Comment choisir son vélo à assistance électrique ?

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© Uwe Moser - iStock

Quel type de vélo ?

Première question à se poser : à quoi va vous servir ce deux-roues ? Pour guider votre choix, Denis Baeza, gérant de la chaîne de magasins spécialisés VéloActif, détaille les caractéristiques de chaque type de vélo.

Le vélo de ville, c’est « celui qu’on va prendre tous les jours. Donc, il doit être confortable et avoir un très bon freinage. Il n’a pas besoin d’être très performant, mais il doit être équipé d’un porte- bagage, d’une béquille et d’un éclairage puissant. En ville, il nous faut une position droite pour une bonne visibilité ». Deux types de vélos répondent à ces critères, le fameux vélo de type hollandais et le monotube (ou vélo mixte). « Le vélo hollandais est très confortable, sauf sur les longs trajets. Car en position droite, moins aérodynamique, on risque de se fatiguer », précise Marion Carradot, ingénieure spécialisée chez Decathlon.

Le VTC (vélo tout chemin) fonctionne pour tous les déplacements, même s’il n’est pas optimal pour la ville. Il sera meilleur dans les côtes, mais ce n’est pas un vélo de sport non plus. Il roule à 90 % sur route et peut prendre les petits chemins pour la balade.

Le vélo cargo va servir pour le transport de colis ou de personnes. Il en existe plusieurs : avec la charge à l’avant, biporteur ou triporteur, ou alors avec la caisse à l’arrière, en tricycle. Avec deux roues, c’est un longtail, allongé à l’arrière. Mais attention, ce vélo n’est ni maniable ni polyvalent.

Le vélo pliant est pratique si on n’a pas de place chez soi ou dans les transports en commun, ce qui facilite l’intermodalité.

Enfin, le vélo à assistance électrique existe aussi en VTT, pour l’adrénaline dans les descentes sans la pénibilité dans les montées.

Quels éléments à vérifier ?

Tous les experts s’accordent à dire que le plus important, c’est de prendre un vélo à sa taille. « Il faut s’asseoir dessus et vérifier que la distance entre la selle et le guidon est confortable », explique Denis Baeza. Ensuite, il y a trois éléments importants : « Un vélo, c’est 1/3 freins, 1/3 moteur, 1/3 batterie ». Pour Olivier Schneider, président de la Fédération française des usagers de la bicyclette (FUB), « ce qui fait la différence, c’est la qualité du moteur. Shimano et Bosch sont plus chers, mais ils ont un meilleur rendement ». Concernant l’autonomie, « beaucoup de personnes veulent une grosse batterie pour faire plus de kilomètres, observe Marion Carradot. Sauf que votre autonomie ne repose pas seulement sur la batterie. Sur un vélo, il y a énormément d’éléments à prendre en compte : le poids du cycliste, le parcours et le dénivelé, le vent, l’état mécanique... Une bicyclette électrique mal entretenue, avec des pneus sous-gonflés, par exemple, sera moins autonome. »

MarcoVélo, membre de VéloDomicile, réseau national de techniciens mobiles du cycle, insiste sur l’entretien pour favoriser l’autonomie, mais aussi pour la sécurité. « La partie mécanique s’use plus que la partie électrique. Les réparations les plus courantes sont les patins de frein et la chaîne. Un VAE, c’est lourd, environ 20 kg, ça roule plus vite et ça freine plus fort. » Marion Carradot précise : « Sur la partie électrique, il faut faire attention à la batterie parce que c’est cher. Il faut éviter de la ranger déchargée, respecter ses conditions de stockage, notamment la température ».

Pourquoi pas acheter français ?

Après tout, les Français sont les rois de la petite reine ! Pour Denis Baeza, c’est la marque Moustache qui se détache : « Si les Allemands ont une ingénierie incroyable, un savoir-faire, ils sont moins sensibles au design. La marque française Moustache a une ingénierie comparable et elle sait faire du très bon et du très beau vélo. » Et Olivier Schneider d’argumenter : « Les vélos français coûtent un peu plus cher, mais la qualité est au rendez- vous et ça crée des emplois en France. » Pour ne citer que quelques marques à surveiller : Gitane, Peugeot, Moustache, Jitensha, Mercier, Lapierre.

Et si vous commenciez par en louer un ?

