Masques jetables, canettes, pneus... comment aider à dépolluer ?

Tous les ans, 520 000 tonnes de déchets sont jetés n'importe où en France, selon l'association Progrès et Environnement. Avec l'épidémie de Covid-19, de nouveaux polluants plastiques, les masques chirurgicaux et gants jetables, s'ajoutent aux canettes, sacs plastique et autres pneus. Aucun lieu n'est épargné. Mais des initiatives citoyennes émergent pour dépolluer notre environnement. Toutes les bonnes volontés sont les bienvenues !

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Un masque jetable jeté à terre
© Istock / VichoT

En ville, un festival de déchets absolument partout

Emballages individuels, mégots, films et sacs plastiques, sacs d’ordures ménagères constituent l’essentiel des détritus abandonnés en milieu urbain, selon l’Ademe. Pour lutter contre ce phénomène, de plus en plus de villes (Roubaix, Quimper, Le Mans...) mettent en place des « festivals zéro déchet ». À Lyon, ce festival (Fl0d.org) a eu lieu les 16 et 17 mai, pour la deuxième année, et a réuni associations, clubs sportifs, entreprises et habitants pour des opérations programmées dans toute la métropole lyonnaise.

Dans les Yvelines, l’association Les Marcheurs Cueilleurs, créée en 2018 et parrainée par Yann Arthus-Bertrand, compte une trentaine de clubs de volontaires dans toute la France. Leur objectif : se retrouver les week-ends pour nettoyer les centres-villes, mais aussi les cours d’eau et les bords de route. À Marseille, une initiative citoyenne, Un déchet par jour, a lancé l’idée que chacun ramasse au moins un déchet par jour et transmette son geste sur les réseaux sociaux en invitant tout un chacun à faire de même.

Covid-19 : les masques, nouveaux déchets toxiques

Contrairement à ce que leur apparence laisse croire, les masques chirurgicaux jetables ne sont pas en papier mais en plastique. Leur profusion (il faut en changer toutes les 3 heures) en font le nouveau polluant de premier plan sur les trottoirs, parkings... Ils sont en outre dangereux car, s'ils sont contaminés, le coronavirus peut y survivre plusieurs jours. 

À la campagne, des décharges sauvages

En milieu rural, il est fréquent de découvrir en se promenant des dépôts de gravats, de pneus, de matériels usagés ou des détritus abandonnés par des entreprises, des particuliers, des exploitants agricoles ou des industriels. La pollution omniprésente de la nature par les plastiques est également une source majeure de contamination des cours d’eau. Selon une étude de la fondation Tara Océan et du CNRS, 100 % des prélèvements d’eau effectués dans neuf fleuves européens contiennent des microplastiques. Produits de la décomposition de plastiques laissés dans la nature, ils sont responsables de l’accumulation de produits toxiques dans la chaîne alimentaire.

Pour sensibiliser à ce problème, diverses associations montent des opérations de collecte, notamment aux abords des fleuves et des rivières, comme la Fondation pour la protection des habitats de la faune sauvage avec ses journées « Fleuves et rivières propres » (Fleuves-rivieres-propres.fr) menées dans toute la France, dès le retour des beaux jours. De son côté, l’association OSE, Organe de sauvetage écologique (Oseonline.fr), organise des opérations de nettoyage des berges de cours d’eau, des milieux aquatiques et des espaces boisés, avec dix chantiers de nettoyage par an en Île-de-France, en Auvergne et en Paca.

Pour aider les nettoyeurs, l’application Clean2gether a été lancée, l’été dernier, sur Android et iOS. Elle permet de signaler la présence de décharges sauvages et de faciliter les opérations de ramassage en réunissant citoyens, associations et collectivités publiques.

