Le lourd bilan carbone des smartphones et ordinateurs

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© Kitzcorner / Istock - Smartphone et ordinateur sont de gros pollueurs.

POURQUOI CHANGER DE SMARTPHONE SI SOUVENT ?

Les smartphones, remplacés tous les deux ans en moyenne, sont de loin les équipements les plus sujets à l’obsolescence. « La durée de vie des équipements numériques peut être écourtée pour trois raisons, détaille Adèle Chasson, de l’association Halte à l’obsolescence programmée (HOP). La première est technique : une pièce tombe en panne et ne peut être réparée ou remplacée (batterie soudée, écran hors de prix, etc.). La deuxième est culturelle : la publicité, les programmes de fidélité incitent au renouvellement prématuré des équipements. Et la dernière est logicielle : soit le fabricant cesse de produire des mises à jour et l’appareil finit par présenter des failles de sécurité et des dysfonctionnements qui obligent le consommateur à l’abandonner, soit les trop nombreuses mises à jour, destinées à ajouter de nouvelles fonctionnalités, finissent par encrasser l’appareil et ralentissent son fonctionnement. » Sachant que 80 % des impacts environnementaux produits par les téléphones portables sont concentrés à la phase de fabrication, trois solutions s’offrent aux consommateurs :

  • opter pour les appareils de seconde main,
  • en choisir un particulièrement résistant,
  • en acheter un globalement respectueux de l’environnement.

Les appareils reconditionnés sont-ils intéressants ?

Le plus souvent vendus entre 30 et 50 % moins cher que les modèles neufs, selon Que Choisir, « ces équipements de seconde main sont testés, remis en état et couverts par la garantie légale de conformité », explique Erwann Fangeat, ingénieur à l’Ademe. Cette garantie, valable deux ans pour les produits neufs et six mois pour les modèles d’occasion, permet au consommateur de demander
au vendeur le remplacement ou la réparation de l’appareil. Si le défaut apparaît dans un délai de six mois après l’achat, le consommateur n’a pas à prouver que le défaut existait au moment de la vente (c’est sur cette « garantie 6 mois » que communiquent les reconditionneurs). Passé ce délai, il doit apporter cette preuve. « Mieux vaut acheter ces smartphones auprès de reconditionneurs comme Remade pour les iPhones, Recommerce ou Certideal, ainsi que dans les boutiques des opérateurs de téléphonie ou auprès des enseignes spécialisées, poursuit Erwann Fangeat. Sur les places de marché (marketplaces) qui font le lien entre les clients et les reconditionneurs, le contrôle n’est pas toujours assuré. » Pour affiner votre choix de modèle, consultez les avis sur les sites spécialisés (Frandroid.com, Presse-citron.fr, Lesnumeriques.com…) et vérifiez la qualité des accessoires livrés avec l’appareil.

Pensez-y !

En fin de vie, un smartphone peut être recyclé à 80%, d'après l'Ademe. Alors, ne laissez pas dormir vos vieux téléphones au fond d'un tiroir...

Achetez un modèle résistant pour le garder plus longtemps

Selon le site Produitsdurables.fr développé par l’association HOP, il est possible d’évaluer la robustesse des smartphones grâce à l’indice IP qui figure parmi les caractéristiques techniques d’un modèle, trouvables sur internet. Cet indice de protection indique leur degré de résistance à la poussière et à l’eau. Plus ce dernier est élevé, plus le smartphone est solide. Pour la robustesse des écrans, privilégiez les Gorilla Glass, plus résistants aux chocs et aux rayures. Et vérifiez la puissance de la batterie, qui doit être au minimum de 2 000 mAh. « Pour le garder plus longtemps, la question de l’entretien est centrale, intervient Erwann Fangeat. Il faut penser à préserver l’écran avec des films de protection et une coque, prendre soin de la batterie en ne laissant pas l’appareil en chargement toute une nuit. »

