. Les motos sont moins chères et plus stables (de 2 000 à 3 500 euros) et les scooters deux ou trois roues, plus pratiques et confortables (à partir de 3 000 euros). En électrique, à 80 km/h et avec plus de 60 kilomètres d’autonomie, les scooters  commencent à 5 000 euros, à moins de s’abonner aux scooters électriques de ville en libre-service (de 0,22 à 0,29 euro/min). Si vous devez tenir le 110 km/h sur voie rapide, la meilleure solution passe par un trois-roues à partir de 300 cm3 (dès 6 000 euros) accessible avec le permis B. Les rares deux-roues électriques capables d’atteindre cette vitesse chiffrent à 15 000 euros minimum. Prévoir également entre 1 000 et 1 500 euros d’équipements de protection. Et de 200 à 350 euros pour les sept heures de la formation A1 (sans examen).
Une fois digéré cette dépense initiale – deux à trois fois moins importante que l’achat d’une voiture – et l’assurance plutôt onéreuse, à vous le temps gagné dans les bouchons et pour vous garer. À la clé, une forte économie de carburant et d’émissions de C02. « La fabrication d’un petit deux-roues à moteur émet d’ailleurs de 4 à 6 fois moins de C02 que celle d’une auto », ajoute Éric Thiollier, de la Fédération européenne des associations de motocyclistes.
Cependant, la solution du deux-roues n’est économique qu’en remplacement d’une voiture, pas si elle s’y ajoute. Or, en cas de neige et de verglas, le risque d’accident augmentant, vous aurez besoin d’un autre moyen de locomotion.
À savoir : l’achat d’un scooter électrique bénéficie d’un bonus de 100 euros (puissance inférieure à 3 kW) à 900 euros, limité à 27 % du prix TTC. En cas de mise au rebut d’une vieille voiture, une prime à la conversion allant de 100 à 1 100 euros selon le revenu et le nombre de kilomètres parcourus à l’année est envisageable.

Attention à ne pas augmenter les rejets de CO2 !
Pour notre expert, Jérémie Almosni, chef du service Transports et Mobilité à l'Ademe, quand on veut se déplacer, Il faut se poser trois questions. Ce déplacement est-il indispensable ? Y a-t-il d’autres choix que ma voiture ? Sinon, puis-je en limiter les impacts en la partageant, en privilégiant les carburants alternatifs ? Pour limiter les trajets, le télétravail et l’utilisation de tiers lieux sont de bonnes pistes. Les autres possibilités, comme les transports en commun, le vélo, le covoiturage et l’autopartage, sont à considérer. La troisième voie, qui concerne la réduction des impacts du véhicule sur l’environnement est celle qui demande le plus d’efforts financiers. Il s’agit d’améliorer le bilan C02 de son véhicule en le changeant ou en adoptant une autre énergie que le pétrole. Mais ce n'est pas opportun de se déplacer en trottinette ou en scooter électrique pour éviter la marche ou le métro ni de voyager en car interurbain plutôt qu’en train. Cela augmenterait les rejets de C02 plus que cela ne les diminuerait. Il ne faut les utiliser qu’en remplacement de la voiture classique.

Solution n° 3 : auto + train

Pour 60 km/jour, si la gare est située à 10 km ou à quinze minutes du domicile et du travail, cette combinaison allonge très peu le temps de parcours, même si le kilométrage total augmente. Certes, les horaires, parfois irréguliers, sont contraignants, mais vous pouvez en profiter pour vous reposer ou lire pendant le voyage.
À savoir : l’employeur de tout salarié à plein temps ou à mi-temps doit lui rembourser 50 % de l’abonnement à un transport collectif (ou location de vélo). Pour un temps de travail inférieur, c’est au prorata des horaires.

LES PETITS TRAJETS DU QUOTIDIEN

Généralement, ce sont d’incessants petits trajets, avec un ou deux enfants dans l’habitacle, qui représentent 4 000 kilomètres par an. Avec une voiture à essence
d’occasion consommant 10 l/100 km car fonctionnant la moitié du temps moteur
froid, c’est particulièrement polluant.

Solution n° 1 : le covoiturage entre parents

Mettez-vous en contact direct, ou par petites annonces, avec l’école ou le club sportif. Beaucoup d’applis existent (ITineroo, plutôt pour les clubs sportifs, Scoléo, pour les écoles, et DrivekidZ, PetitBus, Kid Mouv’, Keepmove, Hopinoy, Hopways, Zouzoucar…), mais elles ne sont pas vraiment efficaces car trop nombreuses. Pour les enfants de plus de 13 ans, BlaBlaLines est une bonne option.

3 % des trajets domicile-travail se font en covoiturage (Ademe).