« Pour s’y mettre, le vélo de location est très intéressant », explique Olivier Schneider. La région Île-de-France propose Véligo, des VAE en location entre 20 et 40 euros par mois, pour six mois maximum. Le but, c’est que les usagers l’adoptent et s’achètent un vélo avec l’aide de la région et de l’État (sous conditions de ressources). Ce dispositif existe dans beaucoup de villes. À Poitiers, il y a des listes d’attente, à Lyon, MyVélo’v permet d’acquérir un vélo pour 50 euros par mois.

Votre budget est serré ?

Toutes les grandes surfaces, spécialisées ou non, proposent un VAE d’entrée de gamme à moins de 1 000 euros. Faut-il se laisser tenter ? Pour MarcoVélo, hors de question d’acheter chez un non-spécialiste : « L’intérêt d’une motorisation de grande marque, c’est que, si vous avez un problème, on peut même réparer la partie électronique. Si vous avez un moteur plus basique, c’est très compliqué d’identifier la panne, puis de faire jouer les garanties. ».

« Après cinq années, ajoute Olivier Schneider, si la marque n’existe plus, vous risquez de ne plus pouvoir acheter une batterie. Cela dit, certains acteurs, aujourd’hui, font du reconditionnement. Vous la leur envoyez, ils la diagnostiquent, et quand c’est possible, ils remplacent les composants. » Marion Carradot défend son produit : « Chez Decathlon, nous sommes à la fois constructeurs, producteurs et distributeurs. Notre but, c’est de rendre le sport accessible à tous. Nous avons donc conçu un VAE, le Elops, à 799 euros. » Mais, sur la question du moteur, elle précise : « Il faut comparer ce qui est comparable. Sur le premier prix, il y a des choix techniques qui sont faits par rapport à nos vélos haut de gamme, mais la qualité reste bonne. »

Pour Denis Baeza, « si ce type de vélo est réservé à la balade du dimanche, c’est pas mal, mais ça fait cher les trois sorties à l’année ! Pour un vélo utilisé plus intensément, vous voulez un moteur fiable. Toutefois, un vélo d’entrée de gamme permet de se rendre compte de ce qu’on attend d’un vélo électrique ».

© DF

Un vélo d'occasion ?

Selon MarcoVélo, ce n’est pas la solution : « C’est difficile d’en trouver, les VAE se revendent surtout en famille ou entre amis. Sinon, dans un magasin qui a fait une reprise à un client en échange d’un achat neuf. Certaines marques permettent d’avoir beaucoup d’informations pour sécuriser l’achat : elles testent la batterie ou indiquent le nombre de kilomètres déjà au compteur. » Mais Olivier Schneider annonce la couleur : « Chez un revendeur professionnel, il y a plus de garanties, mais c’est moins intéressant financièrement. En plus, de nombreuses régions, départements et collectivités offrent des primes quand vous achetez du neuf. Ces primes sont rarement proposées pour l’achat d’un vélo d’occasion. »

Pour rappel, jusqu’à 50 % du prix d’achat du VAE peut être pris en charge pour les habitants de Paris et de toute l’Île-de-France. C’est aussi le cas dans les Bouches-du-Rhône, à Lyon et à Bordeaux Métropole.

Est-ce le bon moment pour acheter ?

MarcoVélo n’est pas très optimiste : « Cette année, la demande va certainement continuer à augmenter, mais avec des hausses de prix difficilement explicables et des disponibilités très compliquées, car beaucoup de pièces viennent d’Asie. En 2021, si vous voulez acheter un vélo, quand vous en voyez un qui vous convient, n’attendez pas, prenez-le tout de suite ! »

À l’inverse, Olivier Schneider conseille de « prendre le temps de réfléchir, et d’envisager de mettre un peu plus d’argent que prévu, car, bien entretenu et bien protégé contre le vol, le vélo va vous accompagner pendant des années. À part la batterie à changer, il peut durer au moins cinq ans, si ce n’est plus. C’est un investissement aussi sérieux que pour une voiture d’occasion ».

 

« Essayez avant d'acheter ! »

L'avis d'Olivier Schneider, président de la Fédération française des usagers de la bicyclette (FUB).

C’est absolument inconcevable, quel que soit son prix, d’acheter un vélo sans l’avoir essayé en situation réelle. Il faut trouver un distributeur qui va vous permettre de le tester. En plus, ces magasins auront un réel service après-vente. C’est vraiment un point de vigilance, car si vous vous laissez tenter par un beau vélo sur internet, vous risquez d’avoir d’énormes problèmes au premier pépin. Aller chez un revendeur spécialisé permet d’être conseillé par de vrais professionnels, pas par des vendeurs qui vont juste lire la fiche produit.

 

 

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