Choisissez un équipement plus responsable pour réduire le bilan carbone

« Vous pouvez réduire l’impact environnemental du smartphone en choisissant un appareil doté d’un écran raisonnable, précise Erwann Fangeat. Un écran de 5,5 pouces nécessite en effet 200 kilos de matières premières. » Pour aller plus loin, l’option du Fairphone 3 mérite étude. Apparue il y a six ans, la marque néerlandaise Fairphone propose des smartphones durables et modulaires. « C’est le seul modèle qui permet au consommateur de changer des pièces, comme la batterie ou un composant qui tombe en panne », note Erwann Fangeat. Chaque élément du Fairphone 3, lancé en août dernier pour le prix de 450 euros, est disponible sur le site du constructeur. Changer l’écran revient à 89 euros, la batterie à 29 euros. Le téléphone est fabriqué avec de l’étain et du tungstène sourcés de manière responsable et issus de zones sans conflit, du cuivre, des plastiques recyclés et de l’or Fairtrade. Selon le fabricant, « garder le Fairphone 3 plus longtemps en le maintenant en bon état de marche permettrait d’économiser 30 % d’émissions de CO2 voire plus, par rapport à un smartphone ».

DES ORDINATEURS ET DES IMPRIMANTES RÉPARABLES, ÇA EXISTE ?

Ordinateurs et imprimantes ont une durée de vie limitée à six ans environ, selon le dernier baromètre du SAV Fnac-Darty. Si l’heure de renouveler vos équipements a sonné, voici quelques conseils pour acheter malin, c’est-à-dire plus vert et moins cher.

Consultez les classements de fiabilité

Certains sont élaborés par les associations de consommateurs (UFC-Que Choisir, 60 Millions de consommateurs) grâce aux retours de questionnaires clients. Le baromètre du SAV Fnac-Darty s’appuie pour sa part sur deux sources de données : les avis des clients et les réparations réalisées par le SAV Darty dans le cadre des deux premières années de garantie. Selon sa dernière édition, ce sont les marques Apple, HP et Lenovo qui sont le plus fiables. Vous pouvez aussi vous fier
au site communautaire iFixit qui propose un classement des ordinateurs portables en fonction de leur réparabilité, ainsi que des tutoriels de réparation.

Déjouez les pièges des fabricants

Évitez d’acquérir une imprimante couleur avec quatre cartouches chères à changer si vous n’imprimez qu’en noir et blanc. Dans ce cas, optez plutôt pour une imprimante laser avec un toner. Sachez qu’il existe des encres et des cartouches génériques jusqu’à 75 % moins chères que celles des fabricants. Il suffit que la cartouche soit compatible avec votre modèle d’imprimante.

Alors, cloud ou disque dur ?

Sauvegarder photos, vidéos, musique et  documents sur les clouds, espaces de stockage en ligne, plutôt que sur des équipements personnels (disques durs externes, clés USB) est une fausse bonne idée, selon Erwann Fangeat, « car cela génère des grands flux de données ». Or, selon le site collaboratif sur
les enjeux numériques GreenIT.fr, transporter un octet consomme deux fois plus d’énergie que de le stocker pendant un an. Côté coût, archiver 2 To de données dans le cloud (120 euros chez Dropbox) est quasiment aussi cher que d’acquérir un disque dur externe qui pourra durer plusieurs années, comme le Silicon Power Armor A60 2To (100 euros).

Un moteur de recherche soucieux de l'environnement, on dit oui !

En France, les sociétés Lilo et Ecogine reversent une partie ou la totalité des bénéfices procurés par les publicités à des projets environnementaux, afin de compenser le carbone émis par les recherches des internautes. Toutefois, les requêtes envoyées par les internautes sur ces moteurs alternatifs sont retransmises aux géants du web, Google et Yahoo! en tête...

Les loisirs dématérialisés ne sont pas meilleurs pour l’environnement
Pour Erwann Fangeat, ingénieur à l'Adème, le numérique représente aujourd’hui 4 % du total mondial des émissions de gaz à effet de serre, un chiffre qui devrait doubler d’ici à 2025 avec l’explosion des échanges de données. Il faut savoir que 60 % du flux mondial de données sont liés au streaming vidéo. Les jeux vidéo en ligne sont également très gourmands. Pour ces raisons, mieux vaut privilégier les DVD et les cartouches de jeu.
A contrario, une tablette liseuse dotée de 300 livres numériques génère moins d’impact environnemental que 300 livres papier.

 

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