À la mer, des plages de plastiques

Les déchets trouvés dans les océans proviennent à 80 % de la terre ferme. Mégots, sacs plastiques, canettes et piles mettent entre deux semaines et plus de 500 ans pour se dégrader au fond de l’eau, et ils se retrouvent bien souvent ingérés par les animaux marins. Selon la fondation Surfrider Europe, ils seraient ainsi 1,5 million à en mourir chaque année. Depuis trente ans, cette ONG lutte contre ce fléau en fédérant les initiatives d’associations locales recensées sur son site internet Initiativesoceanes.org. Sur le littoral méditerranéen, l’association MerTerre coordonne également les actions de ramassage sur les plages de la région de Marseille, ainsi que le grand défi annuel « Calanques propres », organisé cette année le 30 mai. Sur la côte Atlantique, le site participatif Ocean Plastic Tracker recense les détritus en plastique le plus fréquemment trouvés, afin d’identifier leurs sources (containers échoués, etc.). Ce projet, lancé en 2017, a pour but de mieux comprendre la pollution marine et de sensibiliser les différents acteurs.

Masques et gants jetables pullulent en Méditerranée

Au cours d'une plongée au large du Cap d'Antibes, le fondateur de l'association « Opération mer propre » Laurent Lombard a rencontré deux nouveaux polluants plastiques venu grossir les rangs des canettes : les masques chirurgicaux et les gants jetables.

« Sachant que plus de deux milliards de masques jetables ont été commandés, bientôt il risque d'y avoir plus de masques que de méduses dans les eaux de la Méditerranée ! », dénonce-t-il. 

À la montagne, des sportifs et des touristes inconscients

Chaque année en France, près de 130 tonnes de déchets sont jetées en montagne, selon Mountain Riders. 64 % sont d’origine sportive (jalons de piste, câbles) et 36 % d’origine touristique (mégots, canettes, emballages plastiques). 40 % de ces déchets sont recyclables, rappelle l’association qui, depuis 2006, monte des programmes de ramassage, entre mai et septembre, dans chaque massif montagneux français, des Pyrénées au Jura, du Massif central aux Alpes et dans les Vosges. « Nous mobilisons un maximum d’acteurs, comme les stations de ski, les offices de tourisme, les associations locales… pour rendre ces opérations de plus en plus éducatives et ludiques, précise Camille Rey-Gorrez, la présidente de Mountain Riders.

« Notre souhait est d’aller plus loin que la sensibilisation à la question des déchets et d’amener des publics éloignés des préoccupations environnementales à une prise de conscience. »

Animations sur les recyclages, défis sportifs, courses d’orientation, projets avec les établissements scolaires sont ainsi concoctés par cette association avec le souci de proposer différents niveaux d’accessibilité, afin que chacun puisse y participer, y compris les enfants. Même si des précautions élémentaires s’imposent. « Des gants épais sont indispensables. Et si vous découvrez des déchets toxiques, dangereux, lourds ou enterrés, ne les enlevez pas vous-même, conseille la responsable de Mountain Riders. Localisez bien le lieu pour prévenir les autorités locales responsables. Si vous souhaitez vous lancer dans l’organisation d’une collecte, pensez à prévenir la mairie du site qui pourra vous aider pour la logistique. Enfin, communiquez votre opération dans la presse locale, les réseaux sociaux, auprès des autres associations et de la plateforme nationale de bénévolat nature, Jagispourlanature.org. »

520 000 tonnes de déchets sauvages en France en 2018 dont :

• 403 000 tonnes dans les métropoles

• 72 000 tonnes sur les routes

• 41 000 tonnes près ou dans les cours d’eau

• 2 900 tonnes sur le littoral

• 129 tonnes en montagne

Source : Association Progrès et Environnement, 2018.

De 8 à 12 millions de tonnes de déchets plastiques sont déversées chaque année dans les océans

Source : Greenpeace, 2018.

Temps de dégradation des déchets jetés dans la nature

• De 1 à 2 ans : un mégot avec filtre *

• De 10 à 100 ans : une canette en aluminium

• 100 ans : un pneu en caoutchouc

• De 100 à 1 000 ans : une bouteille en plastique

* Un mégot avec un filtre pollue 500 litres d’eau.

Source : Adeic.

 

df
Katia Vilarasau
Publié le

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