Gaz, électricité, fioul : les vrais bons plans

Changer de fournisseur d’énergie, voire produire soi-même son énergie, c’est le bon réflexe pour dépenser moins d'argent ou consommer plus vert. À condition de bien comprendre les promesses commerciales des uns et des autres.

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8mn de lecture
Un chat dort près d'un radiateur
© Koldunova / Istock

Pour chauffer ou éclairer leur logement, les Français ont dépensé en moyenne 1 519 euros en 2018, selon le ministère de la Transition écologique et solidaire. Un budget contraint sur lequel il est toutefois possible d’agir en faisant jouer la concurrence. En effet, depuis douze ans, les particuliers peuvent quitter les tarifs réglementés de vente (TRV) fixés par les pouvoirs publics et que seuls EDF pour l’électricité et Engie (ex-GDF Suez) pour le gaz peuvent commercialiser (ainsi que des entreprises locales de distribution dans certaines villes). Cela, afin de souscrire une offre meilleur marché ou engagée en faveur du développement des énergies renouvelables.

Un choix qu’ont déjà fait 62 % des abonnés au gaz, mais seulement un quart des abonnés à l’électricité, selon la Commission de régulation de l’énergie. Il y a pourtant l’embarras du choix avec une quarantaine de fournisseurs alternatifs actifs sur le marché français, parmi lesquels Alterna, Cdiscount Énergie, ENI, Mint Énergie, Total Direct Énergie. Mais aussi Engie et EDF qui, eux aussi, ont lancé des offres à tarifs libres de gaz et d’électricité. Pour se démarquer, chacun avance peu ou prou les mêmes arguments : des factures allégées jusqu’à 10 % par rapport aux TRV et/ou la promesse de vous fournir une énergie verte. Un discours qu’il convient de décortiquer pour repérer les offres qui correspondent vraiment à vos souhaits et qui vous feront réellement économiser.

Choisir des prix bloqués : 140 €* d'économie

Quitter les tarifs réglementés pour un nouveau fournisseur de gaz ou d’électricité, c’est devoir choisir entre deux modes de fixation des prix qui produisent chacun des effets différents.

Première option tarifaire : les prix indexés, qui se traduisent par un rabais permanent appliqué par rapport aux tarifs réglementés. Quelle que soit l’évolution de ces derniers, à la hausse comme à la baisse, le prix payé restera toujours moins cher que celui de votre contrat historique. Ces offres sont synonymes d’économies immédiates, jusqu’à 10 % sur le kilowattheure, mais elles ne garantissent pas de stabilité des prix. Si les tarifs réglementés augmentent, la facturation enflera dans les mêmes proportions, idem à la baisse.

Seconde option : les prix fixes qui garantissent pendant un à quatre ans que le prix facturé ne bougera pas, quels que soient les soubresauts des prix de l’énergie. Concrètement, en les souscrivant par exemple avant l’été 2019, ils vous auraient protégé provisoirement des dernières hausses de l’électricité :  5,9 % en juin et 1,23 % en août. Mais ils ne permettent pas de profiter des reculs, sauf à choisir l’une des rares offres à prix fixes révisables à la baisse (« Gaz Ajust » chez Engie, Eni « Astucio Planète » électricité + gaz pendant trois ans), même si un repli est hypothétique pour l’électricité. « Attention, les tarifs d’acheminement qui rémunèrent les gestionnaires des réseaux et représentent environ un tiers des factures augmentent tous les ans, et certains fournisseurs les répercutent dans les offres à prix indexé, et parfois dans les offres à prix fixe. Il faut bien lire le contrat », prévient Caroline Keller, cheffe du service Information et Communication du médiateur national de l’énergie.

Les tarifs heures pleines-heures creuses pour les gros consommateurs
L’option tarifaire HP-HC est particulièrement adaptée aux foyers gros consommateurs d’électricité. Contrairement au tarif de base, avec lequel le prix du kilowattheure facturé est le même 24 heures durant, le tarif HP-HC permet de bénéficier de plages horaires en moyenne 30 % moins chères, souvent la nuit. Un bon plan pour les familles équipées d’un contacteur jour-nuit sur leur compteur électrique qui cantonne la chauffe de leur ballon d’eau aux heures creuses ou qui disposent d’un lave-linge ou d’un sèche-linge programmable. Ce tarif est disponible chez tous les fournisseurs. Certains se montrent plus généreux, comme Total Direct Énergie et son option « Heures super creuses » (– 50 % par rapport aux heures pleines 4 heures par jour).

Regrouper ses contrats d’électricité et de gaz : 109 €* d'économie

Se simplifier la vie lors de la souscription et de la résiliation, recevoir une facture unique et avoir un seul interlocuteur sont les vertus d’un regroupement de vos contrats d’énergie chez un seul et même fournisseur. « Mais ça n’est jamais l’option la plus intéressante financièrement », prévient Caroline Keller. En effet, si ces offres dites « duales » permettent tout de même de réaliser des économies, elles se révèlent bien moins importantes qu’en séparant les contrats.