Solution n° 2 : le vélo

On transporte à vélo un enfant à partir de 2-3 ans jusqu’à ses 14 ans, muni d’un casque (obligatoire jusqu’à 12 ans) et avec un siège spécifique sur lequel peut s’attacher un gros sac de courses. Certains vélos à la partie arrière allongée (« long tail ») supportent deux sièges pour enfant en tandem, et les deux ou trois roues avec caisse de transport avant accueillent jusqu’à quatre petits… ou le contenu d’un Caddie. Moins coûteuse, la remorque pour deux enfants (de 150 à 400 euros). « Avec mon vélo-brouette, j’ai pu me débarrasser de ma Twingo, confie Élodie, mère de deux enfants et habitant dans la banlieue parisienne. Il emmène mes enfants partout et moi au travail, transporte les courses, le tout sans me faire transpirer grâce à l’assistance électrique. L’inconvénient, c’est la place qu’il prend en stationnement. Et son prix (3 000 euros) ; tout l’argent de
la revente de ma Twingo y est passé. »

Solution n° 3 : le petit scooter électrique

Pour 10 ou 20 km, un scooter deux-temps 50 cm3, très polluant, n’a aucun sens. Guère plus chers (de 1 600 à 3 000 euros), les équivalents électriques offrent entre 50 et 100 km d’autonomie avec des batteries amovibles rechargeables sur une prise domestique. On les conduit sans permis si on est né avant 1988, sinon il faut être titulaire du brevet de sécurité routière passé au collège (BSR). Dans tous les cas, il faut être assuré. Ne transportant qu’une personne, leur bridage
à 45 km/h leur interdit les voies rapides.

Solution n° 4 : les courses en ligne

En 20 kilomètres, un fourgon livre entre 20 et 30 clients, leur évitant un aller-retour au supermarché. Bilan positif, même en comptant la consommation de ce fourgon (de 12 à 15 l/100 km en ville) et les émissions de CO2 dues à dix minutes de navigation internet (3 grammes, soit l’équivalent de 30 mètres en voiture). Selon la Fédération du e-commerce et de la vente à distance (Fevad), cette vente en ligne divise par quatre les émissions du commerce. Côté budget, les courses livrées à domicile par le supermarché ne sont pas favorables au client : 8 euros de frais pour 50 à 100 euros d’achat, 5 euros de 101 à 150 euros d’achat, gratuit au-delà. Avec 5 euros d’essence, notre auto parcourt 34 km… Le shopping en ligne est souvent moins vertueux. « Avec la livraison offerte, on segmente ses achats avec, en définitive, une multiplication des déplacements, d’autant plus indolores qu’on ne les effectue pas soi-même. Pas certain que l’environnement y gagne », relève Nicolas Meilhan, conseiller scientifique à France Stratégie.
À savoir : pas de livraison à la campagne, mais des « drives », rattachés à un entrepôt, bien moins énergivores qu’un magasin.

LES LONGS TRAJETS

Selon le scénario suivant : deux allers-retours par an en famille, pour se rendre chez les grands-parents, à 500 kilomètres du domicile. Dans un diesel familial, on voyage à quatre plus un chien !

Solution n° 1 : le train

Dijon-Le Havre (500 km) est aussi rapide en train (de 4 h 36 à 6 h 28) qu’en voiture (5 h 30) et plus écolo : 65 kg de C02 aller-retour à quatre contre 189 kg en auto. Mais bien plus cher : additionnez 49 euros pour la carte avantage famille * et 517 euros ** pour deux allers-retours pour deux adultes, deux enfants et un chien, soit 566 euros. Contre 358 euros (200 euros de gazole et 158 euros de péage) les deux allers-retours en voiture. Au deuxième voyage, carte déjà payée, le surcoût ne sera que de 80 euros, le prix d’une moindre usure de la voiture.
À savoir : pour deux enfants qui voyagent seuls, le service d’accompagnement Junior & Cie (de 4 à 14 ans) revient entre 64 et 102 euros par trajet (plus les billets à – 60 % avec la carte avantage famille). On évite deux convoyages aller-retour en voiture.
* – 30 % pour les adultes et – 60 % jusqu’à 3 enfants de 4 à 11 ans.
** Tarifs de week-end, plus chers sans départs trop matinaux ni voyages nocturnes.

Solution n° 2 : le car

Une alternative plus économique que le train. Mais pas à la voiture à quatre. Le voyage pendant le week-end coûte à peine moins cher que le train : 230 euros. Mais il faudrait manquer un jour d’école ou rouler de nuit pour descendre à 160 euros. Surtout, le trajet dure deux fois plus longtemps (jusqu’à dix heures). Toutefois le bilan écologique est meilleur qu’avec l’auto, même à quatre.

df
Jean Savary
Publié le

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