Illustration avec une famille lyonnaise qui a choisi les tarifs réglementés et se chauffe au gaz : en retenant le fournisseur le moins cher pour chaque énergie, elle économisera 9 % sur sa consommation, contre 6 % si elle regroupe ses contrats chez le même acteur. Pour réaliser des calculs personnalisés sur la base de vos factures, direction le comparateur du médiateur de l’énergie (Comparateur-offres.energie-info.fr). Un réflexe à avoir notamment si vous êtes incité à effectuer un regroupement par un démarcheur. « La loi énergie et climat qui vient d’acter la fin des tarifs réglementés du gaz en 2023 est déjà brandie par certains fournisseurs pour convaincre les particuliers de passer à un gaz au tarif de marché, alerte Caroline Keller. Ceux-ci ne doivent surtout pas précipiter leur décision à cause d’un démarchage. Il faut prendre le temps
de comparer les offres. »

Acheter son fioul au meilleur moment
Utilisé par plus de 4 millions de foyers pour se chauffer, le fioul est un combustible dont le prix varie très rapidement. La raison : il est influencé par les cours du pétrole qui peuvent se montrer très volatils, notamment en fonction de l’offre et de la demande. Ainsi, attendre que sa cuve soit vide pour la remplir n’est pas une bonne idée. Le secret pour réaliser des économies, c’est anticiper en surveillant les prix sur des sites comme Fioulmarket.fr ou Fioulreduc.com, pour acheter au meilleur moment. Concentrez toutefois votre attention sur les beaux jours, hors périodes de chauffe, quand la demande est habituellement plus basse. Examinez aussi les offres d’achat groupé de fioul organisées par des opérateurs privés ou des collectivités, afin d’obtenir un prix de gros négocié.

Participer à un achat groupé d’énergie : 155 €* d'économie

S’unir entre consommateurs pour obtenir un tarif négocié auprès des fournisseurs d’électricité, de gaz ou de fioul est entré dans les mœurs. À l’origine de cette idée, l’association de consommateurs UFC-Que Choisir qui en organise régulièrement depuis 2014. À la clé, de substantielles économies. Par exemple, − 16 % sur le kilowattheure hors taxes de gaz ou d’électricité par rapport aux tarifs réglementés lors de sa dernière opération, en septembre 2019. C’est au minimum 6 % d’économies en plus qu’en souscrivant en solo. L’idée fait des émules, puisque des opérateurs privés comme Hellowatt ou Selectra en orchestrent tout au long de l’année, tout comme certaines collectivités qui font des groupements de commandes pour leurs administrés. Ces achats groupés sont l’occasion de rappeler que, dans tous les cas, changer de fournisseur d’électricité et de gaz est sans frais ni pénalité, sans coupure lors du changement et aussi sans engagement. Si le nouveau fournisseur ne vous satisfait pas, vous pouvez le quitter du jour au lendemain sans avoir à vous justifier.

Se fournir en électricité et en gaz verts

Électricité : de – 84 € à + 90 € Gaz : de – 18 € à + 123 € selon le fournisseur **

Électricité : − 507 kg CO2/an. Gaz : − 2 043 kg CO2/an **

Comme dans l’alimentation, se fournir en gaz et en électricité « bio » est tendance. Et ce n’est pas forcément plus cher que l’énergie conventionnelle. D’ailleurs, tous les fournisseurs sans exception mettent en avant leurs offres d’énergie verte. Mais comme dans les rayons des boutiques, il faut savoir décrypter les étiquettes. Car une offre peut être estampillée verte dans deux cas.

Le plus courant : le fournisseur achète, d’un côté, de l’électricité nucléaire ou issue de centrales thermiques, ou du gaz sur les marchés internationaux ; et, de l’autre, des certificats d’origine prouvant qu’une quantité d’énergie renouvelable (hydraulique, éolienne, biogaz) a été injectée dans le réseau. Cette technique permet aux fournisseurs de verdir leur offre à peu de frais (entre 2 et 5 % du prix). À l’opposé, des fournisseurs qui se comptent sur les doigts d’une main (Enercoop, Énergie d’ici, Ilek...) s’engagent à acheter à la fois énergie et certificats à des producteurs 100 % renouvelables et français. Engie s’y met timidement avec son offre Mon Élec. Ce « vrai vert » peut coûter plus cher, mais c’est pour la bonne cause. « L’idée est de trouver le bon équilibre pour assurer la juste rémunération du producteur et des prix raisonnables pour les consommateurs », explique Rémy Companyo, cofondateur d’Ilek.

* Économies sur la première année par rapport aux tarifs réglementés pour une maison de la fin des années 1970 avec quatre personnes à Lyon, consommation de 2 548 kWh d’électricité option base (6 kVA) et 17 000 kWh de gaz (chauffage) par an. Source : comparateur du Médiateur national de l’énergie.

** Pour une consommation moyenne de 4 944 kWh en électricité et de 9 000 kWh en gaz sur la base des émissions de CO2 de l’éolien, de l’hydraulique et du biogaz comparées à celles du mix énergétique des tarifs réglementés d’EDF et d’Engie. Sources : fournisseur d’énergie Ilek pour les émissions de CO2 et comparateur du médiateur national de l’énergie.

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